Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La Parole médiévale. Discours, syntaxe, texte
Cerquiglini Bernard
MINUIT
12,50 €
Épuisé
EAN :9782707305923
Dans quelles conditions la linguistique contemporaine peut-elle approcher la syntaxe de l'ancien français ? Ici nous ne disposons pas d'intuitions, mais de textes. Ce qui entraîne la thèse suivante : la recherche, traversée par les théories actuelles, en particulier énonciatives, seules capables d'instituer en problème la disparate des données, doit adopter une pratique conforme à son objet : la langue d'oeuvres manuscrites non fixées. L'analyse joint à l'hypothèse linguistique l'apport des savoirs philologique et littéraire ; elle reconstitue l'unité du médiévisme. Etudier la représentation de la parole éclaire et justifie cette procédure totalisante. Le discours dans cette littérature naissante unit la syntaxe et le style ; l'énoncé confronte le code de la langue à celui de la communication esthétique. Ainsi, une forme d'écriture nouvelle, la prose, se crée au XIIIe siècle, dans un rapport suspicieux à la parole ; ainsi, un élément énonciatif complexe, l'adverbe mar, figure la profération médiévale du malheur. Phénomènes d'écriture et d'énonciation, signes et signaux participent à une édification. Cette parole monumentale fait résonner en littérature ce qui est le lien et la mémoire de la société médiévale : la voix humaine. Toute parole engage, donne sens. Représentée, elle gagne une rigueur qui place la rhétorique du discours entre le théâtre et le droit. Cet ouvrage est paru en 1981.
300 fiches et 10 dossiers thématiques où Bernard Cerquiglini nous conte la langue française, son histoire et sa petite histoire. Sur le mode de la confidence et du clin d'oeil complice, il nous fait part de ses bizarreries, de ses particularités, etc. A l'instar, de Raymond Queneau, il sait bien "que le français est la langue qu'un français parle à un autre français, mais pas celle qu'un grammairien parle à un grammairien". . Il n'est donc point question d'être ici docte et pontifiant, mais de satisfaire la curiosité de lecteurs prêts à partir à la découverte des trésors de culture qui se logent dans les anfractuosités verbales de notre langue.
La naissance du français est un acte politique: en 842, Les Serments de Strasbourg sont écrits dans deux langues vivantes dont l'une, romane, marque les débuts officiels du français. Ce « protofrançais », ayant ainsi accédé à l'écriture, reçoit alors une forme commune et acquiert un statut politique. Cet ouvrage retrace l'histoire des origines de notre langue et de sa mise en écrit au Moyen Âge.
Résumé : Depuis le début du XIXe siècle, on a pris l'habitude, pour des raisons de rapidité ou de complicité, d'abréger les mots du français. Ce procédé, nommé "troncation", caractérise la langue courante contemporaine : les termes cinéma, kilo, météo, métro, photo, radio, taxi ou encore vélo en résultent ! Aujourd'hui, le phénomène se généralise et privilégie désormais une formation où est conservée, à la fin du mot tronqué, la consonne qui suit la coupe syllabique traditionnellement admise. Ainsi, un appartement devient un appart, une colocataire une coloc ; le maxi le cède au max et la communication à la com ; le collaborateur, jadis raccourci en collabo, retrouve une seconde jeunesse avec le collab'. Cette manière de s'exprimer se retrouve dans l'enseignement (dissert', exam, prof, sciences nat, etc.) comme dans la police (flag, gardave, indic, perquise, etc.). Elle gouverne un parler juvénile : à toute. Dans les cités, on tronque le verlan : flic, prononcé [flikeu], donne keufli, réduit à keuf. Avec science et humour, Bernard Cerquiglini consacre à ce français nouveau un ouvrage riche en exemples et en jeux.
Résumé : QUI VEUT LA PEAU DU CIRCONFLEXE ? Des défenseurs du "nénuphar" aux détracteurs du "règlement", la polémique manifeste l'attachement profond des Français à leur langue. Rien d'arbitraire, pourtant, dans cette réforme. Du XVIIe siècle, qui vit l'Académie française choisir une norme orthographique, au XXIe siècle, la langue et son orthographe n'ont en effet cessé d'évoluer, le plus souvent sous la pression des usagers plutôt que de l'Etat. C'est ce que rappelle le linguiste Bernard Cerquiglini, qui dirigea la Délégation générale à la langue française, dans une fascinante exploration de cette passion française : évoluer est bien le propre d'une langue vivante. Découvrez le guide complet expliquant la rectification, ses origines, sa raison d'être et, surtout, l'ensemble des règles qui changent ainsi que la liste des mots dont l'orthographe évolue : l'ouvrage indispensable pour tout comprendre. Avec la contribution des correcteurs du Monde.
Je suis dans la chambre de ma mère". Ainsi commençait la première page d'un roman publié à Paris en janvier 1951. L'auteur était un Irlandais inconnu qui écrivait en français. La presse saluait aussitôt l'apparition d'un grand écrivain : "Si l'on peut parler d'événement en littérature, voilà sans conteste un livre événement" L'avenir allait confirmer ce jugement. Dès l'année suivante paraissait, du même auteur. En attendant Godot, une pièce qui allait faire le tour du monde et même éclipser quelquefois ce premier roman. Et pourtant, Molloy reste un livre majeur dans l'oeuvre de Samuel Beckett. Jean-Jacques Mayoux, trente et un ans plus tard, nous en offre une lecture encore enrichie par le temps.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.
L'espace lisse, ou Nomos : sa différence avec l'espace strié. - Ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme. - Ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités, - Ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - Les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, Cosmos. - Les signes correspondants, le langage et la musique (les ritournelles). - Agencement des espaces-temps : machine de guerre et appareil d'Etat. Chaque thème est censé constituer un "plateau", c'est-à-dire une région continue d'intensités. Le raccordement des régions se fait à la fois de proche en proche et à distance, suivant des lignes de rhizome, qui concernent les éléments de l'art, de la science et de la politique.