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Culture et élites locales en France (1947-1989)
Callu Agnès ; Fabiani Jean-Louis
CNRS EDITIONS
52,00 €
Épuisé
EAN :9782271090713
Enquêter sur la Culture en France, entre 1947 et 1989, nécessite d'analyser ses systèmes de gouvernement et les modes de fabrication politiques et idéologiques mis en oeuvre par les acteurs de la puissance publique à l'échelle locale. Il s'agit de comprendre "la Culture vue d'en bas", telle que portée, développée et transformée par ses élites locales. L'enjeu revient donc à désigner les implantations territoriales (métamorphosées ? ) d'un modèle conceptuel inventé à Paris. Pour répondre à cette spécificité, Agnès Callu a mis en place un double dispositif de travail : un séminaire de recherche objective des hypothèses "grand angle" et une enquête départementale administre la preuve empirique diversifiée. Retenant le modèle prosopographique, intégrant l'intérêt multiplicatif de l'exemple microhistorique en vue de la synthèse macrohistorique, l'analyse - toujours dans la longue durée et le dialogue comparé avec les situations européennes - se concentre sur des élites culturelles au travail dans des organisations, à la carte et aux schémas fortement recomposés depuis la décennie 1960. Sur cette base, ce livre dessine le portrait d'un second XXe siècle culturel - démarré autour de la "clef épurative" et courant jusqu'aux novatrices années 1980 -, qui compose un "terrain" hexagonal au seuil de représentativité valide pour interpréter les marqueurs socio-politiques d'une "exception à la française". En sorte que l'ouvrage propose un diagramme historique du comportement de cohortes générationnelles (sédentaires, mobiles, politisées, "genrées", dynastiques, suivistes, prescriptrices, traditionnelles, etc.), "entrées en Culture" (sic), selon leur place dans la société culturelle (l'espace public) et leur représentation dans la sensibilité culturelle (l'orbe privé).
Directeur général des Arts et Lettres auprès d?André Malraux de 1959 à 1966, Gaëtan Picon ne cesse jamais d?être un critique des écrivains et des artistes. Alors que son Ministre veut partout, par les Maisons de la Culture, diffuser l?héritage total des productions du passé, il privilégie, en philosophe inspiré par Nietzsche, l?élan créateur de la génération des René Char ou Jean Dubuffet. Inventeur d?une théorisation de la Culture contemporaine, il préconise un Musée d?Art moderne, renouvelé dans ses postulats intellectuels autant que dans ses structures. Hors du temps politique et à l?écart des recherches structuralistes, il se passionne pour l?interprétation de la genèse des ?uvres issue des ateliers de leurs auteurs. Dès lors, il configure les règles d?une critique « consciente », poétique et philosophique qui, par la densité d?un style à la fois sensualiste et abstrait, l?a cependant marginalisé dans les imaginaires sociaux.
Cet ouvrage obéit tout ensemble aux pratiques des sciences sociales et à l'exercice biographique. Il mixe l'aléatoire d'un parcours singulier et les jalons d'une trajectoire académique exemplaire, et prend le parti de la micro histoire pour tendre à la démonstration de problématiques générales, sous la forme d'une "conversation d'entre soi". Libre, elliptique, à l'écart des censures, spontané dans le flux ou le silence, adroit pour arpenter les champs personnels sans rien dévoiler d'une vie privée, l'opus s'engage dans un récit à deux voix où le témoignage cède devant une analyse historique et historiographique "grand angle" de l'Histoire de l'art. Conduit au coeur du bureau devenu atelier mais multiscalaire lorsque le JE fait valeur pour cette pratique spécifique de l'histoire, ce dialogue propose les lignes et les courbes d'une vie intellectuelle qui traverse un second XXe siècle autant qu'elle le modèle et s'en saisit pour l'étude.
