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L'historien de l'art. Conversation dans l'atelier
Recht Roland ; Callu Agnès
ATELIER CONT
24,99 €
Épuisé
EAN :9791092444551
Cet ouvrage obéit tout ensemble aux pratiques des sciences sociales et à l'exercice biographique. Il mixe l'aléatoire d'un parcours singulier et les jalons d'une trajectoire académique exemplaire, et prend le parti de la micro histoire pour tendre à la démonstration de problématiques générales, sous la forme d'une "conversation d'entre soi". Libre, elliptique, à l'écart des censures, spontané dans le flux ou le silence, adroit pour arpenter les champs personnels sans rien dévoiler d'une vie privée, l'opus s'engage dans un récit à deux voix où le témoignage cède devant une analyse historique et historiographique "grand angle" de l'Histoire de l'art. Conduit au coeur du bureau devenu atelier mais multiscalaire lorsque le JE fait valeur pour cette pratique spécifique de l'histoire, ce dialogue propose les lignes et les courbes d'une vie intellectuelle qui traverse un second XXe siècle autant qu'elle le modèle et s'en saisit pour l'étude.
Roland Recht a partagé son activité entre la direction de musées et l'université. Ses intérêts l'ont porté aussi bien vers l'art médiéval que vers celui de ses contemporains. En 2001, le Collège de France a créé à son intention une chaire d'Histoire de l'art européen médiéval et moderne et en 2003 il a été nommé membre de l'Institut. "L'histoire de l'art a depuis quelques décennies considérablement élargi son champ épistémologique. Elle a fini par tirer parti du développement des sciences humaines et ouvrir ses frontières à des disciplines connexes. Mais son objet, par définition, appartient au passé, et son regard, pour se déployer, doit mettre cet objet en perspective, le tenir à distance. Or quand il se penche sur les artistes de son temps, Roland Recht s'adonne non seulement brillamment au genre de la critique, mais il le fait en outre avec la profondeur de l'historien; le retournement du discours sur son propre point de vue, dont cet exercice nous présente un exemple accompli, nous semble éminemment fécond." C'est ainsi que Henry-Claude Cousseau présente les essais publiés entre 1987 et 2007 par Roland Recht et réunis ici pour la première fois. Textes de commande parfois, ou encore liés à des expositions que l'auteur a organisées, ils témoignent d'une remarquable cohérence. De Marcel Broodthaers à Jean-Luc Godard, Roland Recht montre en quoi toute ?uvre forte et singulière se présente comme un hiéroglyphe où les images s'emboîtent dans d'autres images, hiéroglyphe dont le critique ne peut pas prétendre épuiser la signification, mais dont il doit, patiemment, appréhender la configuration.
Recht Roland ; Périer-D'Ieteren Catheline ; Griene
Bien avant de s'affirmer comme une entité politique, l'Europe s'est distinguée par une intense circulation des biens et des personnes. On oublie trop souvent que les routes commerciales et autres voies navigables ont été empruntées très tôt par des artistes, des ?uvres d'art et de riches commanditaires désireux de satisfaire leur appétit du beau. ?uvres connues et moins connues donnent un aperçu de cet "espace européen de l'art et des idées" qui existait déjà à l'aube du Moyen Age. Par le biais d'?uvres remarquables et souvent spectaculaires, Le grand atelier illustre diverses facettes et de multiples formes de cette interaction artistique. L'ouvrage couvre une longue période de l'histoire de l'art, depuis le Ve siècle - la chute de l'Empire romain d'Occident - jusqu'au XVIIIe siècle - la naissance des premiers grands musées; évoquant plus de 300 ?uvres provenant d'une bonne centaine de collections européennes. Les textes du catalogue sont de la plume de quelques sommités européennes de l'histoire de l'art.
