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PEABODY SE MOUILLE
BOMAN PATRICK
SERPENT A PLUME
12,46 €
Épuisé
EAN :9782842612702
Car Le nom de Peabody le solitaire est célèbre parmi la pègre de la moitié de l'Hindoustan. On le dit capable, en dépit de son teint rose et de sa corpulence, de passer inaperçu parmi les gueux et les malandrins, de revêtir à volonté l'aspect d'un mendiant aveugle ou d'un vénérable mollah, de maquiller un cheval volé, de déceler la fausse monnaie au premier toucher, de ramener à la raison un éléphant ivre de vin de palme ou de prêcher contre les infidèles dans les mosquées de la frontière du Nord-Ouest. On le surestime en lui prêtant le don d'ubiquité, mais on sait qu'il connaît les tours de métier des malfrats et qu'il entend l'argot des palefreniers, des voleurs et des proxénètes. En résumé, c'est tout juste si les mères ne menacent pas du croquemitaine ventru, la nuit, les enfants désobéissants " Amours Licencieuses et intrigues de palais pour ce deuxième épisode des aventures de l'Inspecteur Josaphat M. Peabody, conseiller aux affaires de police de Sa Très Gracieuse Majesté dans la plaine du Gange, vers 1899.
Plaine du Gange, 1899. Un tronc humain sans tête est découvert dans La cuve du maître teinturier Zidool Kheir. L'inspecteur Josaphat M. Peabody, sexagénaire britannique, rubicond et désabusé, mène l'enquête. Elle le mènera, entre deux currys, chez les adeptes de Kâli la Noire, déesse de l'Anéantissement, et dans les méandres d'une administration coloniale délétère. Ambiance peu amidonnée, détails croustillants et vision pessimiste mais rigolarde de l'humanité tout entière. Avec de faux airs d'Hercule Poirot rongé par les tropiques, Peabody, dévasté par la dysenterie, gras et suant, libidineux, cache sous des dehors vaguement repoussants l'âme d'un juste et un cœur d'artichaut. Un polar voyageur désopilant ET historique, qui nous fait respirer les parfums pour le moins mêlés des Indes du XIXe siècle.
Pour avoir déplu aux représentants de Sa Majesté la reine Victoria en Inde (voir le premier volume de ses aventures, Peabody met un genou en terre), l'inspecteur Josaphat M. Peabody a été muté dans une principauté perdue au bord du fleuve. Lui, l'homme des bazars et des marchés aux voleurs, l'homme de la nuit, nommé conseiller aux affaires de police d'un de ces six cents princes qui jouissent d'une parodie de pouvoir à l'ombre des Britanniques ! Epié jour et nuit par la valetaille, il se retrouve pieds et poings liés dans les entrelacs des intrigues d'une cour au raja opiomane tombé sous l'influence des devins. Or, dans l'ombre, justement, quelqu'un tire les ficelles...
Les deux hommes, la gorge sèche, voyaient maintenant Mrs Batterbury-Woods s'enfoncer dans l'eau jusqu'à la taille, puis s'accroupir et se relever prestement à plusieurs reprises. Sa robe de laine moulait étroitement ses hanches. Peabody passa la langue sur ses lèvres : Dieu me damne, je ne distingue pas bien les détails. Il nous faudrait des jumelles. Moi, je maintiens qu'elle est un peu maigre, reprit le séminariste. Bonaventure, quand vous aurez mon expérience de la vie, vous vous garderez de tout jugement hâtif. Cette femme est ce que j'appellerai une fausse maigre. "
La plus au nord des villes du Sud, la plus au sud des villes du Nord", disait-on en 1900 à propos de Trieste. Cette possession des Habsbourg depuis le XIVe siècle, s?ur ennemie de Venise, port où confluaient Italiens, Slovènes et Autrichiens, fut le plus important débouché maritime de l'Empire austro-hongrois. Dévolu à l'Italie en 1918, puis berceau du fascisme, en proie au nationalisme, il fut enfin âprement disputé après 1945 entre Tito et les Occidentaux avant un retour négocié à l'Italie.Carnets de promenade plutôt que carnet de voyage, Trieste en sa lumière tente d'explorer simultanément le visage actuel de la ville et son étonnant passé cosmopolite, où se croisent notamment Stendhal, Sissi, Maximilien du Mexique, le Burton traducteur des Mille et Une Nuits, Freud.
Ce livre est un document unique sur un fait méconnu de la seconde guerre mondiale : le sort des déportés noirs, africains, antillais et américains, dans les camps de concentration de l'Allemagne hitlérienne. Ravalés au rang de bête, ils étaient sujets à toutes les humiliations, comme ce ressortissant équato-guinéen Carlos Greykey que l'on affubla à Mauthausen d'un costume de la garde royale yougoslave pour servir de boy. Des témoignages hallucinants collectés en Allemagne, en Norvège, en France, en Espagne, en Belgique, en Hollande, aux Etats-Unis et au Sénégal, rappellent avec sobriété de manière accablante, l'horreur sans nom vécue par ces hommes et ces femmes, dont on a tû souvent l'archipel des douleurs.
