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POLI N° 11 : Politiques sonores
Boidy Maxime ; Meursault Pali ; Pailler Fred
POLI POLITIQUE
12,00 €
Épuisé
EAN :9791094646014
Pourquoi parler de son dans POU, revue dont le champ d'intervention intellectuel concerne d'ordinaire les politiques de l'image ? Tout simplement parce que le fait sonore entretient de multiples relations avec le visuel. Alors que les notions de " culture sonore " et de " culture visuelle " peinent encore à s'imposer dans le monde francophone, il s'agit en premier lieu d'appréhender la complexité de l'articulation du visible et de l'audible, et de la penser comme un problème scientifique et politique de plein droit. Ce onzième numéro de POU s'est construit autour d'un entretien avec Jonathan Sterne, retraçant le travail effectué pour son ouvrage Une histoire de la modernité sonore. L'auteur revient sur ses sources d'inspirations visuelles, ses relations avec la musicologie, ses affinités profondes avec les Cultural Studies, ainsi que sur la manière de repenser les formes de discipline et de répression par le son. Autant de thèmes que ce numéro cherche à mettre en résonance en discutant l'appropriation et la production autoritaire du sonore dans des : situations artistiques, ethnographiques, coloniales, industrielles, numériques ou encore éducatives. Médiatisé par les corps et les technologies de reproduction, le son est ici, l'instar de l'image, un médium de pensée, une voie d'accès vers ce qui le dépasse à l'échelle historique, au plus près des visibilités sociales et politiques.
Sterne Jonathan ; Boidy Maxime ; Zimmer Alexis ; M
Une vingtaine d'années d'existence... mais plus d'un siècle d'histoire: telle est l'intrigue de ce livre, dans lequel Jonathan Sterne propose un décodage politique et culturel du format MP3. Là où son Histoire de la modernité sonore (2015) nous guidait à travers les origines de la reproduction sonore au XIXe siècle, l'auteur poursuit ici sa généalogie des techniques en montrant que la compression du son, bien plus qu'une simple invention fonctionnelle, se présente comme un projet partagé par des chercheurs et des industriels tout au long du XXe siècle. Il en découle un regard neuf sur le rôle des industries culturelles et le statut de pratiques telles que le piratage, mais aussi sur les tests d'écoute réalisés par les membres du Moving Picture Experts Group (MPEG) et la représentation de la communauté des auditeurs. Si, comme le soutient Jonathan Sterne, l'ombre d'un auditeur « idéal » est codée dans chaque fichier MP3, qui dès lors écoute à notre place ? Dispositif technique innovant, emblème social d'une culture de l'accès, le fichier MP3 est aussi un problème philosophique, le lieu d'une théorie de la subjectivité humaine compressée, où les limites sensorielles de l'écoute se transforment en potentiel. économique.
Résumé : A la confluence de l'histoire de l'art, de l'esthétique, de la théorie littéraire et des Cultural Studies, Les Visual Studies sont un important champ de réflexion universitaire, artistique et militant aux Etats-Unis et dans le monde anglo-saxon. Cet ouvrage est la première synthèse française retraçant ces débats d'idées. Il présente les principaux auteurs en confrontant leurs thèses, de manière accessible, aux nouvelles formes d'images et de visibilité, à cette culture visuelle.
Historiens et penseurs contemporains se passionnent toujours davantage pour les liens étroits qui unissent la science à l'imagerie. Encore s'agit-il de préciser ce que ces deux termes désignent. Mathématiques, chimie, histoire de l'art, sociologie ? Cartographies, esquisses, métaphores, photographies ? Ce sont l'ensemble de leurs relations possibles qui intéressent les contributeurs et les contributrices de ce numéro, consacré à la visualisation de la pensée scientifique sous ses formes les plus diverses et les plus inattendues. A l'instar de la reproduction ordinaire médiatisant l'oeuvre d'art, l'imagerie scientifique est parfois restée discrète, voire transparente. Des films mettant en scène experts, laboratoires et prototypes, aux expositions déployant des dispositifs pour rapprocher la science des publics, la représentation du savant dans la culture populaire ou celle du savoir dans la culture muséale sont autant de visibilités restées dans l'ombre, auxquelles ce numéro prête une attention particulière. Il s'agit de montrer qu'au-delà de la scientificité même, l'image et le regard ont toujours été à la pointe de la culture scientifique. Ils en sont les indispensables compléments, un constat que les développements médiatiques et techniques les plus récents ne cessent de conforter.
