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Naufrage avec spectateur. Paradigme d'une métaphore de l'existence
Blumenberg Hans
L ARCHE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782851813312
Philosophe étonnant, déroutant, anti-systématique, Hans Blumenberg est l auteur d une uvre immense. Cet ouvrage en restitue l une des principales lignes directrices: la « métaphorologie », où l image se montre comme la racine de toute pensée conceptuelle. L étude porte ici sur le « naufrage » comme métaphore de l existence humaine, de ses périls, de ses limites. Naufrage qui ne prend son sens qu au regard d un spectateur, fasciné ou contemplatif, distancié ou impliqué, dans le spectacle de la faillite des aventures humaines, du désordre de l Histoire. Une image très simple que celle du naufrage. Blumenberg, à sa manière inimitable, en déploie toute la richesse, convoquant ceux qui l ont travaillée, déplacée, retournée. De Lucrèce à Nietzsche, en passant par Voltaire, Goethe et d autres, il nous invite à une véritable traversée du sens.
Blumenberg Hans ; Trierweiler Denis ; Rusch Pierre
C'est par son scepticisme si particulier consistant à se méfier avec raison des déviations de la raison que Hans Blumenberg (1920-1996) est entré en émigration intérieure. Une émigration qui, après 1945, a refusé une certaine Allemagne; celle de Heidegger et de Gadamer, de Hölderlin lu par eux, l'Allemagne de Jünger le "grand écrivain" et de Carl Schmitt le "grand juriste". Or l'émigration intérieure est un acte de résistance, et celui qui prend cette voie est assuré d'écrire du fond des ténèbres - de profundis! C'est aussi ce qui donne à l'oeuvre de Blumenberg sa profondeur unique, on le verra dans ce livre-ci comme dans tous les autres qui seront un jour traduits. Ainsi sa solitude aussi est-elle relative: "Elle seule, la philosophie, écrit Blumenberg, permet de comprendre ce quelque chose qui, sans elle, nous ferait face comme étant de part en part inconnu et... unheimlich.Que voulions-nous savoir? pourrait être la question traitée dans ce livre-ci, la question qui s'est glissée, depuis les deux siècles qui nous séparent de la Critique de la raison pure de Kant, à la place de sa question fondamentale: Que pouvons-nous savoir? Il est permis de supposer que les déceptions dans la quête du savoir valent aussi d'être étudiées, parce que leur indétermination qui ronge représente un moment de tonalités historiques fondamentales sur une échelle qui va de la résignation jusqu'à la colère contre le monde. Qu'était-ce donc que le savoir semblait proposer, quelles promesses représentait-il? Comment le monde devait-il, aurait-il dû se présenter, si l'incertitude à son égard ne devait plus engendrer le malaise? Ce sont là des questions qui ressemblent à des choses que nous aurions presque oubliées. Elles ont été profondément enfouies comme ce qui ne saurait plus avoir d'importance. La" métaphorologie est un procédé pour débusquer les traces de tels désirs, de telles exigences, qu'il est inutile de qualifier de refoulées pour les trouver intéressantes. Même des attentes qui n'ont pas été comblées et qui ne le seront sans doute jamais sont des faits et des facteurs historiques, des incitations pour des séductions qui se reconstruisent constamment, jusqu'au délirant vogliamo tutto! Le désir souterrain, qui n'a pas été comblé, d'une expérience du monde plus intense, se donne alors des maîtres exotiques. Le thème de la Lisibilité du monde ne permet de traiter que des épisodes. Mais que quelque chose reste un épisode ne suffit pas encore à lui donner tort. L'obstination avec laquelle certaines choses reviennent et s'inventent leurs métamorphoses donne davantage à penser que la stabilité avec laquelle d'autres choses se contentent de simplement rester là. Mais ce qui est en jeu aussi, ce sont les risques de folie préparés par ce qui revient et tient à disposition son énergie désirante pour le moment historique opportun: alors apparaît comme futur tangible ce qui ne peut pourtant être que le correctif d'un présent. Pourtant un désir ne devient pas encore insensé du seul fait que l'on ne saurait le prendre pour la promesse d'un accomplissement possible. Voilà pourquoi le complexe métaphorique de la Lisibilité du monde est aussi un fil d'Ariane de la lucidité. Biographie de l'auteur Hans Blumenberg est né à Lübeck en 1920. Il se fait connaître en 1966 avec La Légitimité des Temps modernes. Auteur d'une bonne trentaine d'ouvrages (dont plus de la moitié posthumes), il a été professeur de philosophie à l'université de Münster. Il meurt en 1996.
