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Le rire de la servante de Thrace
Blumenberg Hans
L ARCHE
18,29 €
Épuisé
EAN :9782851814555
L'histoire des débuts de la théorie n'étant pas relatée, il n'existe qu'une histoire qui témoigne de ces débuts et qui s'est, au cours des siècles, opiniâtrement maintenue : il s'agit de l'anecdote de Thalès qui, alors qu'il observait les étoiles, tomba un jour dans un puits et dut subir les railleries d'une servante de Thrace accourue pour le secourir. Le grand philosophe qui fonde une théorie de l'origine du monde à partir d'un seul élément, à savoir l'eau, l'astronome qui le premier prédit une éclipse de soleil, suscite le rire de la servante parce qu'il ne voit pas ce qui est devant ses pieds. Les questions soulevées par cette anecdote sont multiples : il en va de l'impact de ce rire sur l'image de la philosophie, de la place du philosophe dans la polis, des rapports entre le proche et le lointain, entre le monde de la vie et le monde des idées, de la liberté du théoricien et de la non-liberté de la servante. Blumenberg analyse les variations de cette histoire au cours des siècles : selon le cas, l'astronome sera anonyme ou identifié nommément, la servante qui se moque de lui jeune ou vieille, le trou dans lequel il chute une citerne ou un fossé. Mais le rire de la servante reste signe de l'incompréhension de la vie quotidienne face à l'étrangeté de la théorie. Blumenberg retrace la réception de cette anecdote depuis les fables d'Esope jusqu'à Heidegger. Il arrive ainsi à saisir l'exceptionnel succès de l'anecdote comme forme de la conscience que la philosophie a d'elle-même : "En fait, on ne peut rire des philosophes que si on se considère soi-même comme leur faisant exception. Et dans cette discipline chacun se considère apparemment comme l'exception de tous les autres."
« Philosophe cultivant le secret, volontairement éloigné de la place publique, Hans Blumenberg bénéficie d un capital de sympathie de la part de ceux qui ne l ont pas encore lu mais en ont entendu parler... On dit qu il est un des plus importants penseurs allemands contemporains, on dit que sa réflexion philosophique est à la hauteur de sa discrétion, on dit beaucoup de choses le concernant... Avec Le souci traverse le fleuve, les on-dit deviennent des certitudes. » (Thierry Paquot, La Quinzaine littéraire)
A une époque où, dans le monde entier, des dizaines de milliers de personnes peuvent écouter, sous les formes les plus diverses et dans les conditions les plus extravagantes, La Passion selon saint Matthieu de Jean-Sébastien Bach, Blumenberg s'interroge sur ce que peut entendre et comprendre l'auditeur contemporain. Deux cent cinquante ans seulement se sont écoulés depuis la création de ce chef-d'oeuvre, et pourtant le monde a profondément changé. Mais en dehors des considérations techniques, au sens large du terme, se pose la difficulté de comprendre la Passion du Christ, la passion du Dieu de Jean-Sébastien Bach, le Dieu d'Augustin et de Martin Luther King. Appliquant les catégories de la phénoménologie, convoquant également la théologie, la psychanalyse et l'herméneutique, Blumenberg confronte les Evangiles, le livret de l'oeuvre de Bach et les textes de la tradition théologique pour mesurer la distance qui sépare l'auditeur d'aujourd'hui de la "communauté" pour laquelle Bach composait.
