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THEORIE DE L'INCONCEPTUALITE
BLUMENBERG HANS
ECLAT
15,00 €
Épuisé
EAN :9782841624164
Dans les cavernes qui ont été ses premiers abris, l'homme dessine sur les parois les objets de son désir et de sa lutte pour la vie. Le concept surgit dans la vie d'êtres qui sont chasseurs et nomades. Sans doute peut-on montrer le plus clairement ce dont un concept est capable lorsque l'on songe à la fabrication d'un piège : il est en tous points conçu en fonction de l'aspect, des mesures, du comportement et de la démarche d'un objet qui est seulement espéré, qui n'est pas présent et qu'il faut d'abord amener à être capturé et appréhendé. Cet objet est à son tour lié à des besoins qui ne sont pas ceux du jour même, qui ont donc une dimension temporelle. Une théorie anthropologique du concept est un réquisit urgent, car elle seule permet de prendre en compte sur un mode fonctionnel aussi bien la performance d'un concept que son déficit face à des exigences qui ne procèdent pas d'une forme de vie nomade, mais présupposent le loisir du sédentarisme. Car l'état de choses étonnant est que, certes, le concept est un produit de la vie des chasseurs et des nomades, mais la théorie, qui semble le condensé de ce que permettent de réaliser les concepts, a pour condition la sédentarité urbaine et la division du travail. "
Peu après la publication de son étude monumentale sur la Légitimité des Temps modernes, en 1966, Hans Blumenberg s'est lancé dans l'élaboration d'une philosophie du mythe qui a donné lieu à deux grands livres, en 1979 et en 1989, et dont cet ouvrage constitue une présentation d'ensemble. S'il rejette le rêve romantique d'un retour au monde enchanté de la mythologie antique, Blumenberg se refuse àconsidérer le mythe comme un phénomène archaïque, relégué aux oubliettes de l'histoire. Il garde le pouvoir de nous affecter encore. Il continue de vivre dans la littérature et dans l'art, mais aussi dans le savoir. Freud n'en reprend-il pas la forme?C'est que sa fonction est intacte. Loin de représenter une forme déficiente de rationalité, la prolifération extravagante des images mythiques et la mise en récit des conflits souvent dérisoires entre divinités constituent une stratégie efficace pour permettre à une existence humaine fragile de s'émanciperdes contraintes pesantes de sa condition. "Le mythe ne tend pas vers l'absolu, mais plutôt dans ladirection opposée aux catégories qui déterminent la religion et la métaphysique." Son manque de sérieux constitutif lui permet de contourner l'abîme des interrogations métaphysiques. Nietzsche sera parmi les premiers à discerner ce potentiel antithéologique.L'immense savoir historique de Blumenberg fait de ce résumé de sa philosophie du mythe une traversée du panthéon de la culture occidentale, de Platon et Epicure à André Gicle, en passant par Casanova et Schelling.
Philosophe étonnant, déroutant, anti-systématique, Hans Blumenberg est l auteur d une uvre immense. Cet ouvrage en restitue l une des principales lignes directrices: la « métaphorologie », où l image se montre comme la racine de toute pensée conceptuelle. L étude porte ici sur le « naufrage » comme métaphore de l existence humaine, de ses périls, de ses limites. Naufrage qui ne prend son sens qu au regard d un spectateur, fasciné ou contemplatif, distancié ou impliqué, dans le spectacle de la faillite des aventures humaines, du désordre de l Histoire. Une image très simple que celle du naufrage. Blumenberg, à sa manière inimitable, en déploie toute la richesse, convoquant ceux qui l ont travaillée, déplacée, retournée. De Lucrèce à Nietzsche, en passant par Voltaire, Goethe et d autres, il nous invite à une véritable traversée du sens.
