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Chroniques d'une langue française en résilience
Cerquiglini Bernard
LAROUSSE
18,05 €
Épuisé
EAN :9782036000100
Tel est le constat éclairant du linguiste Bernard Cerquiglini qui, durant toute la période de la pandémie, a pris le pouls de la langue française, évalué la façon vigoureuse dont celle-ci a combattu la crise sanitaire par le génie de l'inventivité verbale. Que ressort-il de cette auscultation prolongée par les confinements successifs ? Que notre languie, en s'adaptant à l'angoissante nouvelle réalité et en la nommant avec clarté, a montré sa bonne santé. Que le français — comme l'attestent les extraits du Petit Larousse illustré donnés dans cet ouvrage — était déjà équipé d'un vocabulaire éprouvé dans les domaines de la médecine, de la biologie, de la biochimie ou de la génétique et qu'il s'est enrichi de nombreux néologismes lors de cette épidémie. Que la population française a su s'approprier ou réactiver efficacement ce lexique pour affronter la situation. Car c'est aussi grâce aux mots, ces mots qui aident à comprendre et qui sont venus renforcer la mobilisation générale, que nous avons pu faire face à la pandémie.
Résumé : L'identification de la langue à la nation est particulièrement nette en France. La plupart des pays du monde sont pourtant plurilingues, et la France, de fait, n'est pas une exception. Si le français " langue de la République " est le bien de tous, parlé par tous, il n'en demeure pas moins que la France est un des pays d'Europe qui offrent la plus grande diversité linguistique. La présenter comme monolingue et culturellement homogène serait méconnaître sa réalité historique, ethnologique, sociale. Quelles sont ces langues de France dont l'existence et la spécificité sont reconnues par les spécialistes, mais dont le destin a été compromis par les contingences historiques, l'ignorance, voire les préjugés ? Peu décrite, la diversité linguistique a longtemps été passée sous silence. Le patrimoine immatériel que constituent les langues de France doit être connu de nos concitoyens ; c'est un élément du patrimoine de l'humanité. Cet ouvrage entend satisfaire à l'exigence du savant comme à la curiosité de l'honnête homme. Il contribue au mouvement qui voit les langues régionales ou minoritaires s'instituer en nouvel objet de réflexion dans la société française. On y trouvera une présentation détaillée de ces langues de France qui accompagnent le français de la Nation : description, regard sur leur histoire, situation géographique et politique, usages sociaux, productions littéraires...
Résumé : Depuis le début du XIXe siècle, on a pris l'habitude, pour des raisons de rapidité ou de complicité, d'abréger les mots du français. Ce procédé, nommé "troncation", caractérise la langue courante contemporaine : les termes cinéma, kilo, météo, métro, photo, radio, taxi ou encore vélo en résultent ! Aujourd'hui, le phénomène se généralise et privilégie désormais une formation où est conservée, à la fin du mot tronqué, la consonne qui suit la coupe syllabique traditionnellement admise. Ainsi, un appartement devient un appart, une colocataire une coloc ; le maxi le cède au max et la communication à la com ; le collaborateur, jadis raccourci en collabo, retrouve une seconde jeunesse avec le collab'. Cette manière de s'exprimer se retrouve dans l'enseignement (dissert', exam, prof, sciences nat, etc.) comme dans la police (flag, gardave, indic, perquise, etc.). Elle gouverne un parler juvénile : à toute. Dans les cités, on tronque le verlan : flic, prononcé [flikeu], donne keufli, réduit à keuf. Avec science et humour, Bernard Cerquiglini consacre à ce français nouveau un ouvrage riche en exemples et en jeux.