Les attentats du World Trade Center et la brutale réplique qu'ils ont suscitée de la part du gouvernement américain n'ont pas seulement engendré de lourdes pertes humaines, ils ont aussi produit de nouvelles images qui ont durablement marqué les esprits. Pour W.J.T Mitchell, ce qu'il s'agit de comprendre, c'est l'entrelacement formé par les événements et les images : laisser un instant de côté la signification des images, leur pouvoir ou les idéologies qu'elles véhiculent, examiner la manière dont les images produites durant la "guerre contre le terrorisme" ont fabriqué des réalités et des affects politiques. En un mot, prendre les images au sérieux. Depuis le 11 Septembre, le terrorisme est devenu indissociable du paradigme du clonage, et la reproductibilité infinie des images a donné naissance à la figure du terroriste clone, anonyme, insaisissable, innombrable, capable de semer la terreur partout et à tout moment. La "clonophobie" contemporaine est à la fois nouvelle et ancienne : nouvelle, parce que la peur du terrorisme s'inscrit pleinement dans notre "âge biocybernétique", défini par l'image numérique et les nouveaux médias ; ancienne, parce que la clonophobie est une forme d'iconophobie, vieille peur d'une copie douée d'une âme et d'une vie propre. Cloning Terror, en explorant les différents avatars de cette "image vivante" ressuscitée, s'acquitte magistralement de son principal objectif : poser les bases d'une iconologie du présent.
Qu'ils soient rendus invisibles par les mécanismes de ségrégation urbaine ou qualifiés de «minorités visibles» par les institutions publiques chargées de la régulation des médias, les groupes sociaux les plus vulnérables au racisme semblent pris au piège de la dialectique du visible et de l'invisible. Appréhendée ainsi, la catégorie de «race» elle-même peut être conçue comme une «image persistante», une trace sédimentée des cultures coloniales qui aurait perduré en imprégnant les nombreuses médiations sociales et techniques qui se superposent au regard. L'enchevêtrement des régimes de visibilité et du racisme se manifeste à divers niveaux : dans les modes de production de l'information et de mise en récit du monde social, dans la distribution différenciée des espaces et temps sociaux, voire dans les techniques mêmes de production du champ visuel et perceptif, qui sont issues d'une histoire racialement marquée. C'est ce dernier aspect que ce dixième numéro de la revue Poli souhaite appréhender : penser la recomposition permanente du visible et de l'invisible à partir de la question de la production et reproduction technique de la «race». Ce numéro propose d'interroger les formes d'intensification du racisme permises par la technologie. Si le sens commun pare la technologie d'une aura de neutralité, sa conception et ses usages se trouvent toutefois configurés par les différents aspects de la conflictualité sociale. Aussi peut-on se demander dans quelle mesure la «race» n'est-elle pas le funeste fantôme dans la machine ?
Boudier Valérie ; Cervulle Maxime ; Coville Marion
Le septième numéro de la revue Poli – Politique de l’image porte sur la mise en scène et en discours des pratiques et gestes culinaires. Des jeux vidéo simulant la préparation de plats du quotidien aux émissions de télé-réalité où s’affrontent des chefs en herbe, en passant par la figuration des arts de la table dans les livres de cuisine, il s’agit d’interroger les représentations par lesquelles les gestes ordinaires de l’alimentation et de la cuisine s’offrent en tant que performances sensorielles, spectacles culturels, rituels politiques et techniques du corps. Ces représentations sont en effet traversées de tensions idéologiques qui rejouent et déplacent les anxiétés sociales, qu’elles aient trait aux régimes confessionnels, à la répartition des tâches domestiques, à l’hygiène corporelle ou aux frontières culturelles. Ce numéro s’attache ainsi à détailler les recettes médiatiques selon lesquelles se forment les imaginaires comestibles.