« Philosophe cultivant le secret, volontairement éloigné de la place publique, Hans Blumenberg bénéficie d un capital de sympathie de la part de ceux qui ne l ont pas encore lu mais en ont entendu parler... On dit qu il est un des plus importants penseurs allemands contemporains, on dit que sa réflexion philosophique est à la hauteur de sa discrétion, on dit beaucoup de choses le concernant... Avec Le souci traverse le fleuve, les on-dit deviennent des certitudes. » (Thierry Paquot, La Quinzaine littéraire)
L'histoire des débuts de la théorie n'étant pas relatée, il n'existe qu'une histoire qui témoigne de ces débuts et qui s'est, au cours des siècles, opiniâtrement maintenue : il s'agit de l'anecdote de Thalès qui, alors qu'il observait les étoiles, tomba un jour dans un puits et dut subir les railleries d'une servante de Thrace accourue pour le secourir. Le grand philosophe qui fonde une théorie de l'origine du monde à partir d'un seul élément, à savoir l'eau, l'astronome qui le premier prédit une éclipse de soleil, suscite le rire de la servante parce qu'il ne voit pas ce qui est devant ses pieds. Les questions soulevées par cette anecdote sont multiples : il en va de l'impact de ce rire sur l'image de la philosophie, de la place du philosophe dans la polis, des rapports entre le proche et le lointain, entre le monde de la vie et le monde des idées, de la liberté du théoricien et de la non-liberté de la servante. Blumenberg analyse les variations de cette histoire au cours des siècles : selon le cas, l'astronome sera anonyme ou identifié nommément, la servante qui se moque de lui jeune ou vieille, le trou dans lequel il chute une citerne ou un fossé. Mais le rire de la servante reste signe de l'incompréhension de la vie quotidienne face à l'étrangeté de la théorie. Blumenberg retrace la réception de cette anecdote depuis les fables d'Esope jusqu'à Heidegger. Il arrive ainsi à saisir l'exceptionnel succès de l'anecdote comme forme de la conscience que la philosophie a d'elle-même : "En fait, on ne peut rire des philosophes que si on se considère soi-même comme leur faisant exception. Et dans cette discipline chacun se considère apparemment comme l'exception de tous les autres."
Résumé : Voici un petit recueil posthume doublement caractéristique de l'auteur, théoricien de la métaphore et fasciné depuis toujours par la figure du lion. Des curiosités " léonines " glanées par le grand philosophe au fil de ses lectures érudites ou dans les pages des faits divers, mais toujours présentées avec une grâce souriante et souvent ironique, dans un style incisif, extraordinairement dense. Ces textes finement ciselés portent un regard pénétrant et non dépourvu d'humour sur l'histoire de la culture humaine, filtrée par le lion, depuis l'origine africaine de l'homme jusqu'aux débats politiques contemporains ; de la littérature à la peinture et à la métaphysique ; de la Bible et d'Euripide à Wittgenstein et même Hitler. Avec un passage obligé par Esope (vu par Luther) et La Fontaine. Car c'est bien sûr la fable qui donne le ton à l'ensemble et Blumenberg termine donc chaque texte par une " morale ", une leçon à méditer, portant sur l'histoire de la pensée, mais uniquement à travers le lion, ou plutôt - nous dit-il - l'absence de lion.
L'Amour de Phèdre semble occuper une position singulière parmi les pièces de Sarah Kane et il est de fait très rare qu'un auteur anglais adapte une pièce classique. L'adaptation s'intègre parfaitement dans l'univers de l'auteur : réapparaissent notamment la dissection d'une émotivité masculine malsaine et nihiliste, tout comme la question de Dieu et les conséquences de la violence.
Olivier Aurélie ; Delaume Chloé ; Chiambretto Soni
21 grands noms de la scène poétique francophone se racontent. Ces lettres racontent leur parcours, leur intimité, leur place dans la société des lettres. Dans ces billets, mots d'humeur, mots d'ordre pour un nouvel ordre du monde, elles prennent le contre-pied d'un lyrisme classique. La femme n'est pas (seulement) Muse, mais Poète, Musicienne, Inspiratrice, Agente de son propre désir. Poésie verticale et adressée, ces lettres racontent les combats, les dialogues et les rencontres qui font de l'écriture une matière politique. Une chair à vif, une matière spirituelle inflammable, une sensualité sans contraintes. Dotées d'une virulence poétique radicale et troublante, ces lettres racontent une soif de partage, un désir de transmission, un rêve de l'autre, l'histoire d'une reconquête de soi. s.
Ce qu'il faut dire est une invitation à habiter ses spiritualités. Dans un monde où les nominations sont enjeux de domination, Léonora Miano invite à prendre ses responsabilités et ses distances quant aux assignations, véhiculées par la langue et les grands récits nationaux. Sa parole, d'une puissance poétique incisive, exhorte à la reconquête des mémoires pour Etre Tout simplement Soi. Requiem pour une vieille Europe des privilèges, ces trois chants sont à lire à voix haute, comme un hymne à la connaissance de soi.
Brecht Bertolt ; Bortholary Bernard ; Duchet Claud
Né le 10 février 1898 à Augsbourg, Bertolt Brecht commence à écrire très tôt. Son premier texte est publié en 1914. Dans ses poèmes, il décrit l'horreur et la solitude engendrées par la guerre, et semble déjà habité de grandes idées et de grandes ambitions.