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Albert Camus, le poids de la colonie
Chaulet Achour Christiane
EFFIGI
20,00 €
Épuisé
EAN :9788855246606
En finit-on jamais avec Camus ? Non, car je suis persuadée qu'une critique non hagiographique de l'écrivain finira par être lue et enregistrée et permettra de donner d'autres contours à son profil, non pour l'éliminer du champ littéraire mais pour lui donner sa place dans le contexte où il a vécu et écrit. Ce contexte est celui de l'Algérie de son époque, dans l'ample mouvement de colonisation / décolonisation, dans le vécu d'une guerre violente et d'une terre célébrée dans certains de ses contours, à partir de ce qu'il a toujours revendiqué être : un Français d'Algérie. Ces années sont les dernières de l'Algérie coloniale et celles de sa remise en cause par la guerre de libération des Algériens. Relire ses oeuvres qui ont pour cadre l'Algérie, l'escorter avec des contemporains qui interpellent le réel d'alors autrement, l'accompagner avec ses épigones et admirateurs, comprendre l'icône qu'il est devenu dans la littérature française, sont les préoccupations constantes de cet essai. Le 16 octobre 1957, le prix Nobel lui est décerné à Stockholm au moment même où la " Bataille d'Alger " connaît son terme, dans la violence et la répression, par l'intervention du général Massu et de ses troupes. On sait que cette année 1957 – dont il est question plus d'une fois dans les pages de ce livre – a bien été " insensée " au sens premier de " contraire au bon sens " mais non " insensée " dans le contexte de la résistance algérienne et de la répression qui entend la démanteler. Comment écrire et témoigner avant, pendant et après une telle intensité historique ?
Cet essai interroge les écritures d'écrivains et d'écrivaines d'Algérie ou simplement habitées par l'Algérie, sous l'angle du genre, en cherchant à déceler du féminin ou du masculin à l'oeuvre et à faire apparaître concrètement dans les textes la combinaison inévitable du sexe et du genre. Ce sont huit figures très représentatives des écritures de ce pays, toutes identités et tous sexes confondus qui nous accompagnent au cours de ce vagabondage littéraire : Isabelle Eberhardt, Albert Camus, Kateb Yacine, Leïla Sebbar, Rachid Mimouni, Rabah Belamri, Malika Mokkedem et Maïssa Bey.
En cette année 2017, le temps des révolutions revenait dans les têtes. Anniversaire de la révolution libérale de Russie et bien sûr de cette première, inattendue et triomphante révolution bolchévique d'octobre. Révolution(s) entre commotions et commémorations est le fruit des échanges des 5e Rencontres d'histoire critique, tenues en 2017, comme depuis huit ans, à Gennevilliers, à l'initiative des Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique et de l'Université populaire des Hauts-de-Seine. Le livre croise les approches d'historiennes, de sociologues, de géographes, de spécialistes de littérature autour de ces temps du social inhérents à notre modernité, celle de la pensée du contrat social et des droits inaliénables des hommes, libres et égaux, qui savent désormais que nul ordre social n'est légitime au-delà de leur consentement. Révolutions toujours inachevées, emportant plus ou moins de transformations réelles, plus ou moins durables, le livre embrasse la diversité de ces événements de la France, matrice féconde, à la Russie devenant URSS, à l'Ukraine, l'Irlande, l'Italie, la Chine et aux Etats-Unis, si profondément hantés par les échos des révolutions. Ce volume fait suite à ceux des précédentes Rencontres d'histoire critique, Guerre et paix et Nation(s), Mondialisation(s) : toute une histoire.
Au-delà des réjouissances privées qui rythment nos vies, la fête investit massivement l'espace public. Cérémonies ritualisées, processions, défilés, commémorations, festivals... d'essence religieuse ou politique, les festivités, récurrentes ou non, scandent la vie civile, occupent l'espace et règlent le temps, profane comme sacré, à travers des éphémérides qui prennent sens à l'aune de ces célébrations. Miroir sensible d'une société, le calendrier rend compte de la représentation qu'elle a d'elle-même, qui en est aussi l'ordonnateur des valeurs civiques et comme le baromètre, dans la balance qu'il tient entre les registres spirituel et temporel comme dans les recompositions qu'il marque entre promotions et déménagements. L'histoire des fêtes livre une histoire sociale, à la fois culturelle et politique, que l'on suit ici en longue diachronie de la Grèce antique aux jeunes Etats-Unis, de la France à l'Espagne ou l'Italie. Entre fêtes pastorales, année liturgique, fêtes populaires, triomphes, entrées royales, fêtes civiques et nationales... c'est un très large éventail de festivités qui est ici parcouru pour offrir au lecteur la compréhension la plus fine de ce champ privilégié d'intervention du pouvoir.
L'essentiel est invisible pour les yeux ", disait Saint-Exupéry. C'est un peu le postulat de départ de ce livre qui applique la formule au champ du patrimoine culturel dans ses modalités, sinon toutes immatérielles, du moins sous-jacentes. Enfouies dans le sein de la terre ou reposant au fond des mers, essaimant sur les ailes des mots, ricochant dans les arts, dans les traditions populaires, éclatant dans les fêtes, bruissant dans les marges d'un texte, gîtant dans les recoins de la mémoire, perçant dans les représentations..., c'est à ces manifestations, plus ou moins évanides mais d'une rémanence opiniâtre et que l'UNESCO a reconnues comme vecteurs d'un " sentiment d'identité et de continuité " liant populations, héritage et territoires que s'intéresse cet ouvrage. Seize spécialistes venus d'horizons disciplinaires diversifiés lui ont apporté leur expertise et ont contribué à la réflexion, assumant dans toute sa rigueur le rôle patient du chercheur à la fois engagé dans l'interprétation scientifique des structures et dans leur appropriation par les acteurs de terrain et concourant ainsi doublement à revitaliser ce substrat identitaire que constitue, tant pour les individus que pour les sociétés, un patrimoine culturel aussi vivace que fragile, résistant à l'épreuve des siècles.
Comment dire le sacré ? Comment nommer et transmettre ce qui nous dépasse et dont on ignore la vraie nature ? Le sacré s'inscrit dans cet écart que l'humain, de tout temps et en tout lieu, investit de sentiments et d'émotions opposés. Le sacré induit en effet autant la crainte que l'attrait, autant l'effroi que l'adhésion. Il stimule autant l'aspiration à la plus grande des libertés que la soumission à la pire des sujétions. Il éclaire la dimension la plus intime de l'être, comme il fédère avec la plus grande force les plus solides groupes humains. Cette " dialectique du sacré " – dont Caillois développe les puissantes contradictions – crée l'ambivalente posture dont mythes, religions, philosophies tentent de surmonter l'aporie. Comment concilier rationnellement, émotionnellement, formellement la conscience de ces contradictions ? L'originalité de ce volume est de rassembler des contributions d'horizons divers, relevant de la philosophie, des études littéraires et de l'histoire de l'art (musique, peinture, architecture), qui toutes questionnent les modes de représentation de la notion de sacré. Des Pères de l'Eglise aux musiques d'Orient ou d'Occident, du Caravage aux formes plastiques les plus contemporaines réincarnant la sacralité d'oeuvres patrimoniales emblématiques, de l'architecture de la ville aux figures de spiritualité dans la poésie moderne, chaque domaine entre ainsi en dialogue avec l'autre et prouve, s'il le fallait encore, l'universalité et l'intemporalité de la quête ainsi syntonisée par Paul Klee " L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible ".