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Mécanique céleste. Agnès Dubart, sillonner le monde
Caudron Virginie
INVENIT
20,00 €
Épuisé
EAN :9782376800040
Agnès Dubart a choisi pour médium essentiel la gravure, un art du multiple dont la nature généreuse convient particulièrement à cette artiste ouverte sur le monde. En explorant les deux registres que sont la gravure à l'eau-forte et la gravure sur bois, elle développe deux univers particuliers ; dans le premier, aérien, sa pointe légère accroche des éléments fugaces par une écriture vive ; dans le second, tellurique et plus physique, elle dit tout son attachement à la matière. Là se situe l'artiste, qui déclare trouver son propre équilibre entre l'air et la terre à travers un art dont elle veut faire son lien au monde. "La presse c'est mon ancre sur terre, un moyen de fixer le volatile". Les personnages qu'Agnès Dubart fait vivre sont portés par l'onde ; ils volent, s'enracinent, irradient. Dans son oeuvre, elle dit la recherche de soi, mettant en image un monde à la fois intérieur et heureusement trivial, par l'expression du corps.
Montaigne ou le bonheur de penser librement, pour soi-même, sans tricher. Ses Essais sont un régal pour l'esprit. Une invitation à philosopher sans la moindre arrogance, pour gagner en lucidité et peut-être aussi vivre mieux, de manière à la fois plus éveillée et plus sereine. Cette oeuvre majeure, toujours enrichissante, parfois bouleversante, de toute façon inoubliable, palpe en tous sens les différentes facettes de notre condition. Seule une lecture superficielle pourrait nous persuader que Montaigne se réfugie dans l'idée que rien n'est certain. En réalité, presque à chaque page, une analyse extrêmement fine des sortilèges du langage, des mirages de l'imagination, de toutes les formes de dérèglement de notre esprit, ouvre le chemin à des vérités bien établies et à des valeurs acceptables, au moins en droit, par tous.
Et si le système bancaire était un service public ? Et si le chômage n'existait plus ? Et si les entreprises étaient des démocraties ? Et si les richesses n'allaient qu'à ceux qui travaillent ? Et si l'objectif premier de notre société était la croissance du temps libre et non celle de la production ? Et si une partie de nos représentants était tirée au sort ? Et s'il n'y avait plus que des médias indépendants ? Cet ouvrage est une plongée fascinante dans un système politique alternatif imaginé par l'auteur, un système fondé sur des valeurs et des institutions radicalement différentes de celles que nous connaissons aujourd'hui. S'appuyant sur un constat complet décrivant le système en place, il expose la trajectoire détaillée permettant de mener graduellement à cet autre modèle de société. Il propose ainsi une feuille de route ambitieuse et crédible permettant, littéralement, de refaire le monde.
Dagpo Rimpotché est né au Tibet en 1932 dans une famille noble, apparentée au treizième dalaï-lama. Il nous conte ici ce qu'a été son parcours, depuis le Tibet de son enfance jusqu'au Paris des années 90. Avant même de savoir lire et écrire, Dagpo Rimpotché est reconnu Tulku, corps manifesté: il est la réincarnation de l'un des grands maîtres de l'époque contemporaine. Dès sa prime enfance, Dagpo Rimpotché est choyé, vénéré, écouté. Jusqu'à vingt-sept ans, il vit dans les monastères, où il reçoit un enseignement secret, et qu'on découvre ici pour la première fois: mémorisation des grands textes du bouddhisme, au mot près; stricte discipline de vie; nuits de trois à quatre heures; joutes rhétoriques de haut niveau; intenses pratiques spirituelles. Mais à vingt-huit ans, Dagpo Rimpotché fuit la répression chinoise et devient professeur de tibétain à la Sorbonne et à l'Inalco, où il enseigne jusqu'à sa retraite, en 1992. Parallèlement, Dagpo Rimpotché fonde, à la demande du Dalaï-Lama, un important centre bouddhique, non loin de Paris, le centre Guépèle, qui rayonne aujourd'hui dans toute l'Europe. Cet homme tranquille, admiré pour son savoir, est donc un homme de notre temps. Il nous donne ici une leçon de vie.
Très en vogue aujourd'hui, les marchands de sérénité se plaisent à nous bercer comme des nourrices. Ils nous veulent calmes et confiants, contents de peu, sans la plus petite contrariété, sans la moindre rébellion, à la fois satisfaits et soumis. Refuser de se laisser duper par ces nouveaux enchanteurs n'est pas bien difficile. Il faut surtout se demander, en se tournant vers les différentes écoles de sagesse, si leur idéal n'est pas un leurre, lui aussi. Car vivre humainement en ignorant l'appréhension et l'attrait de l'avenir, sans le moindre sentiment d'insuffisance et d'inachevé, n'est ni possible ni souhaitable. Nous connaissons des peurs salutaires et excitantes, des révoltes légitimes, des espérances qui donnent au présent sa dynamique et son épaisseur, au lieu de le réduire à une pure immédiateté dont il conviendrait de seulement jouir. En elles loge notre humanité, incertaine, insatisfaite, mais combative. Ni Socrate, ni Voltaire, ni Camus n'avaient pour ambition de nous endormir. Ils craignaient les pensées trop bien domestiquées. Ils ne voulaient pas étouffer nos interrogations et nos révoltes, en les sacrifiant à notre besoin supposé de confort et de tranquillité. Ils ont préféré réveiller en nous le doute, l'indignation, le goût de la liberté qui commence par dire non.
