Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'art et le vivant du jeu
Boissière Anne ; Guérin Michel
PULG
20,00 €
Épuisé
EAN :9782875623652
Cet essai entend mettre au jour et dénoncer la tendance dominante à théoriser le jeu à partir des règles, et à organiser les approches autour de dualismes non questionnés, au premier chef du game et du play. Une telle structuration ne s'impose qu'à exclure ou mépriser une phénoménalité pourtant décisive, celle qui engage l'expérience corporelle et spontanée du jeu, et dont l'enfance pourrait être le nom. Le geste philosophique consiste ici en une réappropriation de cette part vivante du jouer, d'autant plus précieuse qu'elle peut faire défaut. C'est sur fond de cette absence qu'est introduite la conceptualité du pathique : jouer est une activité irréductible, distincte de la connaissance et de la technique. S'y révèle une liberté sensible, liée au mouvement et à la spatialité, qui n'a pas d'équivalent. Opter pour le vivant du jeu, c'est mettre l'accent non sur la maîtrise mais sur l'être-saisi, non sur les règles mais sur le rythme, non sur la compétition mais sur les chants et la danse, dans l'horizon de la paix et non de la guerre. C'est dans l'art et non dans la science qu'une telle expérience du jouer est recherchée. La prise en compte de certains aspects du champ contemporain conduit cependant à s'interroger : le jeu, dans sa part vivante et sensible, serait-il en voie de disparition ?
Boissière Anne ; Joqueviel-Bourjea Marie ; Jalliet
Comment faire naître et engager une parole à soi quand on est philosophe et femme ? Ce livre répond à partir de la voix, en inventant un dispositif inédit d'écriture : rédiger des lettres à d'autres femmes, amies, artistes ou philosophes, dans un partage qu'instaure la confiance. Ces lettres ne sont pas destinées à être envoyées par la poste, mais à être oralisées afin de créer un lien d'adresse et d'écoute, par le biais duquel la parole peut se lever dans ce qu'elle a de relationnel et d'unique. Un tel dispositif met en défaut l'abstraction d'un logos philosophique qui voudrait n'avoir ni bouche ni oreilles. La voix, ici, est envisagée dans sa dimension expressive et dans sa valeur d'incorporation du discours. Entre philosophie et art, cette correspondance fictive vocalisée se ressaisit d'un parcours de vie, inclut le vécu de l'expérience corporelle et ses aléas. Sa portée critique est celle d'un geste philosophique qui ne répète pas la violence de l'abstraction, mais fait advenir une parole de femme, poreuse à l'expérience de vie, dans le tissage qu'opèrent concrètement le sens et le sensible.
Cet ouvrage rassemble onze textes d'auteurs d'origine disciplinaire variée (philosophie, géographie, psychanalyse, arts) qui ont en partage un champ factuel commun, l'art (et le plus souvent l'art contemporain), qu'ils abordent à travers un thème commun, la spatialité. L'accent est mis sur l'activité artistique comme processus, plutôt que sur l'oeuvre dans son caractère abouti. Ce questionnement trouve sa place dans le champ ouvert au vingtième siècle autour du corps engagé dans l'activité par la phénoménologie, la psychiatrie phénoménologique et la psychanalyse dite transitionnelle qui ont abordé l'expérience d'écriture/dessin et la danse à partir du geste et du jeu (playing). La question de l'espace y est centrale, mais directement liée à celle du temps de sa construction. C'est l'idée d'un espace se formant, se faisant à travers l'activité artistique et inversement celle d'une activité artistique se formant, se faisant avec l'espace comme dimension qui est ici sérieusement considérée - ceci impliquant une éventuelle reformulation de la spatialité de l'objet d'art. Plutôt que de parler d'un rapport entre espace et activité artistique, il serait en ce sens plus juste de parler de la dimension spatiale de l'activité artistique et de la dimension oeuvrée de l'espace.
