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Revue d'économie financière N° 73 : Bale II : Genèse et enjeux
Cassou Pierre-Henri
AEF
24,40 €
Épuisé
EAN :9782911144769
Lorsque le conseil scientifique de la Revue d'économie financière a choisi de consacrer tout un numéro à "Bâle II", il prévoyait que sa parution coïncide avec l'adoption du nouveau dispositif prudentiel bancaire. Las, après la publication de son troisième document consultatif en avril 2003, le Comité de Bâle a reçu un grand nombre de propositions de modifications. Il a donc décidé de reporter la conclusion du nouvel Accord à la fin du premier semestre 2004. Dès lors, les contributions contenues dans le présent numéro portent sur une version révisée, mais non définitive, du futur Accord. Certaines d'entre elles adoptent une position critique, qui s'avèrera éventuellement caduque au regard de la version ultime du nouveau dispositif. Ceci soulignerait la pertinence des analyses présentées ici, ce dont la Revue d'économie financière et ses lecteurs ne pourraient que se féliciter. Chacun peut aujourd'hui constater combien le premier Accord de Bâle, conclu en 1987 et entré en vigueur en 1993, a exercé une influence déterminante sur le comportement des banques durant les quinze dernières années. Le ratio Cooke n'a pas, en effet, seulement contribué à une meilleure adéquation des fonds propres de chaque établissement à la nature et au volume de ses risques et, plus globalement, à une plus grande stabilité des systèmes bancaires. Il a également permis de rapprocher de manière significative les conditions de fonctionnement des systèmes bancaires et a fait évoluer les conditions de financement de toutes les catégories d'agents économiques à travers le monde. Nul doute que Bâle II aura également des effets très sensibles sur les systèmes bancaires comme sur les modes de financement durant les dix à quinze prochaines années. La Revue d'économie financière se devait donc d'apporter à ses lecteurs des éléments d'appréciation sur une réforme d'une telle importance. Ce numéro se propose ainsi d'apporter un éclairage sur les principaux aspects du nouveau dispositif prudentiel et sur ses conséquences probables. Vingt trois contributions ont été réunies pour ce numéro, provenant des horizons les plus divers, professionnels de la banque, universitaires, représentants des autorités de réglementation et de surveillance, observateurs extérieurs...
Résumé : Un savant disparu réapparaît dans un kibboutz pour être aussitôt assassiné. Qui était-il et qui l'a tué ? C'est le thème d'une courte fiction découverte dans les archives de Norbert Wiener (et publiée ici). A partir de cette fiction, Pierre Cassou-Noguès tente de reconstituer le parcours et les dilemmes de ce savant singulier. Voyageur infatigable, penseur versatile, mathématicien autant que romancier, Norbert Wiener invente à la fin de la Seconde Guerre mondiale, sous le terme de cybernétique, une nouvelle façon de conjuguer l'humain et la machine. Tantôt séduit par ses propres créatures, comme Pygmalion, tantôt effrayé par elles, comme le Dr Frankenstein, le savant hésite et se cache derrière d'innombrables écrans. L'enquête nous mène du cabinet de Freud jusque dans le cerveau des usines automatiques et certains cauchemars d'E A Poe. On y rencontre des détectives, des robots, des savants fous et d'autres qui ne le sont pas du tout, des sorciers, des machines qui travaillent, d'autres qui dansent et jouent, un corbeau, des cyborgs, des posthumains. La question, finalement, est de savoir si l'humain survit dans cet avenir incertain qui est maintenant le nôtre. Ou bien l'humain a-t-il été éliminé ? Et si c'est le cas, est-ce mal ? Et par qui a-t-il éliminé ? Les savants, leurs machines ou une idéologie du travail qui sous-tend le capitalisme aussi bien qu'un certain marxisme ?
