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Une guerre totale. Paraguay, 1864-1870
Capdevila Luc
PU RENNES
28,01 €
Épuisé
EAN :9782753503762
Entre 1864 et 1870 une des premières guerres totales modernes se déroula en Amérique du sud, elle opposa le Paraguay à la Triple Alliance du Brésil, de l'Argentine et de l'Uruguay. En cinq ans, le Paraguay fut anéanti. Il perdit au cours de ce conflit 40 % de son territoire initial et les deux tiers de sa population totale, dont 80 % des hommes en âge de porter les armes, c'est-à-dire âgés de dix ans et plus au cours de l'événement. Comment une crise humaine d'une telle intensité a-t-elle pu se produire dans le XIXe siècle américain? Sur le versant du jeune Paraguay indépendant, quels furent les mécanismes de la mobilisation, puis de ce qui devint une course à l'abîme? A l'issue du conflit, comment la société paraguayenne a-t-elle absorbé un traumatisme de cette ampleur? Ce livre est le premier à présenter en français ce conflit considérable, et pourtant méconnu, de l'histoire contemporaine. Il analyse ce qui fut du côté paraguayen une guerre totale, menée à la fin par une armée d'enfants soldats. Proposant ensuite une étude clinique de la mémoire, il aborde la difficulté voire la réticence des vétérans à transmettre leur expérience, tandis que la société paraguayenne s'est identifiée à cet événement à travers tout le XXe siècle. In fine, l'instrumentalisation de l'histoire participa du dispositif d'enfermement organisé par la plus longue dictature militaire d'Amérique du sud, celle du général Stroessner (1954-1989). Le livre se termine par la publication d'une source inédite remarquable: la correspondance des consuls français qui suivirent la totalité du conflit depuis leur poste de l'Assomption - proposant ainsi une histoire totale d'un événement majeur qui a marqué en profondeur une société tout entière, jusqu'à aujourd'hui. Biographie de l'auteur Luc Capdevila est maître de conférences d'histoire contemporaine à l'université Rennes-2 et chercheur au CERHIO. Ses recherches portent sur les sociétés et la guerre à l'époque contemporaine.
La guerre du Chaco (1932-1935) est le conflit international le plus meurtrier qui s'est déroulé en Amérique au XXe siècle. Pendant trois ans les armées paraguayenne et bolivienne - près de 400 000 hommes au total - s'affrontèrent pour 300 000 km² de brousse dont elles revendiquaient la souveraineté au nom de " droits " remontant à la colonisation espagnole. Aux alentours de 80 000 soldats paraguayens et boliviens sont tombés durant cette " Grande Guerre américaine ". La guerre du Chaco a fermé le cycle de la formation territoriale des républiques d'Amérique latine ouvert au début du me siècle à la suite de l'implosion de l'empire espagnol. Elle marqua plus encore l'aboutissement de l'absorption par les Etats des territoires indiens restés à l'écart de la conquête depuis le XVIe siècle. Fondé sur une méthode pluridisciplinaire, ce livre interroge le processus de colonisation du Chaco Boréal dans les années 1920 et 1930 correspondant à l'installation des armées paraguayenne et bolivienne, puis à l'épisode de la guerre. L'analyse des relations Indiens/militaires a été privilégiée. Elles constituent le prisme permettant d'observer avec le plus d'acuité l'implantation des Etats dans la région, de saisir la relation que les républiques ont envisagé de nouer avec les Indigènes à cette époque, et de savoir comment les nations indiennes ont conçu cette relation de leur côté.
Résumé : Les guerres de l'ère industrielle produisent de grandes quantités de tués. Que font de tous ces cadavres les sociétés engagées dans les conflits ? Comment les honorent-elles ? Comment s'en débarrassent-elles ? Quelle est leur attitude vis-à-vis du corps de l'ennemi ? Au me siècle, les morts au champ d'honneur étaient poussés sans identification dans des fosses communes ; aujourd'hui, ils sont devenus si précieux qu'on en recherche les débris pour leur rendre les derniers honneurs... Histoire croisée de la guerre et de la mort, ce livre décrit l'attitude complexe de nos sociétés vis-à-vis de la mort. Attirés par l'éternelle jeunesse, tentés par le déni de la mort et de la déchéance physique, confrontés à l'allongement de l'espérance de vie, nous gardons l'espoir de partir en guerre sans perdre une seule vie. Mais le " zéro mort " pour soi n'implique-t-il pas un " plus de morts " pour l'autre ?
Fréquemment convoquée par l'histoire sociale et culturelle de la dernière décennie, l'étude des émotions tend à réhabiliter l'événement comme paradigme explicatif des extrêmes, voire des paroxysmes de l'histoire. Or, l'objet émotion ne manque pas d'éclairer l'appréhension des usages politiques du passé dans un temps présent prêtant à controverses. Tel est le cas dans le contexte des "sociétés de mémoire" d'Amérique latine et d'Espagne marquées du sceau des passions politiques. D'où notre choix d'une approche située en amont afin d'éclairer l'indispensable confrontation histoire-mémoire, la réactivation de mythes héroïques y compris à une échelle globalisée, le rappel de "passés qui ne passent pas" ou encore du "plus jamais cela" lié à la fin des dictatures. Tel est le sens de l'histoire des représentations et sensibilités, qui autorise précisément cette interprétation dans la longue durée, essentielle à la compréhension du fonctionnement de ces "histoires officielles" oeuvrant en contrepoint à des imaginaires démocratiques désormais explicitement revendiqués. Cet ouvrage vise à mettre en lumière des régimes d'historicité spécifiques et à décrypter les régimes émotionnels qui fondent l'instrumentalisation des émotions par divers acteurs de l'histoire. L'ensemble des contributions invite ainsi à repenser non seulement l'histoire incarnée de sociétés en mouvement, mais également le statut de l'historien dans la cité du temps présent.
A la croisée de la macro et de la microhistoire, cette analyse de la Television Espanola tente de déchiffrer le rôle crucial que joua le petit écran lors du passage du régime dictatorial franquiste à la démocratie constitutionnelle. A la fois miroir et actrice, la TVE nous entraîne dans un complexe jeu de mises en abîme et nous dévoile l'esprit de la Transition espagnole.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.