Résumé : A l'heure où la métaphorologie architecturale domine la théorie politique, il est urgent d'interroger les conséquences épistémologiques de ce nouvel univers sémantique.
Au mois d'août 2017, l'oeil du collectionneur Guillaume Saint-Clair s'arrête sur les dessins réalisés in vivo dans Les rues de Lecce par les artistes Alessandra Chiffi et Giancarlo Mustich. Revenu à Paris, il pariage son enthousiasme avec le galériste Georges Franck qui, à son tour, l'expose à l'historienne et historienne de l'Art, Agnès Callu. Le présent ouvrage rapporte les forces profondes de multi-rencontres triangulaires qui mettent au jour la " pensée-dessin " du couple d'artistes italiens aux " sentiers de la création " inédits. Configuré dans l'imaginaire de chacun, le geste graphique surgit, bondissant, privilégiant, chez elle, des bouquets de figures implorantes sous une ligne cubiste aux prologues hugoliens ; faisant danser, chez lui, dans la verticalité d'escaliers d'inspiration palladienne, des formes usinées de voltigeurs futuristes ; montrant au " Masculin Féminin ", une oeuvre duelle où les traits de chacun s'enlacent unis par une Cosa mentale aux registres esthétiques partagés.
L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. Du fait de sa politique, la Russie a perdu l'Ukraine et fragmenté l'espace postsoviétique qu'elle considère comme sa sphère d'influence, elle s'est aliénée une bonne partie de l'Occident, elle s'est engagée dans un incertain virage vers l'Asie, etc. Près de vingt ans après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, ces événements relancent les interrogations sur les objectifs poursuivis par la Russie. Quels sont les facteurs qui déterminent ses actions extérieures ? Quelle est sa capacité à se remettre des bouleversements qu'elle a connus depuis 1991 ? Cet ouvrage se penche sur ces questions en accordant une attention particulière aux perceptions et aux représentations. Il explore la vision que la Russie a de l'étranger en la confrontant à la réalité de la place qu'elle tient sur la scène internationale ainsi qu'aux regards portés sur elle par le monde extérieur. En croisant ces différents regards, il a pour but de contribuer à la compréhension de la trajectoire russe.
Charles Darwin, Lord William Kelvin, Linus Pauling, Fred Hoyle, Albert Einstein : cinq scientifiques hors du commun qui ont accompli des découvertes scientifiques considérables. Mais également cinq hommes qui se sont aussi, souvent en même temps, parfois lourdement, fourvoyés sur certains sujets. Charles Darwin n'a pas bien évalué les effets de " dilution " dans la transmission des caractères génétiques ; Lord Kelvin a largement sous-évalué l'âge de la Terre ; Linus Pauling s'est fait " coiffer au poteau " dans la découverte de la structure de l'ADN par Jim Watson et Francis Crick ; Fred Hoyle fut un partisan irréductible de la théorie de l'Univers stationnaire ; enfin, Einstein créa une constante cosmologique pour une mauvaise raison. Il ne s'agit pas d'énumérer les erreurs de ces grands hommes, mais bien plutôt de constater et d'analyser les conséquences bénéfiques de ces errements : la théorie de l'évolution de Darwin fonde la génétique moderne ; Kelvin enseigne à ses successeurs comment utiliser la thermodynamique en astronomie et en géologie ; Linus Pauling introduit superbement les considérations chimiques en biologie ; Fred Hoyle démontre les bienfaits et les limites des approches scientifiques qui se démarquent des théories " à la mode " et, curieusement, au lieu d'être une erreur, l'introduction de la constante cosmologique par Einstein s'avère extraordinairement bénéfique. C'est à une véritable enquête policière, qui dévoile de nombreux aspects jusque-là ignorés de l'histoire des sciences, que s'est consacré l'astrophysicien Mario Livio, qui expose ici de façon originale et vivante les chemins parfois tortueux empruntés par la recherche scientifique.
C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos ! Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ? Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance). Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc. , il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain. L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.