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Mayotte en France. Enjeux et tensions
Bonin Hubert
INDES SAVANTES
35,00 €
Épuisé
EAN :9782846544771
Comment un petit territoire s'est-il construit sa propre histoire ? Des historiens se sont spécialisés dans cette histoire de Mayotte et de son environnement, de l'océan Indien à la côte orientale de l'Afrique. L'Histoire doit donc nourrir des réflexions sur l'identité historique de Mayotte, sur ses caractéristiques propres par rapport à La Réunion ou Maurice, par exemple. On ne peut que songer à la notion de "modèle". Est-ce que Mayotte va être capable de concevoir sa propre stratégie de développement et d'intégration, de mettre à jour sa propre "philosophie" sociétale, en vue de cimenter la cohésion de sa société, et de faire mûrir un champ culturel varié, "exotique" donc original, par rapport à l'américanisation ambiante des codes culturels ou à un risque de "métropolisation" ? Des îles (ou archipels) peuvent être érigées en "modèle" : le modèle cubain tout d'abord (communisme), bien sûr, le modèle Fidji (instabilité et incertitude), le modèle Maurice (démocratie, pluralisme ethnique et esprit d'entreprise), le modèle Seychelles-Sainte-Barthélémy (terrain de loisirs pour bourgeoisies moyenne et supérieure), le modèle Jersey-Guernesey-Bahamas (off-shore financier et fiscal), etc. D'autres îles-archipels français (Guadeloupe, Martinique, Réunion) peuvent bien sûr eux aussi nourrir le débat, sauf à parler de "contremodèle" à leur propos (dépendance vis-à-vis des subsides de la Métropole, inégalités fortes, urbanisation et déclin d'une économie rurale autonome, etc.).
Chaque grand port a été riche de dynasties familiales qui ont créé et développé l'économie maritime et porté l'esprit d'entreprise et du profit sur les marchés ultramarins, coloniaux ou non. Bordeaux a bénéficié de plusieurs générations de familles qui ont défriché les territoires du négoce. Sans s'occuper de vin, en dehors de quelques vignobles, quatre à cinq générations de la famille Faure (avec leur maison Faure frères) sont devenus des acteurs de l'économie du rhum, du sucre, de l'océan Indien et des Antilles, ainsi que de l'armement maritime. Grâce à des archives de la famille, de banques et d'entreprise, leur parcours est reconstitué selon les règles de l'histoire d'entreprise (business history) avec sens critique et comparaisons. La position sociale des Faure sur la place de Bordeaux est également évaluée, par le biais des alliances matrimoniales et des croyances protestantes, des réseaux relationnels, des postes obtenus dans les institutions locales, en une contribution à l'histoire sociale du patronat et de la grande bourgeoisie régionale. La firme aura résisté aux nombreux soubresauts de la conjoncture, mais pas au krach des rhums qui frappe Bordeaux en 1931, et les efforts de reconversion auront manqué d'ampleur. Mais des Faure auront été ainsi mobilisés des années 1790 aux années 1950 en un beau cas d'étude du capitalisme familial européen. Et la famille a fourni une documentation iconographique qui illustre bien les étapes de cette histoire.
La France a sans cesse exalté la mémoire de sa puissance maritime, qu'elle ait épaulé sa puissance militaire, contribué à ses échanges commerciaux et enfin qu'elle ait servi de support logistique au déploiement des deux empires coloniaux successifs, y compris pour la traite des Noirs, puis pour entretenir l'espace économique de "la plus grande France" . L'effondrement des empires coloniaux, la concurrence des chantiers navals asiatiques, le rayonnement des pavillons de complaisance bénéficiant de conditions sociales et fiscales alléchantes, la révolution des porte-conteneurs, puis la globalisation et la reconfiguration des principales lignes de flux de biens de consommation et d'équipement ont remis en question la force maritime des pays européens classiques. Le "patriotisme économique" a poussé les parties prenantes (Etat, ports, armateurs, métiers portuaires, logisticiens, chantiers navals) à préserver des positions compétitives au nom des rapports de force "géoéconomiques" . L'ouvrage précise ces enjeux généraux, ainsi que les politiques volontaristes des acteurs impliqués, publics ou privés. Le livre scrute ensuite une douzaine de secteurs où les enjeux de la puissance économique maritime sont concernés. Il analyse l'évolution de chaque secteur et les concepts de compétitivité, de rapports géoéconomiques et donc in fine de puissance économique.
