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Poli N° 8 : Les images de la science
Boidy Maxime ; Coville Marion ; Derieux Catherine
POLI POLITIQUE
12,00 €
Épuisé
EAN :9782953454581
Historiens et penseurs contemporains se passionnent toujours davantage pour les liens étroits qui unissent la science à l'imagerie. Encore s'agit-il de préciser ce que ces deux termes désignent. Mathématiques, chimie, histoire de l'art, sociologie ? Cartographies, esquisses, métaphores, photographies ? Ce sont l'ensemble de leurs relations possibles qui intéressent les contributeurs et les contributrices de ce numéro, consacré à la visualisation de la pensée scientifique sous ses formes les plus diverses et les plus inattendues. A l'instar de la reproduction ordinaire médiatisant l'oeuvre d'art, l'imagerie scientifique est parfois restée discrète, voire transparente. Des films mettant en scène experts, laboratoires et prototypes, aux expositions déployant des dispositifs pour rapprocher la science des publics, la représentation du savant dans la culture populaire ou celle du savoir dans la culture muséale sont autant de visibilités restées dans l'ombre, auxquelles ce numéro prête une attention particulière. Il s'agit de montrer qu'au-delà de la scientificité même, l'image et le regard ont toujours été à la pointe de la culture scientifique. Ils en sont les indispensables compléments, un constat que les développements médiatiques et techniques les plus récents ne cessent de conforter.
Pourquoi parler de son dans POU, revue dont le champ d'intervention intellectuel concerne d'ordinaire les politiques de l'image ? Tout simplement parce que le fait sonore entretient de multiples relations avec le visuel. Alors que les notions de " culture sonore " et de " culture visuelle " peinent encore à s'imposer dans le monde francophone, il s'agit en premier lieu d'appréhender la complexité de l'articulation du visible et de l'audible, et de la penser comme un problème scientifique et politique de plein droit. Ce onzième numéro de POU s'est construit autour d'un entretien avec Jonathan Sterne, retraçant le travail effectué pour son ouvrage Une histoire de la modernité sonore. L'auteur revient sur ses sources d'inspirations visuelles, ses relations avec la musicologie, ses affinités profondes avec les Cultural Studies, ainsi que sur la manière de repenser les formes de discipline et de répression par le son. Autant de thèmes que ce numéro cherche à mettre en résonance en discutant l'appropriation et la production autoritaire du sonore dans des : situations artistiques, ethnographiques, coloniales, industrielles, numériques ou encore éducatives. Médiatisé par les corps et les technologies de reproduction, le son est ici, l'instar de l'image, un médium de pensée, une voie d'accès vers ce qui le dépasse à l'échelle historique, au plus près des visibilités sociales et politiques.
Une Terre où la nature recouvre peu à peu ses droits sur la ville après la disparition de l'espèce humaine. Une architecture bunkerisée dédiée à la sécurité et au contrôle comme réponse à l'effondrement des Twin Towers. Des répliques d'immeubles allemands et japonais érigées dans le désert de l'Utah pour servir de laboratoire au dernier grand projet du New Deal: la destruction par le feu des villes ennemies. Dévastée par les bombes ou les stylos rouges des spéculateurs immobiliers, la Grande Ville capitaliste s'est révélée particulièrement apte à réaliser certaines prophéties catastrophistes. Dans ce livre, Mike Davis nous montre que, depuis son émergence, elle n'a cessé d'être associée dans l'esprit des hommes au spectre apocalyptique de sa propre destruction. S'inscrivant dans la tradition marxiste d'Ernst Bloch, il affirme que l'aliénation cognitive produite par la mise au ban de la nature dans l'expérience collective a suscité une angoisse constante tout au long du xxe siècle. Dans une veine à la fois mélancolique et optimiste (le système capitaliste n'est qu'un stade de l'histoire humaine appelé à être dépassé), Mike Davis invite donc à une nouvelle science urbaine qui s'appuierait sur la "dialectique ville-nature". Celle-ci permettrait d'envisager la ville dans la totalité des interactions qu'elle entretient avec son "dehors naturel", et de déjouer les limites actuelles des études urbaines. Cela passe ici par un travail spéculatif s'appuyant sur une hypothèse - la disparition de l'homme - et sur un extraordinaire corpus littéraire et scientifique, où les espèces végétales et animales dansent sur les cendres de nos villes mortes.
Résumé : " Il vous faut un casque audio " : ce slogan publicitaire du début du XXe siècle n'a rien perdu de son actualité. S'isoler dans un monde de sons, prêter attention aux détails acoustiques, rechercher la haute fidélité sonore, communiquer à distance et construire un réseau social? ces pratiques s'enracinent dans un ensemble de transformations intervenues au tournant du XIXe alors que gramophone, stéthoscope, téléphone et autres dispositifs d'écoute deviennent les protagonistes d'une histoire passionnante, celle de notre culture sonore. Jonathan Sterne s'intéresse aussi bien aux anthropologues collectant des chants indigènes qu'aux auditeurs occidentaux surpris par les voix des morts. Son ambition est de rendre compte de l'importance de l'histoire du son dans tous les aspects de la " modernité " : l'évolution des sciences, la mutation de la médecine, la popularisation des techniques et des médias, l'essor concomitant du capitalisme et du colonialisme, les nouvelles formes de pouvoir collectif et entrepreneurial. Une histoire de la modernité sonore propose une alternative au récit dominant selon lequel la culture occidentale, en devenant moderne, serait passée d'une culture de l'audition à une culture de la vision. Livre fondateur des sound studies, il est d'ores et déjà considéré comme une référence dans ce domaine émergent.