Blumenberg Hans ; Buhot de Launay Marc ; Kalinowsk
Extrait de l'introduction Il y a plus d'un monde - voilà une formule qui, dès Fontenelle, a stimulé les Lumières. Avant même le recours à des modèles cosmogoniques, elle est apparue comme la manière la plus puissante de contredire la métaphysique théologique, qui, contrainte de déduire l'unité du monde de la notion de Création, pouvait alors se réclamer de Platon et d'Aristote, parce qu'ils avaient vu et combattu dans la démultiplication du cosmos, chez Démocrite, une destruction de la raison universelle. Lorsque, par son coup de génie précoce, l'idée d'une «histoire naturelle du ciel», Kant rétablit l'unité de l'univers, il forge également, à titre de compromis, l'expression «monde de mondes». Nous vivons dans plus d'un monde est la devise de découvertes qui ont produit le choc philosophique de ce siècle. On peut la lire comme une métaphore absolue des difficultés que nous rencontrons de plus en plus pour rattacher à la réalité quotidienne de notre expérience et de nos capacités de compréhension ce qui se «réalise» dans les régions devenues autonomes de la science, des arts, de la technique, de l'économie, de la politique, du système éducatif et des institutions confessionnelles, et qui est «offert» à un sujet à la fois pris dans un monde vécu et limité par la durée d'une vie pour lui permettre de saisir, tout simplement, dans quelle mesure il «en fait partie», d'emblée et absolument.
Blumenberg Hans ; Trierweiler Denis ; Rusch Pierre
C'est par son scepticisme si particulier consistant à se méfier avec raison des déviations de la raison que Hans Blumenberg (1920-1996) est entré en émigration intérieure. Une émigration qui, après 1945, a refusé une certaine Allemagne; celle de Heidegger et de Gadamer, de Hölderlin lu par eux, l'Allemagne de Jünger le "grand écrivain" et de Carl Schmitt le "grand juriste". Or l'émigration intérieure est un acte de résistance, et celui qui prend cette voie est assuré d'écrire du fond des ténèbres - de profundis! C'est aussi ce qui donne à l'oeuvre de Blumenberg sa profondeur unique, on le verra dans ce livre-ci comme dans tous les autres qui seront un jour traduits. Ainsi sa solitude aussi est-elle relative: "Elle seule, la philosophie, écrit Blumenberg, permet de comprendre ce quelque chose qui, sans elle, nous ferait face comme étant de part en part inconnu et... unheimlich.Que voulions-nous savoir? pourrait être la question traitée dans ce livre-ci, la question qui s'est glissée, depuis les deux siècles qui nous séparent de la Critique de la raison pure de Kant, à la place de sa question fondamentale: Que pouvons-nous savoir? Il est permis de supposer que les déceptions dans la quête du savoir valent aussi d'être étudiées, parce que leur indétermination qui ronge représente un moment de tonalités historiques fondamentales sur une échelle qui va de la résignation jusqu'à la colère contre le monde. Qu'était-ce donc que le savoir semblait proposer, quelles promesses représentait-il? Comment le monde devait-il, aurait-il dû se présenter, si l'incertitude à son égard ne devait plus engendrer le malaise? Ce sont là des questions qui ressemblent à des choses que nous aurions presque oubliées. Elles ont été profondément enfouies comme ce qui ne saurait plus avoir d'importance. La" métaphorologie est un procédé pour débusquer les traces de tels désirs, de telles exigences, qu'il est inutile de qualifier de refoulées pour les trouver intéressantes. Même des attentes qui n'ont pas été comblées et qui ne le seront sans doute jamais sont des faits et des facteurs historiques, des incitations pour des séductions qui se reconstruisent constamment, jusqu'au délirant vogliamo tutto! Le désir souterrain, qui n'a pas été comblé, d'une expérience du monde plus intense, se donne alors des maîtres exotiques. Le thème de la Lisibilité du monde ne permet de traiter que des épisodes. Mais que quelque chose reste un épisode ne suffit pas encore à lui donner tort. L'obstination avec laquelle certaines choses reviennent et s'inventent leurs métamorphoses donne davantage à penser que la stabilité avec laquelle d'autres choses se contentent de simplement rester là. Mais ce qui est en jeu aussi, ce sont les risques de folie préparés par ce qui revient et tient à disposition son énergie désirante pour le moment historique opportun: alors apparaît comme futur tangible ce qui ne peut pourtant être que le correctif d'un présent. Pourtant un désir ne devient pas encore insensé du seul fait que l'on ne saurait le prendre pour la promesse d'un accomplissement possible. Voilà pourquoi le complexe métaphorique de la Lisibilité du monde est aussi un fil d'Ariane de la lucidité. Biographie de l'auteur Hans Blumenberg est né à Lübeck en 1920. Il se fait connaître en 1966 avec La Légitimité des Temps modernes. Auteur d'une bonne trentaine d'ouvrages (dont plus de la moitié posthumes), il a été professeur de philosophie à l'université de Münster. Il meurt en 1996.