Bordeaux et la Gironde ont participé intensivement à l'effort de guerre. Mais il faut réorienter le système productif vers l'économie de paix, réintégrer les soldats démobilisés, gérer les nombreux réfugiés et renouer avec une politique sociale. Le départ des troupes américaines laisse derrière elles des installations (logements, industries) considérables. On discute de la compétitivité du port, de la réouverture internationale du négoce du vin et de la remise à niveau des services publics. Mais il faut d'abord renouveler le processus démocratique, d'où une série d'élections locales et nationales (avec une majorité clémenciste) et l'apparition de nouvelles figures (comme Mandel). Malgré l'épidémie de grippe espagnole, les responsables renouent avec une politique culturelle, tandis que l'Université redéfinit ses missions. Grâce à des fonds d'archives publics ou privés et à la presse, des approches novatrices enrichissent la perception de la confrontation entre l'histoire nationale et l'histoire locale, en donnant un sens aux initiatives girondines.
Jusqu'à présent, on connaît de Bordeaux essentiellement la vie de son port, de ses négociants, de son Pavé des Chartrons, riche des grandes dynasties bourgeoises à cheval sur l'armement maritime, le négoce, le vin, le rhum des Antilles. Or cette cité-port a été aussi un pôle industriel, sans pour autant animer une région industrielle comme les grands ensembles français. Un système productif s'y est bel et bien constitué pendant la première révolution industrielle, en étroite liaison avec la vie du port, bien entendu. Il s'agit donc ici de jauger l'épaisseur de ce terreau industriel girondin ; d'apprécier comment des "jeunes pousses" y ont éclos, portées par l'importation de technologies ou enrichies d'innovations locales ; de mesurer les rythmes de croissance des différentes branches d'activité. Certes, la consommation des classes aisées a structuré une demande pour des productions spécifiques ; et les outre-mers, coloniaux ou non, ont alimenté plusieurs secteurs représentatifs de cette économie ouverte aux flux atlantiques. Mais des industries semi lourdes y ont animé le souffle de l'investissement, dans les chantiers navals, dans la métallurgie, dans la mécanique. Ici aussi, la machine à vapeur est devenue la reine de l'expansion ! Et l'agglomération s'est hérissée de cheminées, tandis que les usines se tapissaient dans le tissu des rues traditionnelles, avant de glisser vers des pôles à la périphérie. Grâce à des archives publiques inédites, à une mobilisation des publications des historiens et des érudits passionnés d'industrie, l'ouvrage bouleverse la perception de l'histoire économique et patrimoniale de Bordeaux. Chaque chapitre, enfin, est enrichi d'un corpus d'illustrations.
Quand deux personnes se rencontrent dans un escalier, celle qui descend porte des souliers vernis et celle qui monte des sabots pleins de paille. Cet aphorisme était fort prisé dans les salons de la petite bourgeoisie des bourgs charentais au début du XXe siècle. Il illustre l'angoisse d'une classe sociale en déclin. Et Les Valentin en sont une magnifique expression littéraire. Il s'agit du premier roman de Pierre-Henri Simon, tout juste sorti de Normale Sup'. Il a 28 ans lors de sa publication. Son thème est l'histoire d'une famille déchirée dans une Saintonge marquée par la crise de l'entre-deux-guerres. Remarquables descriptions de notables ruraux dépassés par leur temps, atmosphère de gros bourg parfaitement rendue avec ses rites immuables qui pourtant se craquellent de partout, portraits forts évocateurs de ceux qui montent comme de ceux qui descendent, de ceux qui tentent de s'en accommoder comme de ceux qui résistent, ce premier roman est une réussite qui augure pleinement de la profondeur de vision de l'?uvre à venir. Le personnage le plus saisissant est celui d'une petite Antigone de village qui, pour sauver quelques bribes de la tradition, se voit destinée par sa famille à un mariage qu'elle rejette de tout son être. Elle tente d'abord d'échapper à la situation, elle fuit pour " faire la morte ", puis se ressaisit et fait face courageusement. La maison de famille devient alors un symbole de résistance et non plus un simple destin matériel.