Résumé : L'art est une manifestation de la pensée : trouver la signification de cette pensée, tel est l'objectif que s'assigne l'historien, animé par le besoin d'interpréter le passé et, par conséquent, de lui redonner vie. Ce sont les deux phénomènes que Roland Recht se propose d'analyser : ce que l'art médiéval a de propre, et ce que l'art des siècles suivants lui a trouvé de singulier. Parmi les manifestations de la pensée gothique, l'auteur étudie la genèse du portrait individuel et la découverte de la nature, innovations que les historiens modernes ont revendiquées pour la Renaissance mais dont l'auteur observe dans l'art des siècles précédents les signes annonciateurs. Dans une seconde partie, l'auteur expose ce qu'il entend par la "révolution gothique" ainsi que les signes d'une véritable "rupture" avec l'antique. Il évoque ensuite la réévaluation de l'architecture gothique au XVIIIe siècle alors que, au siècle suivant, l'opposition entre architecture antique et architecture gothique est relayée par une volonté d'inscrire celle-ci dans une histoire continue de l'art, en lui concédant le rôle de "modèle théorique" et d' "attribut national". C'est à une relecture fine de la pensée gothique et de son héritage que Roland Recht convie le lecteur dans cet ouvrage qui couvre 900 ans de création artistique.
Résumé : C'est ainsi que j'érige les idoles polymères, chimie sophistiquée de l'être au monde. Elles me parlent comme je leur parle, une harangue de sourds-muets dans le silence peuplé du rien à dire. Que font-elles ? Elles gesticulent. Elles gesticulent pourquoi dire, pourquoi faire, je ne le sais pas, pour rien. Et pourtant ce rien dit quelque chose. Il a pris corps pour tout dire du rien à dire après tout très loquace. OEuvre atypique que celle Jean Claus - non seulement du fait de l'ancrage régional de l'artiste, qui tient résolument son Journal d'un Vosges-trotter, mais aussi et surtout de l'inspiration baroque de sa peinture et de sa statuaire. Tableaux de couples nus s'égayant dans des cieux pastel, sculptures de corps androgynes en suspension acrobatique, monuments copulatifs, oratoires, reliquaires, autels domestiques, vaisseliers... : autant dire que la visite de son atelier - ou de son "garde-meubles", selon le mot de l'artiste - vaut pour une exploration de l'inclassable. Et que, face à l'irrésistible légèreté de cet art, qui balance entre l'anachronisme riant de ses sujets et l'ironique modernité de ses matériaux, c'est le spectateur, pour finir, qui ne sait plus sur quel pied danser.
des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; Bettenco
Prolongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.
Résumé : Le récit biblique de la mésaventure de la chaste Suzanne calomniée par un quarteron de vieillards lubriques a donné lieu à maintes illustrations picturales ou littéraires. Il est devenu un véritable topos dans la culture occidentale. Le texte, ici offert au lecteur, s'inspire bien de la légende, mais sur le mode de la dérision, de la fabulation grotesque, érotique et fantasmatique. Suzanne se fait complice des regards qui assaillent sa pudeur, et les vieillards, tout entier réduits à leur impuissance de croûtons, basculent dans un délire de luxure collective. Le manuscrit original de ce récit est reproduit in extenso.
A l'appel d'une voix chère, une femme se réveille dans une chambre d'hôpital. Elle se met en chemin. Dehors, le monde sort d'un cataclysme ; la vie reprend ses droits, parcimonieuse, précaire. Guidée par son intuition et le désir de retrouver une présence qu'elle n'a peut-être que rêvée, cette femme amnésique gagne la campagne, fait de brèves rencontres, s'endort dans une forêt. Son voyage, de station en station, prend une allure initiatique. Le mystère qui traverse le premier roman de Livane Pinet n'est pas de ceux qui se résolvent au bout d'un récit à suspense ou qui s'éclairent d'une lecture par clefs. Ce mystère, poétique, est celui d'un face-à-face avec une présence qu'on ne sait déchiffrer et dans laquelle on devine cependant comme une traduction de l'essence même des choses. L'innocence de son héroïne ouverte à tous les signes, livrée à toutes les atteintes d'un monde au bord de la catastrophe, et s'avançant pourtant sans crainte à sa rencontre, ressemble à une page blanche sur laquelle s'inscrit la difficile leçon d'un univers dont se révèle surtout l'opacité.