Sterne Jonathan ; Boidy Maxime ; Zimmer Alexis ; M
Une vingtaine d'années d'existence... mais plus d'un siècle d'histoire: telle est l'intrigue de ce livre, dans lequel Jonathan Sterne propose un décodage politique et culturel du format MP3. Là où son Histoire de la modernité sonore (2015) nous guidait à travers les origines de la reproduction sonore au XIXe siècle, l'auteur poursuit ici sa généalogie des techniques en montrant que la compression du son, bien plus qu'une simple invention fonctionnelle, se présente comme un projet partagé par des chercheurs et des industriels tout au long du XXe siècle. Il en découle un regard neuf sur le rôle des industries culturelles et le statut de pratiques telles que le piratage, mais aussi sur les tests d'écoute réalisés par les membres du Moving Picture Experts Group (MPEG) et la représentation de la communauté des auditeurs. Si, comme le soutient Jonathan Sterne, l'ombre d'un auditeur « idéal » est codée dans chaque fichier MP3, qui dès lors écoute à notre place ? Dispositif technique innovant, emblème social d'une culture de l'accès, le fichier MP3 est aussi un problème philosophique, le lieu d'une théorie de la subjectivité humaine compressée, où les limites sensorielles de l'écoute se transforment en potentiel. économique.
Pourquoi parler de son dans POU, revue dont le champ d'intervention intellectuel concerne d'ordinaire les politiques de l'image ? Tout simplement parce que le fait sonore entretient de multiples relations avec le visuel. Alors que les notions de " culture sonore " et de " culture visuelle " peinent encore à s'imposer dans le monde francophone, il s'agit en premier lieu d'appréhender la complexité de l'articulation du visible et de l'audible, et de la penser comme un problème scientifique et politique de plein droit. Ce onzième numéro de POU s'est construit autour d'un entretien avec Jonathan Sterne, retraçant le travail effectué pour son ouvrage Une histoire de la modernité sonore. L'auteur revient sur ses sources d'inspirations visuelles, ses relations avec la musicologie, ses affinités profondes avec les Cultural Studies, ainsi que sur la manière de repenser les formes de discipline et de répression par le son. Autant de thèmes que ce numéro cherche à mettre en résonance en discutant l'appropriation et la production autoritaire du sonore dans des : situations artistiques, ethnographiques, coloniales, industrielles, numériques ou encore éducatives. Médiatisé par les corps et les technologies de reproduction, le son est ici, l'instar de l'image, un médium de pensée, une voie d'accès vers ce qui le dépasse à l'échelle historique, au plus près des visibilités sociales et politiques.
Coville Marion ; Couillard Noémie ; Schlageter Kar
Ce numéro 12 de la revue POLI propose un détour par les coulisses et souhaite investir l'espace muséal par les pratiques quotidiennes des professionnel-le-s, restées dans l'ombre en raison de leur caractère usuel et routinier. C'est par une attention particulière au caractère matériel et situé de ces activités et de ce qu'elles produisent que ce numéro souhaite interroger leur rôle dans la manière dont les musées s'énoncent, se représentent, et établissent un rapport particulier avec leurs publics.
Qu'ils soient rendus invisibles par les mécanismes de ségrégation urbaine ou qualifiés de «minorités visibles» par les institutions publiques chargées de la régulation des médias, les groupes sociaux les plus vulnérables au racisme semblent pris au piège de la dialectique du visible et de l'invisible. Appréhendée ainsi, la catégorie de «race» elle-même peut être conçue comme une «image persistante», une trace sédimentée des cultures coloniales qui aurait perduré en imprégnant les nombreuses médiations sociales et techniques qui se superposent au regard. L'enchevêtrement des régimes de visibilité et du racisme se manifeste à divers niveaux : dans les modes de production de l'information et de mise en récit du monde social, dans la distribution différenciée des espaces et temps sociaux, voire dans les techniques mêmes de production du champ visuel et perceptif, qui sont issues d'une histoire racialement marquée. C'est ce dernier aspect que ce dixième numéro de la revue Poli souhaite appréhender : penser la recomposition permanente du visible et de l'invisible à partir de la question de la production et reproduction technique de la «race». Ce numéro propose d'interroger les formes d'intensification du racisme permises par la technologie. Si le sens commun pare la technologie d'une aura de neutralité, sa conception et ses usages se trouvent toutefois configurés par les différents aspects de la conflictualité sociale. Aussi peut-on se demander dans quelle mesure la «race» n'est-elle pas le funeste fantôme dans la machine ?