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Ethique et esthétique de la perversion
Chasseguet-Smirgel Janine
CHAMP VALLON
15,00 €
Épuisé
EAN :9782876734463
La théorie de la perversion, qui est proposée ici, reste fidèle à la pensée de Freud, tout en échappant aux schémas psychanalytiques classiques. Elle est en même temps réflexion sur la condition humaine. Au travers des déviations - pittoresques ou banales - de la conduite sexuelle s'exprime une dimension essentielle, une tentation permanente de l'esprit : le désir de s'évader des limites que le réel impose, et de faire advenir «l'impossible» (que ce soit sous la forme de l'orgie, de l'inceste, de la confusion des sexes ou des générations). Il s'agit de détrôner Dieu le Père, d'opérer une transmutation du monde. Gouvernée par l'hybris, la démesure, l'entreprise perverse implique une réécriture de la Bible, au moyen d'une démarche régrédiente. Sade, Wilde, Bellmer viennent, entre autres, illustrer le propos de l'auteur qui avance une hypothèse sur la nature des liens que la perversion entretient avec l'esthétique.
Béla Grunberger, psychanalyste français d'origine hongroise, est né en 1903. Il a traversé le siècle, pleinement engagé dans ses tumultes. Il a sans doute été le premier après la guerre à revisiter le narcissisme. Son œuvre se donne à lire dans deux importants volumes, Le Narcissisme (Payot) et Narcisse et Anubis (Des femmes). Béla Grunberger est parti du rôle moteur du narcissisme dans la situation analytique. Il s'est, en effet, attaché à montrer la face lumineuse de Narcisse, à l'origine des accomplissements les plus élevés de l'homme, mais aussi sa face sombre, soufflant le vent de la haine et de la destruction. A partir du narcissisme, il a proposé deux modèles de fonctionnement psychique représentés l'un par le Christianisme, l'autre par le Judaïsme. Son livre écrit avec Pierre Dessuant Narcissisme, Christianisme, Antisémitisme (Actes Sud) fait date. Réunis à l'initiative du poète Alain Suied, quatre psychanalystes français, J. Chasseguet-Smirgel, P Dessuant, A. Ksensée et P. Lévine-Nordmann, et la psychanalyste américaine M. Oliner parlent ici, avec lui, de Béla Grunberger.
Résumé : Qu'est-ce qui caractérise la situation analytique ? Comment rompre le monde clos du transfert ? Quels sont les critères de terminaison d'une cure ? Dans l'évolution de la technique thérapeutique de Freud, le moment inaugural de la psychanalyse correspond à l'abandon de la méthode cathartique de Joseph Beuer et à l'introduction de la méthode des associations libres. Freud formula alors la fameuse " règle fondamentale " : le patient doit se détendre pour laisser parvenir à sa conscience des contenus de plus en plus précis de son activité psychique inconsciente, les communiquer, par leur verbalisation la plus libre possible, à l'analyste dont l'attitude elle-même se trouve limitée à une écoute essentiellement marquée par la non moins fameuse " neutralité bienveillante ". Le transfert des représentations du patient sur la personne du thérapeute constitue pour celui-ci l'outil le plus précieux dans son travail d'interprétation, mais apporte également des éléments de résistance à la cure. Un jeu d'interactions affectives peut provoquer chez l'analyste l'établissement d'un contre-transfert... Depuis Freud, la pratique des cures psychanalytiques s'est enrichie des travaux théoriques, cliniques et techniques de nombreux analystes dont on trouvera des extraits dans ce volume, mais les conditions manifestes de la cure n'ont que peu varié du moins si l'on considère la psychanalyse authentique.
- Quels sont les mécanismes psychiques spécifiques de la perversion? - L'homosexualité est-elle ou non une perversion? - Quelles relations existe-t-il entre délinquance, toxicomanie et perversions? La perversion nous fascine autant qu'elle nous effraye: la séduction qu'elle exerce sur nous est à la mesure même de la condamnation que nous sommes toujours prêts à porter. S'il arrive que l'on brûle encore des sorcières aujourd'hui, la psychanalyse permet de porter sur les déviations sexuelles un autre regard, dégagé de tout jugement moral. Pour Freud, il existe une relation étroite entre la perversion et la sexualité infantile, l'enfant possédant ce qu'il appelle une "disposition perverse polymorphe". L'origine propre de la sexualité, de toute sexualité, est par nature perverse, en tant qu'elle se constitue comme déviation, comme perversion de l'ordre biologique. C'est bien là la thèse la plus révolutionnaire soutenue par Freud et ses disciples.
Le divorce du corps et de l'esprit est-il caractéristique de la pensée d'aujourd'hui? Une révolte contre l'ordre biologique semble infiltrer sourdement la conception que nous avons du monde. Les auteurs d'attentats suicides semblent rejoindre la fascination pour la destruction d'écrivains comme Mishima, Pasolini ou Foucault. Se libérer du corps pour rétablir une union mystique? entre l'âme et le cosmos, affirmer la toute-puissance de l'esprit serait le dénominateur commun de conduites que la pensée actuelle semble admettre tout uniment. La misogynie nouvelle, qui, au nom du féminisme, répudie la maternité, participe-t-elle en quelque point de ces mouvements?Ce livre, né du regard d'un psychanalyste femme et non-médecin (diplômée, entre autres, de l'Institut d'études politiques de Paris) sur notre société, constitue une analyse sans concession ni compromis de mécanismes, aussi étranges que violents, qui surgissent dans le monde contemporain.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.