L'activité artistique, en certains cas, a un pouvoir exorbitant, celui de bouleverser le rapport à soi et au monde. Que le mouvement en soit le dépositaire, qu'il puisse uvrer d une manière invisible, et que sa force opératoire puisse rejaillir sur l'ensemble de la vie en ce qu'elle a de plus profond et d'inassignable, telle est la thèse qu'élabore cet essai. Mais c'est alors en un sens qui s'est démarqué de toute idée de déplacement; seule la musique peut en donner la clé. À partir d'une lecture des Formes du spatial d'Erwin Straus (1891-1975) en vis-à-vis des Espaces Rythmiques d Adolphe Appia (1862-1928), dessins réalisés pour Émile Jaques-Dalcroze dans les années 1910, la réflexion s'efforce de cerner la teneur de ce mouvement invisible qui, dans le rythme vécu, ouvre à travers l'écoute un espace irréductible à tout autre. C'est à la saisie d'un tel espace que la perspicacité du psychologue Erwin Straus, fort de son intérêt pour l'entreprise phénoménologique, nous convie avec son idée d'un « espace acoustique »; quant au metteur en scène Adolphe Appia, c'est dans sa quête d un art à venir, l'oeuvre d'art vivant, qu'il s'en approche au plus près.
Le livre explore le statut et les qualités du " pathique " d'après la définition d'Erwin Straus, en se tournant vers le jeu et l'art, dans l'objectif d'interroger l'étonnante spontanéité des ces formes vivantes d'expérience. L'analyse de cette dynamique formelle, ici conçue comme un mode de communication irréductible opérant à même la motricité, mettra en valeur le playing plutôt que le game, ainsi que la Gestaltung plutôt que la forme perçue dans sa dimension identitaire. La perspective s'enrichira des créations d'art brut, témoins privilégiés d'une logique de l'inintentionnel, permettant avant tout d'habiter le " monde ". A la croisée de la psychanalyse et de la phénoménologie, le livre dialoguera entre autres avec les pensées de Marion Milner, Donald W. Winnicott, Johan Huizinga et Henri Maldiney.
D'Euripide à T. S. Eliot, en passant par Gluck et Rilke, la figure d'Alceste, épouse aimante qui accepte de mourir à la place de son mari, a inspiré maint artiste. A la fin de l'Antiquité, un poète latin, dont l'identité nous est inconnue, composa des vers sur le mythe de la reine de Thessalie. Son poème aurait été à jamais perdu, si les sables d'Egypte ne nous en avaient pas livré une copie sur un papyrus du IVe siècle. Connu comme l' "Alceste de Barcelone" , il représente un des apports majeurs de la papyrologie à notre connaissance de la littérature latine et, depuis sa première édition, en 1982, il n'a cessé d'attirer l'attention des spécialistes et des amateurs de culture classique. Le présent ouvrage propose une nouvelle édition du poème latin, accompagnée d'une traduction française, ainsi que d'un commentaire critique et linguistique. Exceptionnel à plusieurs égards, le manuscrit qui le contient fait l'objet d'une analyse codicologique et paléographique détaillée. On examine également son contexte de production et d'utilisation et, par extension, celui dans lequel l' "Alceste de Barcelone" a pu, de par sa langue, son style et son sujet, susciter l'intérêt dans l'Antiquité tardive. En filigrane aux discussions autour du texte et de son manuscrit, on aborde les questions de la transmission et la réception de la culture classique à la fin de l'Antiquité, notamment en Egypte, terre de riches entrecroisements culturels.
Résumé : Bien moins nombreux que les papyrus grecs, les papyrus latins présentent néanmoins un grand intérêt pour l'étude des contacts entre les deux langues officielles du bassin méditerranéen antique, à savoir le grec et le latin. Ces contacts se manifestent non seulement par l'existence de papyrus bilingues, mais sont aussi perceptibles à d'autres niveaux : les emprunts lexicaux dans les papyrus documentaires et l'influence d'une écriture sur l'autre. Ces aspects ont été fortement renouvelés ces dernières années. Les Actes de la Table Ronde organisée à Liège les 12 et 13 mai 2011 proposent non seulement des pistes de réflexion sur les phénomènes inter-linguistiques en Egypte gréco-romaine, mais font également le bilan des avancées récentes de la papyrologie latine en prenant en considération deux phénomènes étroitement liés, le bilinguisme et le digraphisme.