C'est en 1740 seulement, quand elle publia la troisième édition de son dictionnaire, que l'Académie française introduisit l'accent circonflexe dans l'orthographe du français. Après deux siècles de polémiques, durant lesquels cet accent fut avec constance le champion de l'innovation, du progrès, de la modernité. Et tandis qu'il était, avec une opiniâtreté non moins égale, rejeté et moqué par les tenants de l'orthographe traditionnelle. L'amour de l'accent circonflexe, conservatisme bénin, tendre attachement au modeste " chapeau " des voyelles, possède donc une histoire. Et cette histoire est paradoxale : elle raconte l'émergence difficile du signe qui figure éminemment aujourd'hui la graphie du français, le respect qu'on lui doit, l'affection qu'on lui porte. Cette histoire dévoile ce qui fonde nos pratiques d'écriture. Au centre de la question orthographique depuis le XVIe siècle, et au coeur des querelles et débats, où il va occuper les positions moderniste et conservatrice ; au carrefour de l'oral et de l'écrit, de l'usage et de la raison, de la mémoire et de l'oubli, l'accent circonflexe révèle l'ambiguïté de l'orthographe française. Il en illustre la passion. Cet ouvrage est paru en 1995.
Dans quelles conditions la linguistique contemporaine peut-elle approcher la syntaxe de l'ancien français ? Ici nous ne disposons pas d'intuitions, mais de textes. Ce qui entraîne la thèse suivante : la recherche, traversée par les théories actuelles, en particulier énonciatives, seules capables d'instituer en problème la disparate des données, doit adopter une pratique conforme à son objet : la langue d'oeuvres manuscrites non fixées. L'analyse joint à l'hypothèse linguistique l'apport des savoirs philologique et littéraire ; elle reconstitue l'unité du médiévisme. Etudier la représentation de la parole éclaire et justifie cette procédure totalisante. Le discours dans cette littérature naissante unit la syntaxe et le style ; l'énoncé confronte le code de la langue à celui de la communication esthétique. Ainsi, une forme d'écriture nouvelle, la prose, se crée au XIIIe siècle, dans un rapport suspicieux à la parole ; ainsi, un élément énonciatif complexe, l'adverbe mar, figure la profération médiévale du malheur. Phénomènes d'écriture et d'énonciation, signes et signaux participent à une édification. Cette parole monumentale fait résonner en littérature ce qui est le lien et la mémoire de la société médiévale : la voix humaine. Toute parole engage, donne sens. Représentée, elle gagne une rigueur qui place la rhétorique du discours entre le théâtre et le droit. Cet ouvrage est paru en 1981.
Comment va le monde ? Puisque la foi ou la métaphysique échouent à y répondre, Voltaire choisit le conte pour exprimer ses interrogations devant la vie. N'attendons pas de ses héros, même philosophes, des réponses fermes et assurées ! Mais suivons Micromégas, Babouc et Jeannot dans le dédale des paradoxes d'un univers aux limites incertaines, découvrons avec eux la variété de la nature humaine et décidons, ensuite, de notre propre chemin.
Pour épingler certains défauts de la préciosité, Molière choisit d'écrire une grande comédie en vers où les femmes savantes - Philaminte, sa fille Armande et la tante Bélise - semblent dominer et imposer leurs valeurs raffinées à tous leurs visiteurs et admirateurs. Mais c'est un univers d'apparences et de mondanités dans lequel l'esprit et le beau langage l'emportent sur le corps et le bon sens. Les sentiments authentiques finiront-ils par triompher ?
Figure universelle du panache français, Cyrano est un héros complexe. Orateur redoutable mais aussi poète, coriace avec ses ennemis mais fraternel avec ses amis, épris de beauté mais affligé d'un nez monumental, cet as de l'épée est amoureux de sa cousine Roxane, qui. hélas. aime ailleurs : le beau Christian a conquis son c?ur. Tel est le trio que met en scène cette comédie héroïque en forme de drame romantique. La farce y côtoie la tragédie et le destin fatal des personnages s'accomplit sur fond d'imposture.
Résumé : Arnolphe a élevé sa pupille Agnès dans l'isolement intellectuel et humain le plus total, afin de faire d'elle la plus soumise et la plus fidèle des épouses. Mais l'innocence équivaut-elle à l'ignorance ? A l'époque des mariages d'intérêt et des unions arrangées, Molière met en scène l'amour comme une force de libération et d'accomplissement de soi. Dans une pièce où se mêlent comique et poésie, il propose ainsi une réflexion originale sur l'émancipation de la femme et sur la puissance du sentiment.