Un proverbe algérien dit : " Accompagne le menteur jusqu'à la porte de sa demeure. " Latifa Ben Mansour nous offre dans ce livre " les clés des citadelles enfouies sous les monceaux de mensonges ". Elle entrouvre pour nous des portes secrètes et nous promène à travers les méandres de la langue arabe et les venelles d'une mémoire engloutie. A l'heure du " choc des civilisations ", elle s'emploie à venir à bout des remparts de la haine en ressuscitant des textes majeurs occultés. Qui a entendu parler du pacte de Médine, dicté et signé par le Prophète Muhammad en l'an 1 de l'hégire (623) - dans lequel il fixait les droits et les devoirs des tribus juives en terre musulmane - ou du pacte de Najran, scellé en l'an 10 (632) entre le Prophète Muhammad et les chrétiens du Yémen ? Qui sait que le Hidjaz, La Mekke et Médine furent dès l'aube de l'islam, le berceau de la poésie érotique, du chant et de la musique ? Qui connaît les " Perles du Hidjaz et des Quraych " : Sukaïna Bint Al Hussaïn et Aiche Bint Talha ? Elles furent les mécènes des poètes, des musiciens, des chanteurs et refusèrent de porter le voile. Sait-on encore que les femmes musulmanes peuvent exiger " Al'Usma : 1'impeccabilité " et la monogamie de leurs époux à la signature de leur contrat de mariage ? N'a-t-on pas oublié que l'émir Abd El Kader déclara le jihad aux musulmans de Syrie et du Liban pour sauver 12 000 chrétiens du massacre ? L'auteur nous replonge aux sources de la culture arabe et de la civilisation musulmane occultées par les mensonges qui génèrent l'ignorance et la violence. Elle convoque Kafka, Hannah Arendt, Saussure, Freud, Lacan, ainsi que les grands textes arabes profanes écrits par Abou Al Faradj Al Isfahani et les textes sacrés : le Coran et la Tradition du Prophète.
Il y a quelques années, je tombai sur un recueil hilarant : Politiquement correct, de l'Américain James Finn Garner. Dans cette série de contes folkloriques revus et corrigés selon la morale d'Outre-Atlantique, les nains étaient devenus des " verticalement contrariés ", Blanche-Neige avait une âme d'écologiste, la puanteur des trolls était considérée comme un trésor culturel et Boucles d'Or avait pris une saignante revanche sur le pouvoir des mâles. Plein d'admiration, je pensai aussitôt : " Génial ! " L'objet eut un succès planétaire. Quelque temps plus tard, je découvris les joyeux récits de Jean-Pierre Enard à faire rougir les petits chaperons. Fondés, eux aussi, sur un détournement de la tradition, mais sous l'angle exclusivement libertin. Que faire, après ces deux magnifiques inventions ? En forger une troisième, peoplisée et up-to-date : sous forme d'un bref roman, des histoires politiquement correctes (à faire rougir les trois petits cochons), dans la bouche d'un moderne marquis de Sade progressivement contaminé par le style cheum et dégueu de nos écrivains à la mode. Le génie est comme l'ail : plus vous vous y frottez, plus vous embaumez. Ainsi naquirent les Histoires chuchotées à Justine, ravissante Lolita posée sur les genoux du Divin marquis. Yann Rebell.
Le roman du drame qui déchire actuellement la Côte-d'Ivoire (pays nommé Zamba) et, au-delà, tous les pays où la population est prise en otage, lorsque le régime politique est instable, prévaricateur, et que des soulèvements incessants opposent, jusqu'à la barbarie, les différentes factions. Tanella Boni nous raconte le calvaire vécu par la narratrice en butte aux tracasseries de la police parallèle et de son chef le machiavélique Arsène K qui, l'assignant à résidence durant neuf mois, mettra " son âme en grossesse ". L'occasion pour elle de réfléchir sur le cours de son existence et de se remémorer les grandes figures des femmes de sa famille. Celle de sa mère en particulier, qui endura le pire de la part de son père. Ce qu'elle-même ne voulut pas, incapable de continuer à aimer Timothée, cet homme à femmes, toujours absent, n'assumant rien de ses infidélités constantes. Une satire pleine d'humour, parfois féroce, de la société ivoirienne prisonnière de ses démons : la pauvreté, l'ethnicisation, la violence, l'ivresse du pouvoir, les enfants-soldats meurtriers, les différents visages des matins et des nuits de couvre-feu lorsque la mort décime à l'aveugle les familles.