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POLI N° 10 : Techno-racismes
Cervulle Maxime ; Freitas Franck
POLI POLITIQUE
12,00 €
Épuisé
EAN :9791094646007
Qu'ils soient rendus invisibles par les mécanismes de ségrégation urbaine ou qualifiés de «minorités visibles» par les institutions publiques chargées de la régulation des médias, les groupes sociaux les plus vulnérables au racisme semblent pris au piège de la dialectique du visible et de l'invisible. Appréhendée ainsi, la catégorie de «race» elle-même peut être conçue comme une «image persistante», une trace sédimentée des cultures coloniales qui aurait perduré en imprégnant les nombreuses médiations sociales et techniques qui se superposent au regard. L'enchevêtrement des régimes de visibilité et du racisme se manifeste à divers niveaux : dans les modes de production de l'information et de mise en récit du monde social, dans la distribution différenciée des espaces et temps sociaux, voire dans les techniques mêmes de production du champ visuel et perceptif, qui sont issues d'une histoire racialement marquée. C'est ce dernier aspect que ce dixième numéro de la revue Poli souhaite appréhender : penser la recomposition permanente du visible et de l'invisible à partir de la question de la production et reproduction technique de la «race». Ce numéro propose d'interroger les formes d'intensification du racisme permises par la technologie. Si le sens commun pare la technologie d'une aura de neutralité, sa conception et ses usages se trouvent toutefois configurés par les différents aspects de la conflictualité sociale. Aussi peut-on se demander dans quelle mesure la «race» n'est-elle pas le funeste fantôme dans la machine ?
Résumé : Qu'est-ce que la culture ? Et quels sont les ressorts culturels du changement social ? Le projet critique des Cultural Studies, qui émerge en Grande-Bretagne dans les années 1960 avant de s'internationaliser, est sous-tendu par ce questionnement. L'un de ses traits distinctifs est une définition anthropologique de la culture, mobilisée pour embrasser une multitude d'objets : des représentations médiatiques aux pratiques des publics, des modes de vie aux styles, des identités aux performances. Ces objets sont appréhendés comme autant de lieux de conflictualité, qui activent et déplacent les rapports sociaux de classe, de genre, et de sexualité. En dressant un panorama des multiples champs d'étude qui se sont développés dans le sillage des Cultural Studies, cet ouvrage rend compte de leurs apports théoriques et méthodologiques pour les sciences humaines et sociales.
Cet ouvrage est le deuxième tome de la série Matérialismes, culture et communication. Il emprunte les voies du matérialisme qui serpentent le long des territoires critiques qu'ont dessinés les Cultural Studies, les théories féministes et les études décoloniales. Il donne à voir les points de friction occasionnés par la rencontre épistémologique, dans divers contextes historiques et géographiques, entre les actualisations marxistes du matérialisme et des modes de critique ayant étendu la contestation au-delà de l'antagonisme de classe. II vise à saisir la portée de cette rencontre pour une approche renouvelée de la culture et la communication. A partir d'un groupe hétérogène de figures intellectuelles réunies pour la puissance de leurs apports aux théories critiques, il dégage ainsi des généalogies matérialistes parfois souterraines, excave des conceptions souvent tacites des formes et lieux de la culture et trace des chemins inédits pour penser les moyens de communication.
Cervulle Maxime ; Farges Patrick ; François Anne I
Donner à voir sous un jour nouveau les représentations de la masculinité, ce prétendu neutre invisible qui n'est que récemment sorti d'une ombre construite et longtemps soigneusement entretenue : tel est le projet de cet ouvrage. La question du regard et des dispositifs de visibilité sert ici de fil rouge à l'étude de textes filmiques, télévisuels et littéraires où apparaissent des formes de masculinités en marge, qu'elles soient rendues "exotiques" ou qu'elles marquent un déplacement face au modèle hégémonique du masculin. Au croisement des études cinématographiques, de la littérature comparée et des études de genre, l'ouvrage interroge dans une perspective interdisciplinaire et intersectionnelle les processus de décentrements et de recentrements de la masculinité qui se déploient au coeur de la fiction. Des travestissements de Marlène Dietrich à l'altérisation sexuelle du Juif dans les nouvelles d'Oskar Panizza, du trouble dans la masculinité des vampires de True Blood à celle des "hommes de papier" qui peuplent les romans de Mathieu Riboulet, ce volume s'attache à exposer les corps et corpus masculins pour les soumettre à un examen critique : "Circulez, il y a à voir".
DiAngelo Robin ; Cervulle Maxime ; Viennot Bérengè
Pourquoi est-il si difficile de parler de racisme quand on est blanc ? La sociologue américaine Robin DiAngelo a passé vingt ans à étudier cette question dans des ateliers sur la diversité et le multiculturalisme. Elle en a tiré un concept fondamental pour comprendre le rapport des Blancs au racisme : la fragilité blanche, un mécanisme de défense ou de déni qui permet de détourner la conversation, empêchant d'identifier le racisme systémique qui persiste dans nos sociétés. Et donc de le combattre. Dans ce livre devenu un phénomène aux Etats-Unis, en tête des meilleures ventes depuis deux ans, Robin DiAngelo nous donne les clés pour être véritablement antiraciste.
Pourquoi parler de son dans POU, revue dont le champ d'intervention intellectuel concerne d'ordinaire les politiques de l'image ? Tout simplement parce que le fait sonore entretient de multiples relations avec le visuel. Alors que les notions de " culture sonore " et de " culture visuelle " peinent encore à s'imposer dans le monde francophone, il s'agit en premier lieu d'appréhender la complexité de l'articulation du visible et de l'audible, et de la penser comme un problème scientifique et politique de plein droit. Ce onzième numéro de POU s'est construit autour d'un entretien avec Jonathan Sterne, retraçant le travail effectué pour son ouvrage Une histoire de la modernité sonore. L'auteur revient sur ses sources d'inspirations visuelles, ses relations avec la musicologie, ses affinités profondes avec les Cultural Studies, ainsi que sur la manière de repenser les formes de discipline et de répression par le son. Autant de thèmes que ce numéro cherche à mettre en résonance en discutant l'appropriation et la production autoritaire du sonore dans des : situations artistiques, ethnographiques, coloniales, industrielles, numériques ou encore éducatives. Médiatisé par les corps et les technologies de reproduction, le son est ici, l'instar de l'image, un médium de pensée, une voie d'accès vers ce qui le dépasse à l'échelle historique, au plus près des visibilités sociales et politiques.