Résumé : David Hilbert (1862-1943) est l'un de ces géants dont la figure domine l'histoire des mathématiques et marque le seuil d'une époque nouvelle. Il parcourt et transforme toutes les mathématiques, portant attention non plus à la nature des objets, la nature de l'espace en géométrie ou celle du nombre en arithmétique, mais à la structure des domaines. Ainsi, s'ouvre l'époque abstraite où, en France, grandira, par exemple, le groupe Bourbaki. Hilbert a indiqué des problèmes et des voies que les mathématiciens continuent d'explorer. Ses recherches ont donné appui à de nouvelles disciplines hors des mathématiques, comme la mécanique quantique ou l'informatique, et trouvé un écho inattendu hors des sciences exactes, dans la linguistique et la psychanalyse lacanienne. Avant tout, l'?uvre de Hilbert est le développement de la méthode abstraite qui caractérise les mathématiques modernes. Cette méthode, Hilbert l'applique dans tous les domaines mathématiques et, finalement, la pousse jusqu'à ses limites pour donner un fondement, une garantie dernière à la science. Le programme de fondement, que l'on a appelé le programme formaliste, donne lieu aux théorèmes d'incomplétude, qu'établit Gödel en 1931, et aux machines de Turing. Nous suivons cette aventure, de l'émergence de la méthode abstraite jusqu'au programme formaliste et aux résultats de Gödel et de Turing. Nous tentons d'en dégager la portée philosophique. Sont en jeu le statut de l'infini, l'extension et les caractères de la pensée humaine.
La science-fiction a souvent exploré l?idée d?un "lecteur decerveaux", appareil qui permettrait de lire directement lapensée dans le cerveau. Plusieurs articles scientifiques récentsreprennent et discutent un tel projet. Les chercheurs ici rêventet ils le savent. Mais ce rêve, ou ce fantasme, pose desquestions fondamentales et passionnantes sur ce qu?ondénomme "pensée". Comment concevoir un lecteur decerveaux? Quelles seraient ses fonctions? Quel usage enferions-nous? Comment transformerait-il les relationshumaines? C?est ce qu?il s?agit ici de chercher à comprendre,par le biais de la fiction, par exemple en en appelant à Proustet Hitchcock. On rencontre en effet dans leurs ?uvres ce quel?on pourrait appeler des scènes "critiques", véritablesexpériences de pensée permettant de mesurer la portée et depréciser les fonctions d?un lecteur de cerveaux.
Kurt Gödel (1906-1978), mathématicien, logicien et philosophe, est incontestablement l'un des plus grands esprits de notre temps. Ses réponses aux questions radicales posées par le XXe siècle au langage, aux mathématiques et à la pensée rationnelle ont modifié de façon décisive l'assise du savoir contemporain Existe-t-il une langue qui permette d'isoler les phrases vraies dans tout monde possible? Pouvons-nous ou prouver ou réfuter chacune des phrases que nous pouvons y énoncer? Ou bien, dans une langue donnée, existe-t-il des phrases indécidables? Plus largement, existe-t-il des phrases absolument indécidables, qui, dans aucune langue plausible, ne seront ni prouvées ni réfutées? Sommes-nous des machines? Si nous pensons correctement, notre pensée doit pouvoir s'énoncer dans une langue univoque mais, en utilisant une langue définie, nous écrivons comme une machine. Existe-t-il des machines capables d'écrire tout ce que nous pouvons penser? Existe-t-il des objets qui ne sont ni dans l'espace ni dans le temps et que nous ne pouvons percevoir qu'avec nos esprits? Les nombres sont-ils de tels objets? Les mathématiques apparaissent comme le modèle de l'activité rationnelle et l'arithmétique donne le modèle de la certitude mathématique. Mais pouvons-nous donner un fondemenà l'arithmétique élémentaire? On présente ici les réponses de Gödel, en suivant son ?uvre logique et philosophique, depuis sa démonstration de la complétude sémantique du calcul des prédicats (1929) à sa réflexion sur le continu chez Cantor (1947), en passant par sothéorème dit d'incomplétude (1931) - théorème qui a rendu Gödel fameux au-delà de son domaine et influencé jusqu'au psychanalyste Jacques Lacan
