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Histoire, médecine et santé N° 16, hiver 2019 : Hygiène du cadavre. Textes en français et anglais
Carol Anne ; Robert Martin ; Rugg Julie
PU MIDI
20,00 €
Épuisé
EAN :9782810707218
Ce numéro se propose d'aborder la variété des rapports que les médecins peuvent entretenir avec la mort, non d'un point de vue théorique, mais du point de vue de la gestion matérielle des corps morts et de l'expertise médicale dans ce domaine. Le XIXe siècle, qui voit les sensibilités funéraires se modifier et les médecins consolider leur statut social, a été particulièrement scruté : les études présentées envisagent la question, en Europe, de la gestion des cadavres du point de vue de la santé publique (la définition médicale des critères de la mort), de la police sanitaire et de l'hygiène (les dangers des cimetières dans l'espace public, les bienfaits de l'incinération), des rites funéraires émergents (l'embaumement ou la crémation). Par ailleurs, en amont, le dossier présente une source associant médecine et cadavre dans le cadre de la montée en puissance de la dissection au XVIe siècle, et, en aval, une évocation des conséquences très actuelles du rôle croissant de la médecine légale dans la gestion funéraire des morts de masse, politiques ou génocidaires.
Conçue par un médecin et par un chirurgien, la guillotinesuccède aux supplices d'Ancien Régime et invente la mortpénale idéale: prompte et douce. Mais des doutes surgissenttrès vite sur son instantanéité. Comment concevoir qu'une têteséparée en une fraction de seconde du corps soitimmédiatement et totalement privée de vie, de conscience, desensation? Et si la mort infligée n'est pas immédiate, quellesouffrance le décapité n'endure-t-il pas. Cette possibilitéphysiologique, discutée très tôt par les médecins, envahit l'art,l'imaginaire et les débats autour de la peine de mort tout aulong du XIXe siècle. Elle alimente un dialogue entre la sociétéet ces experts autour de l'humanité de la guillotine et sesalternatives possibles. Mais elle offre aussi aux médecins,partagés entre le désir de rassurer leurs contemporains et celuid'assouvir leur curiosité de physiologistes, des conditionsd'expérimentation proches de la vivisection, qu'il s'agisse devérifier la survie éventuelle au pied de l'échafaud ou de tenterde transfuser les têtes exsangues au laboratoire. Se pose alorsla question du corps du condamné, de ses usages, de sa dignitéau regard de la médecine et de la société, et des pouvoirs quis'exercent sur lui; un corps dont les condamnés n'affirmerontque tardivement le droit à disposer post mortem, à la fin duXIXe siècle.
Portés par la mission de régénérer l'humanité, et par le désir de progrès et de soins de la société tout entière, les médecins quittent au XIXe siècle les chemins balisés de l'hygiénisme pour s'aventurer dans ceux d'un eugénisme en construction. Angoisse de la dégénérescence ou de la dépopulation, combat contre la mortalité infantile ou les maladies sociales, tout est prétexte à un projet de surveillance des unions, de tri des procréateurs, de dépistage des tares, où le médecin affirmera son utilité sociale et rendra effective la plus achevée des prophylaxies. Ce projet, vers lequel convergent des médecins venus de tous les horizons et de toutes les disciplines, se bâtit sur des savoirs fragiles, traversés de mythes et d'idéologies ; surtout, il se heurte à une pratique libérale, effrayée par les audaces interventionnistes et autoritaires des plus ardents eugénistes. C'est la raison pour laquelle, au-delà de positions parfois extrêmes, l'eugénisme médical ne trouve à s'exprimer que dans l'instauration de l'examen prénuptial en 1942. Pendant plus d'un siècle, il aura pourtant constitué le centre d'un discours touffu, révélateur des ambitions sociales et des valeurs contradictoires d'un monde médical en pleine ascension.
Dans l'histoire des attitudes collectives face à la mort, les oeuvres d'art constituent une source dont l'intérêt a été souligné par les travaux de Michel Vovelle ou de Philippe Ariès. Peu d'études spécifiques ont pourtant été consacrées à ce qui incarne la mort à l'oeuvre, c'est-à-dire le corps mort, et à ses représentations artistiques en tant que tel. C'est donc l'objet cadavre et les façons dont l'art l'utilise, se l'approprie et le met en scène que ce livre entend explorer, en les confrontant aux relations que les sociétés passées et présentes entretiennent avec la mort. Littérature gothique, photographies mortuaires, tableaux académiques, installations contemporaines, gravures satiriques, gastronomie, opéras, reliquaires contemporains et autres formes d'expression créatrices sont ainsi convoqués par des historiens de la mort, du corps et de l'art pour déchiffrer les fluctuations des sensibilités et des familiarités. Face à la multiplicité des entrées possibles, le choix s'est fait d'une approche selon trois questions simples : à quelles conditions et selon quelles normes esthétiques, à un moment donné, le cadavre peut-il devenir un objet d'art ? Quelles sont dans ce cas ses fonctions dans le dispositif artistique ? Et enfin, quelles relations le cadavre entretient-il avec l'art funéraire - en d'autres termes, comment l'art de la mort se nourrit-il de son propre objet ?