Dans le domaine métaphysique, le philosophe et théologien médiéval Guillaume d'Occam énonça des préceptes de simplicité passés à la postérité sous le nom de " Rasoir d'Occam " et sous la forme d'une injonction: Il ne faut pas multiplier les êtres et les principes d'explication au-delà de ce qui est nécessaire. Le " Rasoir de Kant " fait jouer ce même principe d'économie dans le domaine moral, et permet ainsi de dessiner les contours d'une éthique minimaliste, mais non moins propre à la vie sociale. Plus de deux cents ans après Diderot, Ruwen Ogien repose, à sa manière, la question du Supplément au voyage de Bougainville concernant les " inconvénients d'attacher des idées morales à certaines actions qui n'en comportent pas ", et soumet la réflexion morale à un diagnostic qui décevra sans doute les amateurs de certitude, mais réjouira ceux qui se refusent à la réduire au moralisme ambiant.
A partir du jour où, du fait des lois raciales anti-juives, le père de l'auteur est renvoyé de l'Orchestre de la Radio Diffusion italienne où il était violoniste, l'enfance d'Aldo Zargani se déroulera dans un en-deçà du temps fait de déménagements à la sauvette, errances tragi-comiques d'une ville à l'autre, d'une logeuse à l'autre, d'une cache à l'autre, sans que jamais l'espoir de retrouver la lumière ne soit perdu. "Sept ans de malheur" dans la vie d'un enfant, dont l'auteur porte la marque et qu'il relate pourtant avec une verve et une pudeur qu'on a comparées à celles d'un Federico Fellini aux prises avec sa propre enfance dans l'Italie fasciste. Premiers émois amoureux, premières peurs, premiers enthousiasmes et toujours l'amour de ses proches comme mot de passe pour échapper aux situations les plus tragiques. Récompensé par plusieurs prix littéraires lors de sa parution en Italie Pour violon seul a été également traduit en anglais (USA), en allemand et en espagnol, avec chaque fois un succès retentissant.
La géométrie non euclidienne fut non seulement un bouleversement sans précédent dans l'histoire des mathématiques, mais également une bouffée d'air pur pour les partisans d'une "vérité sans les dogmes". Par ce "non" augmentatif, elle affirmait l'existence d'un en-dehors de l'Être, vingt-quatre siècles après le Parménide de Platon, et plaçait, more geometrico, la philosophie dans l'espace de la spiritualité occidentale, ouvrant la voie à la liberté dans le domaine des sciences rigoureuses. C'est aux implications philosophiques de cette révolution mathématique qu'est consacré l'essai d'Imre Toth, qui étudie également certains aspects de la pensée de Gottlob Frege, farouche adversaire de la géométrie non euclidienne, pour en démontrer les impasses et les fourvoiements.
Yona Friedman est né à Budapest en 1923. Il vit et travaille à Paris depuis 1948. Il a publié de nombreux livres, parmi lesquels: L'Architecture mobile (Casterman, 1970), Pour une architecture scientifique (Belfond, 1971), L'Univers erratique (PUF, 1994). Ses Utopies réalisables, publiées pour la première fois en 1975, ont été rééditées aux édifions de l'éclat en 2000.