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Tarédant. Sous protectorat
Bouganim Ami
AVANT PROPOS
20,95 €
Épuisé
EAN :9782390000280
Tarédant passe pour la ville la plus neurasthénique du Maroc. Elle est accablée par les vents qui ballottent ses habitants, les vagues qui menacent de l'engloutir, les crabes géants qui hantent ses côtes. En revanche, elle se délecte du lourd anathème sous lequel les religions persistent à la maintenir et s'en remet à la protection du saint local, Menkor Zal, digne héritier du très vénéré Rabbi Baruch Espinosa enterré sur les lieux. La ville ne résiste aux calamités qui la menacent que parce qu'elle se prend pour la plus géniale au monde et qu'elle excelle dans l'insigne art de la simulation politique. Tarédant accueille son prince, de retour de l'on ne sait quelle expédition romantique, pour une nouvelle ère de lubies et de leurres, de réalisations et de déboires. Elle reçoit dans son sillage toutes sortes de personnages dont certains sortent des livres où ils mènent leurs scabreuses aventures, et d'autres s'arrachent aux divans où ils déballent leurs glauques histoires. Ses habitants s'accommodent tant bien que mal des abus, des chantages et des extorsions de son gouvernement princier quand les Français décident de faire de leur cité une station balnéaire pour leurs militaires et leurs artistes. Ce sont alors tous les esprits qui s'excitent, les aliénés qui se révoltent, la chronique de la ville qui déraille et son auteur, encore plus taré que le commun des Rédanais, qui délire dans tous les sens.
Tarédant est une pauvre ville miteuse située sur une presqu'île du sud marocain, balayée de vents virulents et menacée de toutes sortes de catastrophes naturelles et surnaturelles. Ses habitants se prennent pour les êtres les plus géniaux de la terre. Leurs moeurs, pour le moins étranges, seraient les plus évoluées ; leurs croyances, plutôt insolites, les plus véridiques ; leurs comportements, plus farfelus que normaux, les plus nobles. Ils n'ont pas d'écrits parce que l'écriture les rebute ; ils n'ont pas d'écoles parce que rien n'encroûte autant l'esprit que la scolastique. Les musulmans les considèrent comme des déments et les juifs comme des hérétiques. Les uns les évitent pour ne pas être contaminés par eux ; les autres les accablent d'anathèmes. Malgré cela, ils n'épargnent rien pour remplir leur mission et propager le menkorisme, variété de la kabbale, préconisant le culte du vent, la protection des aliénés et la phobie du crabe.
Ces sept nouvelles évoquent le quartier juif de Fès dans les années 20-30, immédiatement après l'arrivée des Français au Maroc. Elles restituent l'atmosphère d'un espace clos où la proximité et l'intimité créent des situations cocasses, où les rumeurs sont instigatrices des échanges et des démêlés entre les habitants. Ces Juifs fascinés par les lumières de la civilisation, balancent entre moeurs nouvelles et coutumières. S'ils ironisent sur les nouveaux modes de comportement et les sacro-saintes règles du protocole, ils ne savent plus qui gouverne le Maroc et à qui s'en remettre pour leur protection, partagés entre le respect de leurs rites séculaires et la tentation de la modernité. L'ambiance particulière au quartier juif est propice à des récits à plusieurs voix, qui restituent disputes et réconciliations entre des personnages plus originaux (voire fantasques) les uns que les autres.
Résumé : Il n'est venu de si loin, de la France d'exil, que pour enterrer sa mère à Mogador où, berbère, elle était née. Où, peut-être, elle l'avait engendré, lui, l'enfant sans père, le fils du vent, le bâtard. Avocat, spécialiste de droit international, il devrait très vite rentrer à Paris, y retrouver les farces dérisoires de la justice, mais dans le labyrinthe des ruelles serrées de Mogador, il s'enlise, s'englue jusqu'à devenir le disciple de Si Mohand, charmeur de mouettes et de goélands, qui arpente la casbah et nourrit les oiseaux. J'étais sur le point de quitter Mogador, Si Mohand, sans l'avoir vraiment connue, quand je vous ai vu pour la première fois. Vous étiez sur le front de mer, en tenue de muezzin, vêtu de la longue tunique noire qui vous tombe aux chevilles. Vous brandissiez un bâton en poussant des cris. Un premier goéland s'est présenté, suivi d'une mouette, et en quelques minutes, vous étiez entouré d'oiseaux. Ils affluaient de toutes parts, répondant à vos appels. Il en était même pour se poser sur vos épaules, arrachant de vos mains les viscères de poissons que vous leur tendiez.
La société israélienne est dans une impasse. Non pas à cause du conflit israélo-palestinien, premier dogme renversé, ni d?une crispation identitaire, second, mais en raison de lignes de rupture plus profondes, que cet essai comprend finement dans le cadre de l'évolution du judaïsme contemporain. La tension entre le « philistinisme », consumérisme effréné coupé de toute spiritualité et projet de vie en commun, et un judaïsme à la fois théocratique et anarchiste, est à l'origine de cette dynamique délétère dont l'issue pourrait s'avérer fatale à l'État d'Israël. Car la « disparition d'Israël », ce n'est pas tant sa disparition physique que la fin de l?espoir d'une société nouvelle, basée à la fois sur la tradition religieuse et éthique juive et sur un socialisme à visage humain organisé autour du kibboutz. L'échec de ce projet anime la colère d'Ami Bouganim, qui considère que sa société doit revoir certains des dogmes fondamentaux sur laquelle elle s'est fondée, notamment sa prétendue homogénéité, ou cette idée qu?il n?y a de salut pour les juifs qu?en Israël. S?inspirant du sionisme culturel, l?auteur appelle ainsi à une redéfinition des rapports entre la diaspora et Israël. Contre la tendance national-religieuse qui place la loi juive au-dessus de l?État, forme moderne du pharisianisme antique, il propose aussi de revenir à un sadducianisme, orientation religieuse moins radicale et ouverte à la forme moderne de l?État et de la raison.
Quelle que soit son issue, la crise grecque laissera des traces. Dans le contexte créé par la gestion déficiente de cette crise, les « anti-euro » traditionnels redonnent de la voix et de nouveaux « abolitionnistes » se font entendre.
De la Grand-Place de Bruxelles à la Hauteville House sur l'île de Guernesey, Victor Hugo en exil entraînera le lecteur dans le sillage de l'écrivain proscrit à travers des témoignages manuscrits exceptionnels qui illustrent l'extraordinaire production littéraire de Victor Hugo.