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Décentrement et travail de la culture
Camet Sylvie
ACADEMIA
32,00 €
Épuisé
EAN :9782806103222
La notion de décentrement, dans le domaine de la critique postcoloniale, apparaît comme la condition préalable à toute articulation de la différence culturelle. Le décentrement du regard, de la pensée, ouvre la voie à la conceptualisation d'une culture fondée non pas sur l'exotisme du multiculturalisme ou de la diversité, mais sur une représentation de l'hybridité dont la signification est élaborée dans l'entre-deux. Les articles de ce recueil explorent tous cet espace autre qui leur permet d'éluder la politique de polarité à laquelle ils s'astreignent ordinairement. Appelant à la diversité des champs d'analyse, qu'il s'agisse de l'histoire, de la sociologie, de l'anthropologie, de la psychanalyse, de la littérature, le décentrement s'entend comme le déplacement, le transfert, la reformulation d'un questionnement moderne en un questionnement contemporain.
Un scénario classique du début du vingtième siècle permet que le protagoniste assiste à son propre enterrement (Pirandello, Il fu Mattia Pascal). Ce passage rituel oblige, après la disparition officielle, à tout réinventer. Prenant, comme point de départ, le désir de l'individu de changer de vie, pour tenter de renaître, ou d'exister plus pleinement, l'étude vise à dégager dans le récit un certain nombre de traits qui permettent de comprendre le phénomène de la subjectivation. Le corpus prend en compte des oeuvres françaises (V. Hugo, A. Dumas), italiennes, germaniques (A. Lernet Holenia ; E. Kreuder), anglo-américaines (R. Wright ; H.G. Wells), scandinaves (A. Sandemose), dans lesquelles le personnage relègue son passé à l'oubli, s'invente une nouvelle histoire, et joue perpétuellement un rôle. Son action conduit à une réflexion sur le statut du comédien. Cette existence dédoublée n'est pas une existence démultipliée mais l'expérience d'un lent suicide. La thématique abordée n'est pas sans provoquer souvent des effets de mise en abyme : qu'un personnage se construise comme personnage, n'est-ce pas en miroir une activité d'écrivain ? Le protagoniste en passe par toutes les étapes de la création, réfléchissant au nom qu'il pourrait se donner, à l'histoire qu'il pourrait se tisser, au milieu dans lequel il pourrait se glisser, comme s'il se substituait au narrateur et prenait en charge son invention même.Sylvie Carnet est habilitée à diriger des recherches en littérature générale et comparée, elle a publié des études littéraires (Parenté et création, éd. L'Harmattan, Le tragique quotidien, éd. A. Colin), esthétiques (Tableau de l'Homme Nu, Essai sur Richard Lindner, éd. Complicités), et contribué au Dictionnaire mondial des littératures (éd. Hachette) pour le domaine scandinave.
A l'évidence, vous ne me répondrez pas... Elle lui écrit. Mais écrire, donne-t-il existence à l'autre ou plus précisément à soi-même ? Il ne répond pas. Doit-on penser qu'il est un être de fiction, qui n'aurait de substance qu'au gré des mots ? S'il ne se manifeste pas, on peut croire cependant qu'il résiste. Elle use en vain à son égard d'un langage tyrannique, il suit sa propre voie, faisant l'oeuvre pas à pas. Ce roman épistolaire a ceci d'original qu'il ne présente pas une correspondance entre différents interlocuteurs, mais nous fait entendre une voix unique, quêtant inlassablement la réponse de l'autre. Ce soliloque tient parfois plus du journal intime que du genre de la lettre. Le statut de l'homme en est rendu problématique : réel, imaginaire... le texte conduit alors une permanente interrogation sur les liens qui unissent le désir de la chair et le désir de la création.
Résister. Aux duretés, aux humiliations, aux brutalités, aux pouvoirs institués ou usurpés. C'est vivre. Ces situations empruntent à une histoire ce qui fait l'histoire de chacun, une lutte infatigable âpre ou amère, avec ses victoires dérisoires et ses éclats de joie précaire. Au fond de chaque portrait s'écrit le portrait littéraire des existences en suspens.