L'introduction des nouvelles technologies numériques dans les activités financières va-t-elle conduire à brève échéance à un bouleversement majeur du secteur financier et de ses règles de fonctionnement ? Cette question est traitée dans ce numéro à partir de trois angles différents. Tout d'abord, celui de l'impact des technologies sur les activités financières, salles de marchés et plateformes, blockchain et crédit documentaire, moyens de paiement, credit scoring... Puis est abordé l'impact sur les acteurs du système financier, banquiers, assureurs, entreprises d'investissement : les frontières actuelles vont-elles disparaître ? Quelle recomposition attendre ? Quelle place pour les BigTech ? Enfin, une troisième partie est consacrée aux enjeux cruciaux de stabilité et de régulation financière. Auteurs : Bruno Luna, Jean-Paul Pollin, Laurent Clerc, Olivier Klein, Christophe Hurlin, Jean-Christophe Miezsala
Depuis plus de trente ans les inégalités se creusent à nouveau dans les pays développés après une longue période de réduction. Et depuis peu, leur impact sur le reste de l'économie fait l'objet de nombreuses études et elles sont redevenues un enjeu majeur du débat public. Ce numéro vise à analyser plus spécifiquement les liens entre finance et inégalités sous deux angles spécifiques : le plan macroéconomique (crise financière, politique monétaire, rentes...) et celui des diverses parties prenantes de la banque et de la finance (PME/TPE, secteur mutualiste, salariés du secteur financier, Trésor public, techniques numériques...). Il a pour ambition de présenter les différentes facettes de cette relation complexe, y compris celles qui sont peu souvent débattues.
Les entreprises du secteur financier mutualiste ont été créées au cours de la deuxième moitié du 19ème siècle pour permettre à leurs adhérents d'avoir accès à des services financiers de banque et d'assurance. La philosophie présidant à leur création était de faire primer le service rendu à leurs membres sur la rentabilité financière. En ce début de 21ème siècle, le secteur financier mutualiste compte de nombreux acteurs majeurs du système financier. Ce numéro de la REF présente un état des lieux de cette finance mutualiste, aborde les grands défis auxquels elle est confrontée et interroge sa fidélité aux valeurs proclamées. Pour ce faire il est divisé en quatre parties. La première présente la genèse de ce secteur et les valeurs qu'il incarne. Une seconde partie est consacrée aux différents acteurs dans la banque et l'assurance et à leurs rôles. La troisième partie analyse la gouvernance de ces acteurs, les conflits possibles entre la nécessaire efficience et le respect des valeurs. Enfin, une dernière partie trace les enjeux du futur auxquels fait face la finance mutualiste, la course à la taille, les difficultés réglementaires, la digitalisation. La Chronique d'histoire financière traite des relations entre monnaie et protectionnisme aux Etats-Unis après la guerre de Sécession et un article "divers" analyse le rôle des eurodollars et du shadow banking dans le cadre du statut international du dollar et des mutations du système financier.
La problématique territoriale et l'importance croissante du rôle joué par les acteurs locaux sont essentielles au bon équilibre et à la dynamique économique de la Nation. Le financement de la croissance des territoires, de leurs infrastructures, ou des mesures en faveur de la cohésion se révèle encore aujourd'hui le socle d'une bonne partie des politiques économiques et sociales. Ce numéro de la Revue d'Economie Financière explore les questions de financement des territoires à partir de grands enjeux liés à leur développement. Une première partie positionne ces financements par rapport aux politiques européennes et en référence aux expériences étrangères. La deuxième et la troisième partie abordent successivement les modalités et contraintes du financement des collectivités ainsi que les stratégies des principaux acteurs du financement, en particulier les banques et la Caisse des Dépôts. Enfin, une dernière partie met l'accent sur les enjeux sectoriels, santé, mobilité, immobilier... La Revue publie également dans ce numéro une chronique d'histoire financière consacrée à la panique bancaire anglaise de 1825 et aux moyens originaux mis en oeuvre pour l'endiguer. Enfin, on trouvera deux articles divers la monnaie en tant que commun et le second à l'importance et à la nécessité d'une politique de l'investissement de long terme en Europe.