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Revoir le Moyen Age. La pensée gothique et son héritage
Recht Roland
PICARD
39,00 €
Épuisé
EAN :9782708410183
L'art est une manifestation de la pensée : trouver la signification de cette pensée, tel est l'objectif que s'assigne l'historien, animé par le besoin d'interpréter le passé et, par conséquent, de lui redonner vie. Ce sont les deux phénomènes que Roland Recht se propose d'analyser : ce que l'art médiéval a de propre, et ce que l'art des siècles suivants lui a trouvé de singulier. Parmi les manifestations de la pensée gothique, l'auteur étudie la genèse du portrait individuel et la découverte de la nature, innovations que les historiens modernes ont revendiquées pour la Renaissance mais dont l'auteur observe dans l'art des siècles précédents les signes annonciateurs. Dans une seconde partie, l'auteur expose ce qu'il entend par la "révolution gothique" ainsi que les signes d'une véritable "rupture" avec l'antique. Il évoque ensuite la réévaluation de l'architecture gothique au XVIIIe siècle alors que, au siècle suivant, l'opposition entre architecture antique et architecture gothique est relayée par une volonté d'inscrire celle-ci dans une histoire continue de l'art, en lui concédant le rôle de "modèle théorique" et d' "attribut national". C'est à une relecture fine de la pensée gothique et de son héritage que Roland Recht convie le lecteur dans cet ouvrage qui couvre 900 ans de création artistique.
Roland Recht a partagé son activité entre la direction de musées et l'université. Ses intérêts l'ont porté aussi bien vers l'art médiéval que vers celui de ses contemporains. En 2001, le Collège de France a créé à son intention une chaire d'Histoire de l'art européen médiéval et moderne et en 2003 il a été nommé membre de l'Institut. "L'histoire de l'art a depuis quelques décennies considérablement élargi son champ épistémologique. Elle a fini par tirer parti du développement des sciences humaines et ouvrir ses frontières à des disciplines connexes. Mais son objet, par définition, appartient au passé, et son regard, pour se déployer, doit mettre cet objet en perspective, le tenir à distance. Or quand il se penche sur les artistes de son temps, Roland Recht s'adonne non seulement brillamment au genre de la critique, mais il le fait en outre avec la profondeur de l'historien; le retournement du discours sur son propre point de vue, dont cet exercice nous présente un exemple accompli, nous semble éminemment fécond." C'est ainsi que Henry-Claude Cousseau présente les essais publiés entre 1987 et 2007 par Roland Recht et réunis ici pour la première fois. Textes de commande parfois, ou encore liés à des expositions que l'auteur a organisées, ils témoignent d'une remarquable cohérence. De Marcel Broodthaers à Jean-Luc Godard, Roland Recht montre en quoi toute ?uvre forte et singulière se présente comme un hiéroglyphe où les images s'emboîtent dans d'autres images, hiéroglyphe dont le critique ne peut pas prétendre épuiser la signification, mais dont il doit, patiemment, appréhender la configuration.
Ce livre traite pour la première fois de la richesse des paysages monumentaux du Rhin, depuis les Alpes centrales jusqu'au delta de la mer du Nord. Les frontières entre les pays qui bordent le fleuve s'effacent au profit des relations artistiques ou de la circulation intense des artistes et des oeuvres de part et d'autre de ses rives, depuis la conquête romaine jusqu'à l'éclectisme du XIXème siècle. Après une introduction consacrée à la structure physique et géographique des régions rhénanes et à leur histoire mouvementée, l'auteur retrace l'histoire de l'art qui se déploie le long des mille trois cent vingt kilomètres. Le corps de l'ouvrage est consacré à un itinéraire qui nous mène de Disentis à Delft, des basiliques ottoniennes aux résidences princières, des sculptures romaines aux reliquaires gothiques, des Primitifs de Cologne aux peintres baroques. Chaque oeuvre d'art - architecture, décor sculpté ou peint, peinture, orfèvrerie, tapisserie - est resituée dans son contexte historique et fait l'objet d'une présentation synthétique qui rend compte des recherches les plus récentes. Grâce aux illustrations en couleurs, pour la plupart inédites, réunies dans ce livre, se déploie un panorama d'une richesse exceptionnelle, qui nous fait accéder à la véritable mémoire culturelle et artistique de l'Europe.
