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De l'océan Indien aux Antilles, Faure frères. Une dynastie de négociants et armateurs bordelais (179
Bonin Hubert
INDES SAVANTES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782846544016
Chaque grand port a été riche de dynasties familiales qui ont créé et développé l'économie maritime et porté l'esprit d'entreprise et du profit sur les marchés ultramarins, coloniaux ou non. Bordeaux a bénéficié de plusieurs générations de familles qui ont défriché les territoires du négoce. Sans s'occuper de vin, en dehors de quelques vignobles, quatre à cinq générations de la famille Faure (avec leur maison Faure frères) sont devenus des acteurs de l'économie du rhum, du sucre, de l'océan Indien et des Antilles, ainsi que de l'armement maritime. Grâce à des archives de la famille, de banques et d'entreprise, leur parcours est reconstitué selon les règles de l'histoire d'entreprise (business history) avec sens critique et comparaisons. La position sociale des Faure sur la place de Bordeaux est également évaluée, par le biais des alliances matrimoniales et des croyances protestantes, des réseaux relationnels, des postes obtenus dans les institutions locales, en une contribution à l'histoire sociale du patronat et de la grande bourgeoisie régionale. La firme aura résisté aux nombreux soubresauts de la conjoncture, mais pas au krach des rhums qui frappe Bordeaux en 1931, et les efforts de reconversion auront manqué d'ampleur. Mais des Faure auront été ainsi mobilisés des années 1790 aux années 1950 en un beau cas d'étude du capitalisme familial européen. Et la famille a fourni une documentation iconographique qui illustre bien les étapes de cette histoire.
La France a sans cesse exalté la mémoire de sa puissance maritime, qu'elle ait épaulé sa puissance militaire, contribué à ses échanges commerciaux et enfin qu'elle ait servi de support logistique au déploiement des deux empires coloniaux successifs, y compris pour la traite des Noirs, puis pour entretenir l'espace économique de "la plus grande France" . L'effondrement des empires coloniaux, la concurrence des chantiers navals asiatiques, le rayonnement des pavillons de complaisance bénéficiant de conditions sociales et fiscales alléchantes, la révolution des porte-conteneurs, puis la globalisation et la reconfiguration des principales lignes de flux de biens de consommation et d'équipement ont remis en question la force maritime des pays européens classiques. Le "patriotisme économique" a poussé les parties prenantes (Etat, ports, armateurs, métiers portuaires, logisticiens, chantiers navals) à préserver des positions compétitives au nom des rapports de force "géoéconomiques" . L'ouvrage précise ces enjeux généraux, ainsi que les politiques volontaristes des acteurs impliqués, publics ou privés. Le livre scrute ensuite une douzaine de secteurs où les enjeux de la puissance économique maritime sont concernés. Il analyse l'évolution de chaque secteur et les concepts de compétitivité, de rapports géoéconomiques et donc in fine de puissance économique.
Tandis que les hommes, les matériels et les esprits sont mobilisés pour tenir bon face aux offensives ennemies, la rudesse des combats et de la vie quotidienne et les inquiétudes récurrentes quant au sort des armes expliquent des crises de moral. Les alcools de tous types sont eux aussi appelés en renfort, tel le "pinard des poilus". C'est un levier de résistance pour les combattants ou pour une partie des civils. Chaque camp a ses modes de consommation et ses boissons favorites. Une "guerre économique" des alcools et vins est menée. Il faut veiller aux récoltes de raisins ou produits de base, lutter contre les pénuries de produits chimiques, de main-d'oeuvre, de moyens de transport. Il faut préserver au mieux les qualités de chaque terroir. Tandis que nombre de débouchés de l'économie de marché sont ébranlés par les blocus ou la guerre sous-marine, une "économie administrée" ou "mixte" est supervisée par les armées et l'Etat. Faut-il vraiment encourager ou tolérer cette aspiration à consommer encore plus de vins et alcools ? Les militants de la prohibition mènent leur propre guerre et, parfois, gagnent (absinthe, Etats-Unis, Russie, etc.). Pourtant, en 1919-1920, la reconstruction des économies du vin, du champagne, du cognac, du rhum, symbolise l'ardeur à relancer les circuits de l'économie de marché et une bonne image de marque.
Les historiens mobilisés dans cet ouvrage collectif procurent des faits et des analyses qui viennent utilement compléter les études déjà disponibles. Les chapitres approfondissent tel ou tel parcours de Français partis exercer des responsabilités dans l'outre-mer colonial ; ils scrutent les mentalités et pratiques. D'autres sont plutôt synthétiques dans leur champ de réflexion et jaugent les processus qui ont permis de fournir les cadres de l'expansion et de la "mise en valeur" coloniale. Des chapitres vont jusqu'au temps présent, grâce à des cas d'étude consacrés au monde de l'entreprise dans des pays devenus indépendants mais ayant besoin d'investisseurs et de manageurs. Ce livre met en valeur les méthodes d'analyse des historiens des outre-mers, confronte des pistes analytiques et thématiques et met en valeur l'historiographie en marche.
