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Le Vie russe. Entre Sibérie et aujourd'hui
Chauvin Guillaume ; Casadepax Jean-Yves
ALLIA
19,00 €
Épuisé
EAN :9782844858108
Assiettes, chemins, boxeurs, phoque, filles, képis, calembours, voitures, croix, gosses, soupes, branches, flocons, jambes, soleil, citations, biscuits, chat, chien, goudron, flaques, herbes, dents, points d'exclamation... que l'on voit et que l'on lit, et inversement, car bien que cloisonnés d'un bout à l'autre du livre, les textes et les images du Vie russe ne cessent de se contaminer. Ni livre photo ni journal de bord, mais plutôt enquête contemporaine ne cessant pas de s'arrêter, Le Vie russe est le panoramique en 272 pages d'une année entre Moscou et Vladivostok, rythmée par une longue halte en Sibérie. La présence sur place de l'auteur, initialement prévue pour travailler la langue, tester ses stéréotypes et apprendre à boxer, est finalement devenue l'occasion de rapporter une représentation alternative, car "réaliste", de ce pays hôte... Sans contrainte artistique ou journalistique, l'auteur du Vie russe cumule les approches, proposant un diaporama kaléidoscopique basé sur l'expérience vécue du quotidien, montrant des gens, des zones, des politiques et les rapports obligés entre tous, à l'instar du "point de vue documenté" cher à Jean Vigo et Chris Marker. Le Vie russe n'est ni un outil de compréhension ni un outil de démystification. Son assemblage de photographies et de notes à la première personne, de fragments d'images multipliées par elles-mêmes, ne renforce ni ne démonte les clichés occidentaux encore en cours, mais nous introduit à des étrangers qui n'en n'ont pas vraiment l'air, incitant le lecteur à ne pas réduire les Russes à la Russie, et inversement... Le Vie russe est un livre généreux, lourd et qui sent bon, que l'on a du mal à tenir entre ses mains, puisque mis au format du pays qu'il décrit, tout en caricatures et en surprises compatibles.
Sébastien Chauvin est sociologue à l'université d'Amsterdam et directeur de l'Amsterdam Research Center for Gender and Sexuality. Il est notamment l'auteur, avec L. Bereni, A. Jaunait et A. Revillard, de Introduction aux études sur le genre (De Boeck, 2012, 2e édition). Arnaud Lerch est sociologue et a mené des recherches dans les domaines de la conjugalité, de l'homosexualité et de la santé. Il a notamment coordonné le Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes (sous la dir. de D. Eribon, Larousse, 2003).
Si Tintin avait photographié et décrit ses missions, il ne l'aurait certainement pas fait ainsi. Guillaume Chauvin oui. L'invitation de l'Institut Français pour l'année croisée France-Colombie 2018 fut en effet l'occasion pour lui de documenter en un livre les quotidiens de colombiens volontaires, du lever au coucher, qu'ils soient écolier, gouverneur, vétérinaire, soldat... L'auteur, détaché des contraintes propres au journaliste et à l'artiste y livre en 196 pages son « investigation personnelle » sur une culture dont il ignorait tout sauf les stéréotypes. Ce n'est qu'une fois ouvert que l'ouvrage laisse jaillir une enquête sensible et dense en vérités colorées : feuille après feuille, sur un papier fin permettant à chaque page d'infuser la suivante, l'ouvrage déroule images visuelles et littéraires, les textes se lisant ici avant les photographies, sans pour autant les compléter. Étrangeté et banalité se multiplient, un livre qui s'adresse aux spécialistes de la curiosité.
Résumé : Ecris sur un grand panneau ton adresse mail précédée de : Can you please send me this picture ? Puis va sur des lieux pittoresques et incruste-toi sur les photos de touristes, brandissant ton panneau. Espère que de retour chez lui, en regardant ses photos de vacances, l'un d'eux remarque ton message et te transmette cette image. Jouant avec son appareil photo et se jouant du lecteur, Guillaume Chauvin invite à la déambulation photographique. Que ce soit chez soi ou dans les rues, seul ou accompagné, tout est prétexte au cliché, qu'il soit sérieux, subversif, outil de communication ou arme de dérision.
En juin 2009, Guillaume Chauvin et Rémi Hubert remportent le Grand Prix Paris Match 2009, prix doté d'une bourse de 5000 qui récompense le meilleur reportage signé par des aspirants photographes. Les gagnants bénéficient, qui plus est, d'une publication dans les pages du magazine. Photo-reportage de Gcrh: "Étudiants. Tendance précaire." Où? À Strasbourg. Ville qui avait déjà été le théâtre d'une des premières scènes d'un certain Mai 68. Et où avait déjà paru De la misère en milieu étudiant... "Le poids des mots, le choc des photos", on y est: un jeune homme qui dort dans sa voiture, une jeune fille qui se prostitue, disant: "Pour pouvoir étudier le jour, je me sers de mon cul la nuit." Paris Match publie le reportage. Cependant, coup de théâtre: Gcrh révèle, lors de la remise du prix à la Sorbonne, que ce roman-photo est un roman-photo, un vrai. C'est le reportage qui est faux, totalement. Cette supercherie grandiose n'a néanmoins pas elle-même pour seule fin, comme l'expose le présent ouvrage, elle est sous-tendue par une pensée, une interrogation sur le pouvoir de la représentation qui menace l'expérience réelle et les "rouages d'un discours médiatique qui a pour ingrédients la complaisance et le voyeurisme dans la représentation de la détresse". Partant, c'est la nature même de la photographie qui est interrogée. La dénonciation est violente, ce qui resurgit dans la forme même choisie par les auteurs de ce récit-essai: des slashs scandent le texte, lui-même composés de citations, d'instantanés de discours de... Debord, Alfred Jarry, Alexis de Tocqueville, Alain Bashung, Noam Chomsky, Léo Ferré, J.L. Borges ou encore Zebda. Le texte lui-même est un vaste détournement. Partant, il est en lui-même une fiction. Son existence ne vaut que par tous les autres qui l'ont précédé... Voici une écriture brillante, tissée de vrais et de faux passages à démêler.
La Chine est de plus en plus présente dans le monde, mais elle en est en même temps comme absente. Nous n'entendons pas sa voix. Jean François Billeter
Dès 1933, Edmund Husserl, d'ascendance juive, se voit rayé de la liste officielle des professeurs d'université. Peu après sa mort, le père Van Breda, alors étudiant à Louvain, rencontre sa veuve en 1938 à Fribourg. Devant la masse de documents qu'il découvre, dont maints inédits et une bibliothèque de plus de 2700 volumes souvent annotés de la main du maître, Van Breda pressent que s'y trouvent les clefs pour retracer la genèse de la phénoménologie. Sa décision est prise : il faut créer un centre d'études dédié à cette oeuvre. Les précieuses archives doivent franchir les frontières du Reich. Van Breda entend coûte que coûte les sauver d'une destruction certaine, par les mêmes moyens dont usent les nazis dans leur entreprise de spoliation. Un périlleux périple commence dans la clandestinité.