Le siècle carolingien a été court. L'ordre politique et social se disloqua et sombra après 880. Ce naufrage ne peut abolir le projet de société que les clercs avaient élaboré. Dans ce schéma, la religion cimentait toute la construction sociale. Par le baptême reçu dans les premiers mois de la vie, l'enfant devient simultanément fils de l'Église et sujet de l'Empire. Tous apprennent le Notre Père et le Credo, symboles d'adhésion à la foi officielle. Les uns ont reçu la tonsure monastique ou cléricale et renoncé au mariage et au monde. Les laïcs se marient, mais désormais ils doivent choisir leur femme en dehors de leur parenté et la garder quoi qu'il arrive. Les nobles, qui ont reçu une éducation militaire et religieuse plus soignée, comme l'a décrite la princesse Dhuoda, conduisent les affaires du monde et font la guerre. Ces grands échappent à l'autorité de leur curé, qui s'exerce sans partage sur les paysans de sa paroisse. Pour eux, la dîme; messe et repos obligatoires, le dimanche; communion aux grandes fêtes après des jours de jeûne et de pénitence. L'évêque, le comte et les missi surveillent la pratique. Les récalcitrants sont soumis à la pénitence publique ou excommuniés. Cet aspect totalitaire et coercitif s'avère le plus déplaisant de la chrétienté carolingienne. Mais les germes d'évolution apparaissent. Le développement du culte des saints et des reliques, des pèlerinages, les premières étapes de la piété mariale, constituent autant d'amorces qui s'épanouiront plus tard. Encore fragiles, mais riches de promesses, les balbutiements d'une spiritualité du mariage, les progrès de la confession, la pratique de la communion plus fréquente, autant de germes d'une piété laïque plus personnelle et plus autonome. La chrétienté carolingienne est bien la mère encore rude de la chrétienté médiévale, qui deviendra plus humaine et plus raffinée. Charlemagne apparaît dans la mémoire des hommes l'idéal du prince catholique et son empire, le modèle de la société chrétienne. Il faut attendre saint Louis, pour que les hommes conçoivent un roi plus chrétien et une société plus évangélique.
Le sujet est vaste et nouveau. Les bronzes dorés français du XVIIIe siècle, dits bronzes d'ameublement ou d'or moulu, sont de plus en plus recherchés et appréciés. Aucune étude d'ensemble n'a été écrite à leur propos et les sources publiées sont rares. Quelques articles, trois ou quatre monographies, des rassemblements d'images, un dictionnaire des bronziers limité aux lettres A-C, tout cela plus ou moins périmé, tel est le bilan. Il fallait un manuel. Le voici. Annoncé et attendu depuis de nombreuses années, ce livre résulte d'un long mûrissement du sujet, d'un travail approfondi, d'une solide expérience, d'une réunion unique de documents inédits, la plupart donnés en index. L'auteur eut la chance d'être pendant trente ans conservateur du département des objets d'art au Louvre, dont il a accru souvent avec éclat les très riches collections, en même temps qu'il en renouvelait la connaissance et l'étude. Par sa formation de chartiste et par son contact quotidien avec les ?uvres d'art, il a su allier l'érudition du savant et le flair de l'amateur. Ses travaux sur l'art décoratif de Paris et de Versailles au XVIIIe siècle nous ont valu des volumes sur le mobilier français, les collections royales, le château de Versailles, la manufacture de Sèvres, la manufacture de la Savonnerie, qui tous font autorité dans le monde des collectionneurs, des historiens et du commerce international. Le présent manuel s'inscrit dans la même lignée.