Quatre années dans l'enfer : d'Artois en Champagne, de Verdun à la Somme, du Chemin des Dames aux derniers assauts allemands, une telle présence fait du médecin charentais Frédéric Massonnet un précieux témoin de l'indicible, lui qui fut chargé avec son "ambulance" d'évacuer blessés et morts-vivants des champs de bataille. Militaires apeurés ou excités-épileptiques, médecins orgueilleux ou loqueteux, état-major aux ordres inopérables, en passant par ses propres camarades, aumôniers au sacré caractère, soldats passifs et abrutis, le témoignage de l'aide-major Massonnet n'épargne personne. Pas de gloire ni de louange aux troupes, c'est ce qui fait de ce récit unique un manifeste contre la guerre car il existe peu d'écrits de poilus qui, à chaud, ont partagé ce point de vue, emportés qu'ils étaient dans la frénésie de l'engagement au "combat juste".
Présentation de l'éditeur Le 23 août 1905, les drapeaux de la ville de La Rochelle sont en berne. Un corbillard, suivi d un imposant cortège, mené par le maire et le préfet se dirige vers la cathédrale Saint-Louis. Sur le parvis, l évêque de La Rochelle et Saintes s apprête à célébrer les obsèques de l illustre défunt. Le lendemain 24 août, à Paris, une nouvelle cérémonie se déroule en l église Notre-Dame des Champs, en présence du président de l Académie des Beaux- Arts, du maire du 6e arrondissement, du président de la Société des Artistes français, de l ambassadeur d Allemagne, de Camille Saint-Saëns, de Gustave Charpentier et de tout ce que le monde de la peinture académique compte de célébrités. L homme auquel ces hommages sont rendus a pour nom William Bouguereau. Comblé d honneurs et bardé de décorations, il était considéré par beaucoup comme le plus grand peintre de son époque et régnait en maître sur le monde artistique français, bien que les critiques n aient cessé de décrier son inspiration et sa facture classique. Les Américains, qui adoraient sa peinture, lui achetaient ses oeuvres à prix d or. La plupart d entre elles se trouvent aujourd hui dans les collections privées et les musées américains. Moins de dix ans après sa mort, Bouguereau tombe dans un oubli total. Sa cote est au plus bas, son nom disparaît des encyclopédies spécialisées, ses toiles sont reléguées dans les réserves des musées, jusqu à ce que les Américains, encore eux, le redécouvrent avec bonheur, dans les dernières décennies du xxe siècle. Cette biographie d un peintre jadis célèbre et aujourd hui oublié dans son pays, est la première publiée en langue française depuis la mort de l artiste. Elle resitue Bouguereau dans son époque et offre au lecteur une passionnante description de la Belle Époque vue sous l angle de la peinture, avec ses rites, ses salons et ses conflits, notamment celui entre académistes et impressionnistes.
Plus de deux siècles après, l'idée folle de reconstruire à l'identique l'illustre frégate l'Hermione se réalise. L'Angoumois et le Périgord renouent ainsi avec l'époque glorieuse où les canons de la Marine, faits du fer, du bois et des eaux du haut bassin versant de la Charente, rejoignaient au fil du fleuve l'arsenal de Rochefort. Histoire passionnante que celle-ci, elle fait renaître des pans entiers d'une tradition locale trop oubliée qui a pourtant marqué ces provinces de son empreinte et structure aujourd'hui encore nombre de leurs paysages. C'est aussi l'histoire de ces canons qui, des côtes américaines à celles des Indes, vont faire trembler la flotte anglaise. Une véritable épopée où se croisent les destins du marquis de La Fayette, de George Washington et de ces glorieux marins que sont Latouche-Tréville à Rochefort ou Suffren à Toulon. Ce livre, parfaitement documenté et illustré, est le résultat de plusieurs années de recherches et de reconstitutions historiques menées par un groupe issu de la " Route des tonneaux et des canons ", en liaison avec l'association " Hermione-La Fayette ". C'est avec fougue qu'il raconte une prodigieuse aventure humaine où son lecteur devient le compagnon de ces hommes de haute race ou d'humble condition qui tous participent à une vaste entreprise : redonner son rang à la marine française et par là-même, grâce à ses " canons de la Liberté ", participer à la première victoire des Droits de l'Homme.