Résumé : "Dans les cavernes qui ont été ses premiers abris, l'homme dessine sur les parois les objets de son désir et de sa lutte pour la vie. Le concept surgit dans la vie d'êtres qui sont chasseurs et nomades. Sans doute peut-on montrer le plus clairement ce dont un concept est capable lorsque l'on songe à la fabrication d'un piège : il est en tous points conçu en fonction de l'aspect, des mesures, du comportement et de la démarche d'un objet qui est seulement espéré, qui n'est pas présent et qu'il faut d'abord amener à être capturé et appréhendé. Cet objet est à son tour lié à des besoins qui ne sont pas ceux du jour même, qui ont donc une dimension temporelle. Une théorie anthropologique du concept est un réquisit urgent, car elle seule permet de prendre en compte sur un mode fonctionnel aussi bien la performance d'un concept que son déficit face à des exigences qui ne procèdent pas d'une forme de vie nomade, mais présupposent le loisir du sédentarisme. Car l'état de choses étonnant est que, certes, le concept est un produit de la vie des chasseurs et des nomades, mais la théorie, qui semble le condensé de ce que permettent de réaliser les concepts, a pour condition la sédentarité urbaine et la division du travail. "
Résumé : Dans cet écrit posthume, Hans Blumenberg étudie le sens et les variations d'une " métaphore directrice " dans la pensée occidentale, celle de la "vérité nue". Il en dégage des usages paradigmatiques : Nietzsche insiste surtout sur les dangers du dévoilement et sur le danger qu'il y aurait à contempler la vérité nue, tandis que Freud confère à la découverte de celle-ci une vertu thérapeutique. La théorie de Pascal, qui souligne la nécessité sociale des apparences, est confrontée à celles de penseurs des Lumières qui se divisent sur les vertus de la mise à nu. Des thèmes marquants de la réflexion de Blumenberg, comme celui du déploiement de la curiosité et des attentes déçues du savoir, du besoin humain de consolation voire d'illusion, apparaissent au fil des pages. On y voit réalisé sur un cas précis le projet "métaphorologique" : à travers l'exploration d'une image, faire apparaître à la fois les mutations de longue durée de la pensée, les déplacements de sens et les trouvailles des philosophes.
Fo Dario ; Cecchinato Toni ; Colchat Nicole ; Rame
Le nouveau dirigeant est arrivé et il nous a dit : "Bravo, vous avez bien fait de désobéir la dernière fois à l'autre dirigeant, qui après tout n'était qu'un révisionniste, un contre-révolutionnaire Vous avez bien fait ! Il faut toujours avoir les tigres avec soi quand l'ennemi est là. Mais à partir de maintenant, ce n'est plus nécessaire. L'ennemi est en fuite... Ramenez immédiatement les tigres dans la forêt." "Comment, encore ?" "Obéir au parti !" "Question de dialectique ?" "Evidemment !" "Bon, suffit !"
Anéantis, la première pièce de la dramaturge anglaise fut créée en 1995 à Londres au Royal Court Theatre. La pièce comme l'auteur devenaient immédiatement célèbres, faisant les gros titres de la presse britannique parce qu'ils décrivaient le viol, la torture et la brutalité de cette guerre qu'on appelle civile.
Malgré l'image d'ermite qu'il s'est forgée ou qu'on lui a faite, Thomas Bernhard a participé activement à la vie sociale de l'Autriche et de l'Allemagne. A partir des années 80, il a adressé à des journaux des textes provocateurs, des "dramuscules" traitant de la xénophobie, du racisme et de la haine de l'autre dans la société d'aujourd'hui.
Olivier Aurélie ; Delaume Chloé ; Chiambretto Soni
21 grands noms de la scène poétique francophone se racontent. Ces lettres racontent leur parcours, leur intimité, leur place dans la société des lettres. Dans ces billets, mots d'humeur, mots d'ordre pour un nouvel ordre du monde, elles prennent le contre-pied d'un lyrisme classique. La femme n'est pas (seulement) Muse, mais Poète, Musicienne, Inspiratrice, Agente de son propre désir. Poésie verticale et adressée, ces lettres racontent les combats, les dialogues et les rencontres qui font de l'écriture une matière politique. Une chair à vif, une matière spirituelle inflammable, une sensualité sans contraintes. Dotées d'une virulence poétique radicale et troublante, ces lettres racontent une soif de partage, un désir de transmission, un rêve de l'autre, l'histoire d'une reconquête de soi. s.