L'histoire des concessions contribue à la compréhension des débats actuels sur les énergies renouvelables et l'hydroélectricité, mais la concession des barrages intéresse aussi l'histoire de l'économie d'énergie, des entreprises, des techniques et du droit. La France a connu plusieurs grandes aventures hydroélectriques, dans les Alpes, la vallée du Rhône et celle du Rhin. Notre livre porte sur les Pyrénées et le Massif central : des compagnies ferroviaires et la Société hydroélectrique du Midi (SHEM) y ont construit des barrages et des réseaux. Le déploiement technique, économique et juridique des équipements hydroélectriques des Pyrénées et du Massif central est reconstitué sur un siècle grâce aux méthodes de l'histoire d'entreprise. Le rôle des ingénieurs, des techniciens et ouvriers y apparaît central. Les parties prenantes aux projets de développement de la houille blanche (compagnies ferroviaires, élus locaux, industriels, ingénieurs, techniciens et salariés énergéticiens ou cheminots, sociétés de bâtiment-travaux publics) sont également présentées pour chaque période chronologique. Ainsi, ce livre déploie la vie régionale du grand Sud-Ouest à travers la restitution de son patrimoine industriel, tout en interrogeant les bases économiques et juridiques d'un modèle énergétique, incarné par la SHEM et EDF.
Biographie de l'auteur Cet inédit est présenté et annoté par deux historiens genevois, Dieter et Heidi Gembicki ; ils en tirent une analyse qui éclaire de façon lumineuse le voyage du frère Fries, tout en le resituant dans l histoire intellectuelle et religieuse de l Europe. Originaire de Hambourg, Dieter Gembicki a suivi des études d histoire à Francfort, parachevées à Genève avec une thèse dans le domaine de l historiographie française. Spécialiste du XVIIIe siècle, il aborde des sujets tels que Voltaire historien, la terminologie des Lumières et lors d'une année sabbatique passée en Pennsylvanie, il rédige une étude sur les frères moraves. Depuis il publie des recherches sur ce mouvement piétiste qui révèle un aspect extrêmement vivant du siècle des Lumières. Heidi Gembicki-Achtnich, historienne elle aussi, est issue d une famille de tradition morave, et a été déléguée au synode européen de l Unité des frères. Les deux chercheurs ont pu profiter de leurs compétences linguistiques et paléographiques et de leurs réseaux pour mener à bien l édition d une source qui, à plusieurs égards, posait des défis.
Quand deux personnes se rencontrent dans un escalier, celle qui descend porte des souliers vernis et celle qui monte des sabots pleins de paille. Cet aphorisme était fort prisé dans les salons de la petite bourgeoisie des bourgs charentais au début du XXe siècle. Il illustre l'angoisse d'une classe sociale en déclin. Et Les Valentin en sont une magnifique expression littéraire. Il s'agit du premier roman de Pierre-Henri Simon, tout juste sorti de Normale Sup'. Il a 28 ans lors de sa publication. Son thème est l'histoire d'une famille déchirée dans une Saintonge marquée par la crise de l'entre-deux-guerres. Remarquables descriptions de notables ruraux dépassés par leur temps, atmosphère de gros bourg parfaitement rendue avec ses rites immuables qui pourtant se craquellent de partout, portraits forts évocateurs de ceux qui montent comme de ceux qui descendent, de ceux qui tentent de s'en accommoder comme de ceux qui résistent, ce premier roman est une réussite qui augure pleinement de la profondeur de vision de l'?uvre à venir. Le personnage le plus saisissant est celui d'une petite Antigone de village qui, pour sauver quelques bribes de la tradition, se voit destinée par sa famille à un mariage qu'elle rejette de tout son être. Elle tente d'abord d'échapper à la situation, elle fuit pour " faire la morte ", puis se ressaisit et fait face courageusement. La maison de famille devient alors un symbole de résistance et non plus un simple destin matériel.
Quatre années dans l'enfer : d'Artois en Champagne, de Verdun à la Somme, du Chemin des Dames aux derniers assauts allemands, une telle présence fait du médecin charentais Frédéric Massonnet un précieux témoin de l'indicible, lui qui fut chargé avec son "ambulance" d'évacuer blessés et morts-vivants des champs de bataille. Militaires apeurés ou excités-épileptiques, médecins orgueilleux ou loqueteux, état-major aux ordres inopérables, en passant par ses propres camarades, aumôniers au sacré caractère, soldats passifs et abrutis, le témoignage de l'aide-major Massonnet n'épargne personne. Pas de gloire ni de louange aux troupes, c'est ce qui fait de ce récit unique un manifeste contre la guerre car il existe peu d'écrits de poilus qui, à chaud, ont partagé ce point de vue, emportés qu'ils étaient dans la frénésie de l'engagement au "combat juste".
Biographie de l'auteur Pierre-Henri Simon (1903-1972), membre de l Académie française, est l écrivain le plus pénétrant auquel les Charentes ont donné naissance. Il réussit là un roman d une intense vigueur, qui marie la modernité à la raison classique. Il s y montre ici d une clairvoyance extrême sur ce qui fonde toute vie intelligemment conduite : le tiraillement entre un humanisme jamais assez conciliant et sa nécessaire mise en doute.