Le septième tome de l'Histoire naturelle, générale et particulière (1758), poursuit la description des animaux sauvages de France, et conformément au plan annoncé, Buffon et Daubenton s'intéressent ici à des espèces qui ont de moins en moins d'intérêt pour l'homme. Une grande partie du volume est ainsi consacrée à la série des " animaux carnassiers ", dont une dizaine d'espèces sont traitées (notamment le loup et le renard). Le plan de l'ouvrage devient ensuite plus difficile à cerner, et à la fin de ce tome, comme dans le suivant, Buffon va aborder des espèces sans ordre particulier, en commençant par divers rongeurs (l'écureuil, le rat, etc.). Comme les volumes précédents, celui-ci vise à la fois à la précision des données, à la qualité du style et à la recherche des vues générales. A cet égard, le texte introductif, " Les animaux carnassiers ", offre à Buffon l'occasion de revenir sur d'importantes questions scientifiques et philosophiques, comme celle des fonctions cérébrales, et de poursuivre son dialogue avec Rousseau sur le rapport entre la nature humaine et la société.
Ce troisième tome de l'Histoire naturelle comprend les premières contributions de Daubenton à cet ouvrage, à savoir la présentation des objets d'anatomie humaine conservés au Cabinet du Roi, document inestimable pour l'histoire de l'anatomie, mais aussi pour celle des collections naturalistes et de la théorie muséologique, qui connaissent précisément des transformations considérables au milieu du XVIIIe siècle. Dans la seconde partie du volume, Buffon achève l'Histoire naturelle de l'Homme entamée dans le volume 2, en abordant le problème des sens et de leur importance dans l'acquisition des connaissances, et en offrant un vaste panorama de la variété des hommes, Il entreprend à cette occasion de démontrer l'unicité de l'espèce humaine.
Avec le sixième tome de l’Histoire naturelle, générale et particulière (1756), s’achève la série des quadrupèdes domestiques : le chat, le plus indocile d’entre eux, « domestique infidèle », forme la transition, en quelque sorte, avec la série suivante, celle des animaux sauvages de France. Buffon, fidèle aux principes énoncés dans le Premier Discours de 1749, commence par traiter des espèces les plus utiles à l’homme, c’est-à-dire, du point de vue d’un grand seigneur du xviiie siècle, les animaux que l’on chasse. Cinq d’entre eux figurent dans ce volume : le cerf, le daim, le chevreuil, le lièvre et le lapin. Chacun offre l’occasion à l’écrivain de séduire un large public par la qualité du style, et au savant et philosophe d’élever l’esprit de la collection de faits aux réflexions générales sur la nature. L’exactitude des descriptions de Daubenton et la richesse de l’illustration témoignent de leur côté du double dessein de l’entreprise, l’agrément et l’instruction.
Je vis une belle figure, noble et calme. Malgré son âge de soixante-dix-huit ans, on ne lui en donnerait que soixante ; et ce qu'il y a de plus singulier, c'est que venant de passer seize nuits sans fermer l'?il, et dans des souffrances inouïes, il était frais comme un enfant, et tranquille comme en santé. On m'assura que tel était son caractère. Jamais d'humeur, jamais d'impatience. Il était frisé lorsque je le vis, quoiqu'il fût malade ; c'est là une de ses manies, et il en convient. Il se fait mettre tous les jours des papillotes, qu'on lui passe au fer plutôt deux fois qu'une ; du moins, autrefois, après s'être fait friser la matin, il lui arrivait très souvent de se faire encore friser pour souper. On le coiffe à cinq petites boucles flottantes. Il avait une robe de chambre jaune, parsemée de raies blanches et de fleurs bleues. (Hérault de Séchelles, Voyage à Montbard.)