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Style. Un mot et des discours
Bordas Eric
KIME
26,40 €
Épuisé
EAN :9782841744541
Ce livre voudrait faire le point sur nos usages contemporains du mot style, tant en emploi populaire, spontané ou travaillé, qu'en emploi savant spécialisé. Le corpus est d'abord la langue française du début du XXIe siècle, telle qu'on la pratique, la parle et l'écrit dans les livres, à la télévision ou sur Internet. L'objet d'étude est l'usage général d'un mot, d'un mot-repère de notre culture, à l'entrecroisement de pratiques discursives dont la diversité et la dispersion font sens et valeur - entrecroisement que l'on pensait, jadis, comme le lieu même de l'idéologie. Le mot style est envisagé dans quelques-unes des scénographies sociales les plus riches, soit les plus sollicitées, quantitativement, par les sujets parlants du début du XXIe siècle : discours scolaire, discours universitaire, discours médiatique, discours commercial, discours politique.
Résumé : Cet ouvrage propose une série de mises au point théoriques, sous forme de synthèses, chacune accompagnée d'exemples, sur les principales notions qui constituent la base de toute analyse littéraire : la figure de l'auteur, la notion de personnage, la production du récit, etc. Des notions qui sont aussi des repères pour permettre d'interroger cette lisibilité qui fait d'un texte une oeuvre.
Indiana raconte l'histoire d'un sujet qui cherche à devenir un individu, dans la souffrance, et qui renonce à toute vélléité d'existence, brisé par le manque de liberté. Mais Indiana est surtout un roman qui joue du romanesque, noir ou blanc, pour dénoncer une certaine forme d'impossibilité du romanesque. Le romanesque d'Indiana n'est pas viable, et son histoire tourne court, commentée et achevée dans l'antiroman du mythe. Indiana est ressortie de l'Histoire, définie comme une perception individuelle du temps collectif, au moment même où elle y entrait : son destin avorte dans la non-résolution. La conclusion d'Indiana n'emprunte à l'utopie que sa poétique et le cadre de son énonciation : ce n'est pas une fin heureuse, mais une fin irrémédiablement inscrite dans la mélancolie des sujets et des choses, dans le renoncement à la passion, impossible avec un être comme Raymon, mais aussi avec Ralph, et au romanesque". Eric Bordas.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.