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Le "monstre" humain. Imaginaire et société
Carol Anne ; Bertrand Régis
PU PROVENCE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782853996211
Les "monstres" humains nous fascinent par la tension entre les sentiments de proximité et d'altérité radicale que fait naître leur aspect déroutant. Etudiés dans le contexte mental de leur époque, lorsqu'ils procèdent de l'imaginaire, ou à travers la succession des explications scientifiques ou religieuses de leur genèse, ils l'ont été plus rarement dans la perspective de leur insertion sociale. Où commence la monstruosité? Comment se donne-t-elle à voir? Comment se laisse-t-elle appréhender par la raison? Ces études se proposent d'aborder les problèmes de définition et de visibilité du monstre dans la société de son temps; de repérer quelques tentatives de réintégration du monstre dans l'ordre du monde, qu'il semble ébranler; d'illustrer enfin des façons d'utiliser le monstre comme métaphore en politique, en art ou en littérature. Biographie de l'auteur Régis Bertrand, professeur d'histoire moderne et Anne Carol, maître de conférences d'histoire contemporaine, enseignent à l'Université de Provence.
Depuis 1981, la peine de mort est abolie en France ; la dernière exécution a eu lieu en 1977. En outre, depuis 1939, les exécutions n'étaient plus publiques et se déroulaient dans l'enceinte des prisons devant quelques témoins. Il nous est donc difficile d'imaginer aujourd'hui ce que ces exécutions ont été. Au mieux, l'image que l'on en a renvoie aux exécutions parisiennes du début du XXe siècle et de leur rituel bien rodé, que les journaux rappellent inlassablement : le réveil, la toilette, le verre de rhum, les quelques pas dans la lumière de l'aube. L'objectif de ce livre est d'abord d'effacer cette distance ; de replacer l'exécution à hauteur d'homme, dans le flot tumultueux du temps vécu, des sensations du corps ; de donner à sentir sa violence, de lui restituer, en somme, sa dimension sensible. Ce livre est en second lieu une tentative pour replacer le condamné au centre du récit et lui restituer une place d'acteur à part entière dans le déroulement de son châtiment. Il s'agit enfin de comprendre comment les dispositifs qui ont rendu l'exécution possible pour des hommes ordinaires a fonctionné, puis évolué. Peut-être faut-il penser que c'est le caractère insupportable de la mise en oeuvre de l'exécution, autant que son spectacle, qui a conduit à la réformer, puis à l'abolir.
De Voltaire à Robert Badinter, de Victor Hugo à Victor Schoelcher, Jean Jaurès, Albert Camus, voici réunis les grands textes du combat contre la peine de mort. Combat des Lumières contre l'inhumanité des supplices sous l'Ancien Régime. Combat philanthropique, libéral ou républicain après la Révolution, alors que la France s'industrialise et que la figure du " misérable ", du prolétaire, se confond de plus en plus avec celle du criminel. Combat de la raison et de la justice contre un châtiment qui n'eut jamais l'effet dissuasif invoqué par ses défenseurs. Discours, pamphlets, poèmes, chansons : les abolitionnistes manient l'ironie ou l'indignation, convoquent l'histoire, la morale, la statistique... Devant cette richesse inventive, il est aujourd'hui difficile, trente-cinq ans après la dernière exécution capitale, de concevoir qu'on ait pu si longtemps continuer, selon le mot terrible de Robert Badinter, à " couper des hommes en deux ".
Résumé : Jusqu'à la fin du xviii siècle, l'embaumement des cadavres était réservé à une élite du sang et de la fortune soucieuse d'échapper à la dissolution ordinaire. Aujourd'hui, en France, plus de la moitié des corps reçoit des soins de thanatopraxie dispensés par des professionnels afin de retarder la décomposition et d'organiser sereinement les funérailles. Entre ces deux régimes de conservation, le xixe siècle offre une parenthèse singulière. C'est dans sa première moitié que naît et s'affirme l'embaumement romantique : un désir éperdu de préserver des corps éternellement intacts, revendiqué comme un aspect légitime du culte des morts et inséparable de l'apparition du cimetière moderne et de ses concessions perpétuelles. L'embaumement connaît alors une vogue aussi extraordinaire que brève et amorce une diffusion dans la bourgeoisie urbaine. Mais cet engouement suscite une concurrence féroce entre médecins et non-médecins qui se disputent le marché dans une guerre à la fois technique, commerciale, socioprofessionnelle et déontologique. C'est l'histoire de cette passion, de sa naissance, de son épanouissement et de son désenchantement que ce livre entend restituer en la replaçant dans l'histoire plus large des sensibilités collectives face à la mort et au cadavre.
Dans l'histoire des attitudes collectives face à la mort, les oeuvres d'art constituent une source dont l'intérêt a été souligné par les travaux de Michel Vovelle ou de Philippe Ariès. Peu d'études spécifiques ont pourtant été consacrées à ce qui incarne la mort à l'oeuvre, c'est-à-dire le corps mort, et à ses représentations artistiques en tant que tel. C'est donc l'objet cadavre et les façons dont l'art l'utilise, se l'approprie et le met en scène que ce livre entend explorer, en les confrontant aux relations que les sociétés passées et présentes entretiennent avec la mort. Littérature gothique, photographies mortuaires, tableaux académiques, installations contemporaines, gravures satiriques, gastronomie, opéras, reliquaires contemporains et autres formes d'expression créatrices sont ainsi convoqués par des historiens de la mort, du corps et de l'art pour déchiffrer les fluctuations des sensibilités et des familiarités. Face à la multiplicité des entrées possibles, le choix s'est fait d'une approche selon trois questions simples : à quelles conditions et selon quelles normes esthétiques, à un moment donné, le cadavre peut-il devenir un objet d'art ? Quelles sont dans ce cas ses fonctions dans le dispositif artistique ? Et enfin, quelles relations le cadavre entretient-il avec l'art funéraire - en d'autres termes, comment l'art de la mort se nourrit-il de son propre objet ?
Cet ouvrage explore comment l'art actuel, plus spécifiquement vidéo, permet d'interroger le rapport entre corps et images. La partie I décline les modalités d'influence de l'image et permet de remarquer que l'humain actuel est peuplé d'images. La partie II met en regard corps sensible et corps représenté à travers les traces fluctuantes du référent dans la représentation vidéo afin d'explorer le corps rêvé. La partie III montre le jeu entre la liaison et la déliaison du corps représenté avec le décor.