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PHYSIOLOGIE DE LA VEUVE
CAROL ANNE
CHAMP VALLON
27,00 €
Épuisé
EAN :9782876735828
Conçue par un médecin et par un chirurgien, la guillotinesuccède aux supplices d'Ancien Régime et invente la mortpénale idéale: prompte et douce. Mais des doutes surgissenttrès vite sur son instantanéité. Comment concevoir qu'une têteséparée en une fraction de seconde du corps soitimmédiatement et totalement privée de vie, de conscience, desensation? Et si la mort infligée n'est pas immédiate, quellesouffrance le décapité n'endure-t-il pas. Cette possibilitéphysiologique, discutée très tôt par les médecins, envahit l'art,l'imaginaire et les débats autour de la peine de mort tout aulong du XIXe siècle. Elle alimente un dialogue entre la sociétéet ces experts autour de l'humanité de la guillotine et sesalternatives possibles. Mais elle offre aussi aux médecins,partagés entre le désir de rassurer leurs contemporains et celuid'assouvir leur curiosité de physiologistes, des conditionsd'expérimentation proches de la vivisection, qu'il s'agisse devérifier la survie éventuelle au pied de l'échafaud ou de tenterde transfuser les têtes exsangues au laboratoire. Se pose alorsla question du corps du condamné, de ses usages, de sa dignitéau regard de la médecine et de la société, et des pouvoirs quis'exercent sur lui; un corps dont les condamnés n'affirmerontque tardivement le droit à disposer post mortem, à la fin duXIXe siècle.
Résumé : En avril 1909, le président de la République Armand Fallières doit inaugurer le monument que la ville de Nice a élevé à la mémoire d'un des fondateurs du régime : Léon Gambetta, inhumé dans le cimetière municipal. Un dépôt de gerbes sur la tombe est prévu. La municipalité décide pour l'occasion de transférer les restes du grand homme dans un tombeau plus monumental que la modeste concession familiale où il repose depuis 1883. Il faut donc l'exhumer. C'est un corps incomplet, très mutilé qui s'offre aux yeux des assistants : un corps décapité et privé de son bras droit, mais aussi de son coeur et d'une partie de ses entrailles. Comment en est-on arrivé là ? Comment interpréter cette mise en pièces ? C'est à ces questions que cette nécrographie s'efforce de répondre. Anne Carol est Professeur d'histoire contemporaine à l'Université d'Aix-Marseille. Elle est membre de l'UMR 7303 Telemme AMU-CNRS, et membre associé du Centre Alexandre Koyré.
Les "monstres" humains nous fascinent par la tension entre les sentiments de proximité et d'altérité radicale que fait naître leur aspect déroutant. Etudiés dans le contexte mental de leur époque, lorsqu'ils procèdent de l'imaginaire, ou à travers la succession des explications scientifiques ou religieuses de leur genèse, ils l'ont été plus rarement dans la perspective de leur insertion sociale. Où commence la monstruosité? Comment se donne-t-elle à voir? Comment se laisse-t-elle appréhender par la raison? Ces études se proposent d'aborder les problèmes de définition et de visibilité du monstre dans la société de son temps; de repérer quelques tentatives de réintégration du monstre dans l'ordre du monde, qu'il semble ébranler; d'illustrer enfin des façons d'utiliser le monstre comme métaphore en politique, en art ou en littérature. Biographie de l'auteur Régis Bertrand, professeur d'histoire moderne et Anne Carol, maître de conférences d'histoire contemporaine, enseignent à l'Université de Provence.
Résumé : L'histoire de la mort a connu son apogée entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, à travers les deux grandes synthèses de Michel Vovelle et Philippe Ariès. Née dans la continuité de l'histoire religieuse et de la démographie historique, elle s'est renouvelée dans les vingt dernières années par une approche matérielle centrée sur le traitement du cadavre. Une histoire et une anthropologie politiques de la mort se sont aussi progressivement développées, autour du corps du roi ou des usages politiques des funérailles. Mais la question de la mort au(x) Parlement(s) n'avait pour l'instant pas été abordée en tant que telle. Les articles qui composent ce hors-série essaient de montrer la variété des façons dont on peut comprendre les relations possibles entre mort et Parlement, mais aussi de donner à voir les différentes " histoires de la mort " qui se pratiquent aujourd'hui. Seront explorées sur l'époque contemporaine (de la Révolution au très contemporain), en Europe et plus particulièrement en France, les façons dont les organes parlementaires se saisissent de la mort pour dire la norme et travailler le droit (sur le crime de lèse-nation, la violation de sépulture, le périmètre de la peine de mort), utilisent les cadavres pour asseoir une légitimité politique, créer un consensus ou marquer une rupture (les martyrs de la Révolution, de la nation, les héros de la guerre, les anciens dictateurs), sont interpellés et débattent sur des sujets de société (les frontières de la vie et de la mort, le devenir des cendres) ou les façons dont les élus se confrontent directement à leur propre mort (assassinat de Féraud, attentat de Vaillant, traitement des dépouilles de Gambetta ou Mandel).
Les vivants prennent soin des morts par des rites funéraires. Mais il arrive que ceux-ci ne soient pas respectés : en temps de crise, ou parce que les morts n'en sont pas jugés dignes... Ce livre offre un panorama du traitement perturbé de ces morts qui dérogent. Les sociétés européennes ont construit, depuis le XIXe siècle, un régime funéraire qui a placé le corps au centre des soins que les vivants prodiguent aux morts et qui s'articule autour de la tombe et du cimetière. Il arrive pourtant que des corps se voient privés de ces soins ou que leur mise en oeuvre soit perturbée, intentionnellement ou pas. Ce livre offre à travers quelques cas de figures exemplaires un panorama de ces morts qui dérogent à la norme funéraire. Ces écarts à la norme peuvent procéder du statut marginal ou exceptionnel des morts : mort-nés, criminels exécutés, morts anonymes, icones politiques ; dans d'autres cas, ils peuvent découler des circonstances anomiques où la mort est survenue : temps de guerre, épidémies, catastrophes industrielles ou massacres ; l'a-normalité peut enfin se nicher au coeur des pratiques mêmes dont le corps est la cible : nécrophilie, crémation, exhumation, inhumation hors cimetière. Pour chacun de ces cas de figure, les textes réunis ici s'attacheront à montrer en quoi le processus funéraire est suspendu, dévoyé, dégradé voire subverti, et à évaluer l'impact de ces dissidences sur les sensibilités contemporaines ; mais aussi à repérer les efforts, même minimes, pour réparer, rétablir un semblant de normalité dans les funérailles, ainsi que d'identifier les acteurs impliqués dans les deux cas.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.