De Voltaire à Robert Badinter, de Victor Hugo à Victor Schoelcher, Jean Jaurès, Albert Camus, voici réunis les grands textes du combat contre la peine de mort. Combat des Lumières contre l'inhumanité des supplices sous l'Ancien Régime. Combat philanthropique, libéral ou républicain après la Révolution, alors que la France s'industrialise et que la figure du " misérable ", du prolétaire, se confond de plus en plus avec celle du criminel. Combat de la raison et de la justice contre un châtiment qui n'eut jamais l'effet dissuasif invoqué par ses défenseurs. Discours, pamphlets, poèmes, chansons : les abolitionnistes manient l'ironie ou l'indignation, convoquent l'histoire, la morale, la statistique... Devant cette richesse inventive, il est aujourd'hui difficile, trente-cinq ans après la dernière exécution capitale, de concevoir qu'on ait pu si longtemps continuer, selon le mot terrible de Robert Badinter, à " couper des hommes en deux ".
Dans un non-lieu et dans un temps suspendu, sont réunies toutes les femmes victimes de la violence des hommes : femmes riches et pauvres, cultivées ou analphabètes, jeunes et âgées, rebelles et soumises. Libérées par la mort de leur condition de victimes, elles nous racontent leurs histoires. On assiste à des drames provoqués par une société machiste, des traditions cruelles, des mentalités arriérées. A travers des témoignages/ fictions de plusieurs pays du monde (Inde, Italie, France, USA, Mexique...), toutes les conditions sociales et toutes les cultures sont mises en cause par la dramaturge. Il en résulte une anthologie de récits bizarrement pleins d'humour et d'ironie, où la tragédie du quotidien demande justice et où l'universalité des histoires pousse le lecteur-spectateur à réfléchir sur la véritable condition de la femme au XXIe siècleSerena dandini est auteure et animatrice télé. Très connue de par le caractère innovant et satyrique de ses émissions, elle a travaillé avec des artistes très populaires en Italie. En 1988, elle écrit et présente La tv delle ragazze (La télé des filles), une émission qui fera connaître au grand public de nombreuses comédiennes et artistes. Entre 2012 et 2013 elle met en scène son premier texte théâtral, Blessées à mort, inspiré par des faits divers de violence sur les femmes. Cette pièce est encore aujourd'hui en tournée en Italie et dans le monde. Texte engagé, militant, dur, il se fait porte-parole d'une situation malheureusement bien présente dans notre société, toutes ces histoires étant inspirées de faits réellement advenus.
Nés dans les années 1960, les jeux vidéo ont, en quelques décennies, accédé au rang de fait économique et culturel majeur. On est en effet bien au-delà, aujourd'hui, d'un phénomène générationnel. Smartphones, tablettes, consoles de salon et portatives ont modifié le profil du gamer type. Désormais, on joue à tout âge, filles ou garçons, ensemble ou séparément, en couple, entre amis, en famille. Les débats sur le sexisme qui ont récemment agité la communauté des pratiquante.s montrent qu'il est nécessaire, voire urgent, de considérer le fait vidéoludique sous l'angle du genre. Ce livre est le premier, en France, à aborder cette question de front en interrogeant les dispositifs de mise en scène et de narration qui construisent dans les jeux vidéo le masculin et le féminin, les modalités genrées d'expression et d'identification à l'oeuvre dans les relations joueur.se / avatar et les changements introduits par l'avènement des gameuses dans l'univers masculinisé des jeux vidéo.
A un moment où de nombreux domaines affichent des préoccupations relatives à la littératie, ce numéro s'intéresse à la constitution et à la réinterprétation de son espace conceptuel dans le champ de l'enseignement et de l'éducation. Plutôt que de se focaliser sur les différentes tentatives de définition qui ont pu en être proposées, ce volume cherche à comprendre en quoi la littératie conduit à penser autrement le développement des activités langagières : le continuum de leurs apprentissages, leurs interactions, leurs usages dans différentes institutions sociales, leurs fonctionnalités pour l'individu et la société.