Thème classique de l'iconographie des tempes du Cambodge ancien, la 'Gloire de Rama' ou Ramakerti se présente ici comme le principal texte de littérature hérité de la période post-angkorienne (XV-XVIIIe siècles). Derrière la structure valmikienne propre aux origines de l'épopée, le Ramayana classique indien, se lit pourtant comme une appropriation khmère de ce Miroir du prince, d'ailleurs présent sous de multiples variantes d'un bout à l'autre de l'Asie orientale. Datée d'entre al fin du XVIe et le début du XVIIe siècle, les scènes de ce livret de théâtre, autrefois jouées par les danseuses du ballet royal au sein du palais, se situent dans une Inde mi-géographique mi-mythique. Cependant, elles donnent un accès direct à la société de cour du royaume khmer posy-angkorien, à ses valeurs bouddhiques comme à ses pratiques de pouvoir, dessinées en filigrane de l'épopée par les poètes du XVIIe siècle. Historiquement, cette production coïncide avec le grand mouvement de refondation littéraire (codes bouddhiques, etc) consécutif à l'entreprise de reconstruction politique mise en oeuvre par les rois khmers, suite au sac dramatique de leur capitale, Longvek, par les Siamois en 1594. Fleuron de la littérature cambodgienne, le Ramakerti I atteste de l'importance de ce mouvement refondateur.L'auteur de cette édition du texte, Saveros Pou, linguiste et philologue du khmer, a enseigné le cambodgien moderne (ENLOV) et les états antérieurs de la langue - vieux khmer et khmer moyen (Université de Paris III), durant de nombreuses années. Engagée principalement dans la recherche scientifique, elle a publié une centaine d'articles et livres sur la langue, la littérature et la civilisation khmère. Elle s'est associée ici à un collègue historien, Grégory Mikaelian, spécialiste du Cambodge post-angkorien (Université de Paris IV-Sorbonne, IRCOM).
Belle-doche, salope ! Eric, gamin sensible et intelligent, invective ainsi en secret sa belle-mère qui ne rate pas une occasion de le maltraiter. Son père se voile la face, sa grande soeur Anne essaie de le protéger. Encore une qui va me faire chier ! Cinquante ans plus tard, Eric, misanthrope reclus dans son appartement, ne supporte ni Prune, sa nouvelle voisine qui essaie de s'immiscer dans sa vie, ni sa soeur qui l'entoure toujours de ses attentions. Un même personnage, une alternance de deux époques, un dénouement parallèle pour un drame psychologique caustique, non dénué d'humour et de poésie.
C'est l'histoire d'Abdou, Marie, Tarik et Ramatou, en fuites, en espoirs, en rêves. Des vies ordinaires ou presque. Des vies chamboulées au gré des vagues, au gré du vent. Venus d'Afrique de l'Ouest, réunis par les hasards de leur existence sur un même bateau entre la Libye et l'Italie. Aux prises avec les mêmes peurs, les mêmes espérances.
Cet ouvrage tente de défricher un espace encore à peu près vierge: celui d'une réflexion systématique sur l'ancrage empirique des énoncés dans les sciences sociales qualitatives. Dans la mesure où toute enquête de terrain (sous forme d'insertion prolongée du chercheur) produit des données discursives et observationnelles, on doit s'interroger sur la nature du lien entre le "réel de référence" et ces données, comme sur le lien entre ces données et les énoncés interprétatifs et autres "théories" figurant dans le texte écrit final. Comment définir une "politique du terrain"? Que signifie comprendre ou exprimer "le point de vue des acteurs"? Sur quelles procédures repose l'observation? Quelles sont les conditions de la rigueur dans les approches qualitatives? Quel est leur régime de véridicité ou de plausibilité? Quelle place accorder à la subjectivité du chercheur? Peut-on minimiser les pièges de la sur-interprétation ou les biais des idéologies scientifiques? Ce livre s'adresse aux étudiants avancés, aux doctorants et aux chercheurs. Il propose, en termes accessibles et sans jargon, une réflexion de fond originale, solidement documentée et argumentée, appuyée sur quarante ans d'expérience de l'enquête de terrain. Biographie de l'auteur Jean-Pierre Olivier de Sardan est professeur (directeur d'études) à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, et directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (France). Il vit et travaille au Niger, où il est un des membres fondateurs du LASDEL, une structure de recherche en sciences sociales qui regroupe une vingtaine de chercheurs béninois et nigériens autour de l'étude empirique, par des méthodes qualitatives de type socio-anthropologique, des diverses formes de délivrance et de gestion des services et biens collectifs ou publics.
1834. Dans une Amérique rongée par les ségrégations et les barrières sociales, une nouvelle vie voit le jour entre des mains tremblantes et couvertes de sang. Un si petit être pour une si grande destinée... Notre histoire ne s'est écrite que par les pas de quelques grands hommes... L'auteur nous invite à suivre le chemin de William Stendford, que tous sur sa terre d'Afrique appelaient Humana, dans son insatiable combat pour la liberté.