Allemand Evelyne-Dorothée ; Viéville Dominique ; G
Ce livre et l'exposition qu'il accompagne présentent un dialogue entre Auguste Rodin, Constantin Brancusi et Carl Andre, trois artistes qui ont bouleversé l'histoire de la sculpture. Réaliser cette exposition, c'est interroger la question du socle et la relation de la sculpture à l'espace. Aujourd'hui, c'est surtout, dans une vision beaucoup plus large, révéler l'interaction entre des procédés de création - assemblage, dessin, photographie... Jusqu'à l'époque moderne, le socle était purement fonctionnel, même si son style s'adaptait à la sculpture qu'il sacralisait. Les fondements de cette tradition du socle sont ébranlés pour la première fois avec Les Bourgeois de Calais d'Auguste Rodin (Paris,1840 - Meudon,1917), avant d'être mis en question par Constantin Brancusi. C'est La Colonne sans fin de Brancusi (Hobita, Roumanie, 1876 - Paris, 1957) qui a particulièrement retenu l'attention de Carl Andre (Quincy, Massachusetts, Etats-Unis, 1935), sculpture que Brancusi a produite dans de nombreuses versions pendant toute sa vie. Carl Andre propose une expérience de l'oeuvre, une expérience sensible et physique, de ses éléments, de son matériau, de son espace, du déplacement du visiteur pour éprouver le lieu : "la sculpture comme lieu". La sculpture change de statut. C'est aussi mettre en perspective Rodin, Brancusi et Carl Andre au regard d'artistes du XXe siècle et de l'art contemporain pour lesquels la question du socle et sa remise en cause ont une profonde résonance : Stephan Balkenhol, Vincent Barré, Alberto Giacometti, Henri Matisse, Côme Mosta-heirt, Tamara Van San, Peter Soriano, Elmar Trenkwalder.
Assez logiquement au XIXe siècle, qui dit usines et cheminées dit églises et orgues. A Roubaix, ville dont l'urbanisation galopante a accompagné le développement du textile, le fait est bien connu. Mais qui sait que Roubaix est aussi une ville d'orgues ? Pourtant, les quatorze instruments situés dans des édifices ouverts au public sont l'une des multiples facettes de l'identité patrimoniale de la cité aux mille cheminées? La Ville de Roubaix mène une politique forte à l'égard de ce patrimoine d'exception ; elle entretient, relève ou restaure les instruments joués de la commune. Ce livre, aux textes signés par de grands spécialistes du domaine et aux photographies de Siméon Levaillant, en témoigne. Il a pour ambition de révéler au grand public et aux amateurs l'existence d'instruments souvent remarquables et classés ; ils ont été conçus pour servir diverses esthétiques musicales et sont encore aujourd'hui joués pendant des concerts ou pour des offices. L'orgue est une passion vivante et partagée à Roubaix, et cette publication devrait en fournir au lecteur la preuve éclatante.
La mer entre dans le tableau par effraction. Sans fracas mais par effraction. Un morceau de mer. C'est un morceau de mer, mais un morceau de mer est toute la mer." Avec cette ekphrasis, Claude Minière nous invite à nous plonger dans l'oeuvre de Courbet. Dans un subtil parallélisme avec le travail du peintre, l'auteur dépose ses pensées par touches successives ; déroulant sa réflexion d'essayiste dans une langue de poète. Il pose ainsi un regard neuf et intime sur cette peinture, sur ce que la mer signifie pour le peintre. L'auteur voit la vaste étendue d'eau, animale, indomptée, source de "liberté intellectuelle" pour le peintre, comme porteuse à la fois de mystère et d'un réalisme rassurant, pour "sortir de l'enfer". En s'interrogeant sur la précarité du moment (la mer qui s'est retirée pour mieux engloutir), Claude Minière réfléchit sur la temporalité de l'art et ce qu'il en reste lorsque le support matériel est détruit. Une réflexion qui trouve écho dans notre société, à l'heure où l'on peut craindre la dématérialisation du savoir et surtout de l'art.
Dans une ville désolée et fantomatique, ceinte par un vaste marécage et bordée par une mer à l'accès interdit, L'Eternel Présent fait le récit des aventures du jeune Têtu et de ses deux amis, Rouquin et Goupil, aux prises avec une société autocratique, secrète et psychotique. Guidés par leur perspicacité, les trois jeunes gens finiront par découvrir l'ineptie d'un pouvoir qui refuse de regarder son passé comme son avenir, en niant le temps qui passe. Entre l'expressionnisme de Léon Spilliaert et le réalisme magique de Paul Delvaux, deux des grandes influences de Raoul Servais, ce récit illustré de sa main rétablit la première version du scénario écrit pour le film Taxandria (1979). Avec ce conte dans la grande tradition des dystopies, le réalisateur de dessins animés à la renommée mondiale développe quelques-unes de ses obsessions personnelles et propose une réflexion profonde sur la liberté individuelle, la connaissance et l'autorité.