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Les facettes du dire. Hommage à Oswald Ducrot
CAREL MARION
KIME
30,50 €
Épuisé
EAN :9782841742714
Depuis 1963, Oswald Ducrot a poursuivi, au Centre National de la Recherche d'abord, ensuite et pour l'essentiel à l?Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, un travail de recherche et d'enseignement en histoire des sciences du langage et en sémantique linguistique. Dans ce dernier domaine, il a soit lancé, soit développé, un grand nombre de thèmes et de notions qui ont inspiré la recherche de ces trente dernières années: présupposition, sous-entendus, critique du parallélisme logico-grammatical, polyphonie, délocutivité, connecteurs et opérateurs linguistiques (« mots du discours »), argumentation discursive. Son but a toujours été, à travers ces différents objets, de s'écarter du logicisme en repérant les traces et, dans bien des cas, la présence effective du dire (qu'il s'agisse d'énonciation ou de discours) à l'intérieur de ce qui est dit.
Persuadée de la vanité des tentatives pour réduire le langage à une sorte de langage logique imparfait, Marion Carel pense que la signification linguistique consiste en possibilités argumentatives premières qui n’ont rien à voir, ni avec les démarches rhétoriques de persuasion, ni avec la déduction raisonneuse. Elle montre dans L’Entrelacement argumentatif comment on peut décrire au moyen d’une combinaison d’argumentations, au sens qu’elle donne à ce terme, à la fois les mots du lexique, les conjonctions et les constructions syntaxiques.
Petit-Jean Isabelle ; Rousseau Marion ; Carle Sylv
Un manuel organisé par domaines, qui laisse l'enseignant libre de construire sa propre progression Des leçons structurées pour comprendre et mémoriser les règles et les raisonnements mathématiques De nombreux exercices d'entraînement pour ancrer chaque notion Le livre de l'élève Un manuel organisé en six parties : calcul mental, nombres, calcul, grandeurs et mesures, géométrie, organisation et gestion de données Une démarche claire et systématique, avec pour chaque chapitre : - une situation de recherche - une règle pour mémoriser le raisonnement et les procédures mathématiques - de nombreux exercices progressifs pour s'entraîner Des révisions pour faire le point sur les connaissances
Résumé : Pourquoi les relations sociales sont-elles aujourd'hui si violentes, au point que des pompiers en intervention se font attaquer ? D'où vient cette impression que les institutions ne font plus face ? Travailler sur le pire pour atteindre le meilleur, tel est le pari de ce livre. Les quartiers où le malaise est le plus grand peuvent être de formidables laboratoires de transformation sociale. C'est ce que montre ce livre, dont les auteurs restituent leur travail de terrain, fondé sur la mise en ?uvre de démarches de " qualification mutuelle ", à travers l'animation de groupes d'habitants et d'agents de services publics. Les auteurs rapportent ainsi nombre d'expériences vécues par les uns et les autres, qui sont parvenus, avec l'aide des intervenants, à faire de leur désespoir un moteur et de leur souffrance une ressource. Les solutions sont parfois plus à portée de la main qu'on ne le croit. Encore faut-il ne pas avoir peur de questionner, en situation, le fonctionnement de notre démocratie. Et prendre le temps d'entendre la colère de ceux qui vivent quotidiennement l'insupportable - agents des services publics comme habitants - pour en comprendre les fondements et donner à tous les moyens de refonder la société. Ce livre réaliste et optimiste, proposant une méthode rigoureuse, sera un guide précieux pour tous les acteurs de terrain confrontés à l'insécurité sociale.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.