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L'EMBAUMEMENT, UNE PASSION ROMANTIQUE
CAROL ANNE
CHAMP VALLON
24,00 €
Épuisé
EAN :9791026700593
Jusqu'à la fin du xviii siècle, l'embaumement des cadavres était réservé à une élite du sang et de la fortune soucieuse d'échapper à la dissolution ordinaire. Aujourd'hui, en France, plus de la moitié des corps reçoit des soins de thanatopraxie dispensés par des professionnels afin de retarder la décomposition et d'organiser sereinement les funérailles. Entre ces deux régimes de conservation, le xixe siècle offre une parenthèse singulière. C'est dans sa première moitié que naît et s'affirme l'embaumement romantique : un désir éperdu de préserver des corps éternellement intacts, revendiqué comme un aspect légitime du culte des morts et inséparable de l'apparition du cimetière moderne et de ses concessions perpétuelles. L'embaumement connaît alors une vogue aussi extraordinaire que brève et amorce une diffusion dans la bourgeoisie urbaine. Mais cet engouement suscite une concurrence féroce entre médecins et non-médecins qui se disputent le marché dans une guerre à la fois technique, commerciale, socioprofessionnelle et déontologique. C'est l'histoire de cette passion, de sa naissance, de son épanouissement et de son désenchantement que ce livre entend restituer en la replaçant dans l'histoire plus large des sensibilités collectives face à la mort et au cadavre.
Portés par la mission de régénérer l'humanité, et par le désir de progrès et de soins de la société tout entière, les médecins quittent au XIXe siècle les chemins balisés de l'hygiénisme pour s'aventurer dans ceux d'un eugénisme en construction. Angoisse de la dégénérescence ou de la dépopulation, combat contre la mortalité infantile ou les maladies sociales, tout est prétexte à un projet de surveillance des unions, de tri des procréateurs, de dépistage des tares, où le médecin affirmera son utilité sociale et rendra effective la plus achevée des prophylaxies. Ce projet, vers lequel convergent des médecins venus de tous les horizons et de toutes les disciplines, se bâtit sur des savoirs fragiles, traversés de mythes et d'idéologies ; surtout, il se heurte à une pratique libérale, effrayée par les audaces interventionnistes et autoritaires des plus ardents eugénistes. C'est la raison pour laquelle, au-delà de positions parfois extrêmes, l'eugénisme médical ne trouve à s'exprimer que dans l'instauration de l'examen prénuptial en 1942. Pendant plus d'un siècle, il aura pourtant constitué le centre d'un discours touffu, révélateur des ambitions sociales et des valeurs contradictoires d'un monde médical en pleine ascension.
Marmion Jean-François ; Carol Anne ; Changeux Jean
Par le directeur de l'ouvrage Psychologie de la connerie et Histoire universelle de la connerie, plus de 75000 exemplaires vendus. " Beauté intérieure ", mon oeil ! " Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la Terre aurait changé ", estimait Blaise Pascal. Si votre nez à vous était différent, ou la couleur de vos yeux, ou vos mensurations, c'est votre nombril qui en serait bouleversé. On a beau se répéter que la valeur n'attend pas le nombre des kilos, que la vraie beauté est celle de l'esprit, on sait pertinemment que, dans notre société du paraître inlassablement dénoncée par des intellectuels bien habillés, notre estime de soi reste étroitement tributaire de notre apparence. Dans cet ouvrage, nos experts analysent la laideur et la beauté dans le couple, au travail, à travers toute la sphère sociale, au fil de l'histoire et au gré des cultures. Et en tirent toutes les conséquences, sans hypocrisie. Bas les masques !
Conçue par un médecin et par un chirurgien, la guillotinesuccède aux supplices d'Ancien Régime et invente la mortpénale idéale: prompte et douce. Mais des doutes surgissenttrès vite sur son instantanéité. Comment concevoir qu'une têteséparée en une fraction de seconde du corps soitimmédiatement et totalement privée de vie, de conscience, desensation? Et si la mort infligée n'est pas immédiate, quellesouffrance le décapité n'endure-t-il pas. Cette possibilitéphysiologique, discutée très tôt par les médecins, envahit l'art,l'imaginaire et les débats autour de la peine de mort tout aulong du XIXe siècle. Elle alimente un dialogue entre la sociétéet ces experts autour de l'humanité de la guillotine et sesalternatives possibles. Mais elle offre aussi aux médecins,partagés entre le désir de rassurer leurs contemporains et celuid'assouvir leur curiosité de physiologistes, des conditionsd'expérimentation proches de la vivisection, qu'il s'agisse devérifier la survie éventuelle au pied de l'échafaud ou de tenterde transfuser les têtes exsangues au laboratoire. Se pose alorsla question du corps du condamné, de ses usages, de sa dignitéau regard de la médecine et de la société, et des pouvoirs quis'exercent sur lui; un corps dont les condamnés n'affirmerontque tardivement le droit à disposer post mortem, à la fin duXIXe siècle.
De Voltaire à Robert Badinter, de Victor Hugo à Victor Schoelcher, Jean Jaurès, Albert Camus, voici réunis les grands textes du combat contre la peine de mort. Combat des Lumières contre l'inhumanité des supplices sous l'Ancien Régime. Combat philanthropique, libéral ou républicain après la Révolution, alors que la France s'industrialise et que la figure du " misérable ", du prolétaire, se confond de plus en plus avec celle du criminel. Combat de la raison et de la justice contre un châtiment qui n'eut jamais l'effet dissuasif invoqué par ses défenseurs. Discours, pamphlets, poèmes, chansons : les abolitionnistes manient l'ironie ou l'indignation, convoquent l'histoire, la morale, la statistique... Devant cette richesse inventive, il est aujourd'hui difficile, trente-cinq ans après la dernière exécution capitale, de concevoir qu'on ait pu si longtemps continuer, selon le mot terrible de Robert Badinter, à " couper des hommes en deux ".
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.