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LA VENUS HOTTENTOTE ENTRE BARNUM ET MUSEUM
BLANCKAERT CLAU
PSM
35,00 €
Épuisé
EAN :9782856537015
Originaire du cap de Bonne-Espérance, la Vénus hottentote, de son vrai nom Sarah Baartman, fut présentée au public comme "le plus merveilleux phénomène de la nature" dès son arrivée à Londres en 1810. Affublée d'un fessier hors de proportion (stéatopygie), elle fut ainsi chosifiée comme "monstre" de son vivant. A partir de septembre 1814, elle défraya la chronique parisienne avant de mourir dans les derniers jours l'année suivante. Son corps, entièrement moulé puis disséqué au Jardin des plantes, allait un temps rejoindre les collections d'anatomie comparée du Muséum national d'Histoire naturelle. Prise pour type de race "sauvage", la Vénus hottentote n'en perdit pas tout prestige. Ses représentations s'avérant toujours contemporaines de ses usages scientifiques et sociaux, elle parut indistinctement un sujet d'enquête toujours révisable au crible des connaissances et la victime idéale, sollicitée, d'un exorcisme de masse. Au centenaire de sa mort, elle restait une célébrité. Dans le périmètre du Muséum, elle passa des galeries d'anatomie à celles d'anthropologie avant que son moulage, devenu sculpture ethnographique, en vint à exemplifier dans les vitrines du Musée de l'Homme la survivance des "Vénus" stéatopyges de la lointaine préhistoire. Les différents chapitres de ce livre offrent des clés de lecture des imaginaires collectifs, tant savants que populaires, sans nier les zones d'ombre qui entourent la biographie de Sarah Baartman. Ils mettent en évidence les "métamorphoses" complexes de la Vénus hottentote au fil de ses appropriations naturalistes, morales et juridiques, depuis les premiers témoignages des professeurs du Muséum qui l'examinèrent en mars 1815 (Georges Cuvier, Henri de Blainville) jusqu'aux débats du Sénat qui préludèrent à la restitution puis à la cérémonie nationale d'inhumation de ses restes, en août 2002, en présence du président d'Afrique du Sud Thabo Mbeki.
Dès le milieu du XIXe siècle, l'argument d'utilité est souvent avancé par les anthropologues français pour justifier l'importance politique d'une science sans réel statut universitaire. Avec une ardeur prosélytique, ils se projetaient dans l'idéal, en législateurs du genre humain. Pour accroître leur audience, nombre d'entre eux cherchèrent à majorer leur image en soulignant le champ d'applications possibles de leurs savoirs. Ils le feront soit par des propositions concrètes (en matière coloniale, démographique, hygiénique, etc.), soit par des discours-programmes sur les arts du gouvernement, la "question sociale" ou la laïcité. La science devenait la seule source d'inspiration valable pour la direction des hommes. Elle sembla justifier son droit par ses capacités. Piégée entre vulgarisation et stéréotype normatif, l'anthropologie a forgé une conception instrumentale de l'histoire et des rapports sociaux unifiée autour des thèmes du développement (et donc du sous-développement), de la race (des vainqueurs, et donc des vaincus), de l'adaptation (et donc de la déviance), de l'hérédité bonne... ou mauvaise. Dans la période 1860-1940, la représentation professionnelle obéit à une double volonté : ouvrir ses frontières disciplinaires et imposer un magistère d'influence. Cherchant à dévoiler les secrets de l'humanité, elle joue des inquiétudes "fin de siècle" sur la vitalité de la nation comme de l'intérêt populaire qui s'attache au récit des origines ethniques. Ainsi la pratique dit plus que les applications techniques ou les certitudes d'une communauté savante. Le mot évoque aussi les composantes symboliques et identitaires, la compétence experte tournée vers l'objectivation de l'homme, la construction des idéologies modernes, l'ambition réformatrice. Les études de cas présentées dans ce recueil portent sur les savoir-faire de l'anthropologie, de l'investigation de terrain jusqu'aux modes d'intervention dans la vie publique.
Depuis la Révolution française, la sociologie s'est présentée et représentée comme une " physiologie " attachée à rendre sa liberté d'allure à un " corps social " préjugé souffrant, voire moribond. Le sociologue du XIXe siècle connaît ses codes sémiotiques. Il scrute l'irritabilité des organes, enregistre les fièvres civiles et s'efforce d'en comprendre l'origine. Les phénomènes sociaux, en effet, ne vont pas sans raisons. La physiologie est déterministe. Son expertise s'étend aux régulations d'ensemble d'un " superorganisme " social dont l'anatomie morale et les équilibres spontanés procèdent, comme il est d'usage dans les sciences du vivant, d'une problématique des rapports entre structure et fonction, de la hiérarchie des parties constituantes et de l'accommodation aux circonstances externes. Par convergence de but et de moyen, la sociologie rencontre le paradigme de l'organisation. Elle s'agglomère avec l'histoire naturelle jusqu'à s'y confondre pour former avec elle une doctrine connue depuis lors sous le nom d'" organicisme ". Mais la " sociologie biologique ", comme la nommeront défenseurs et détracteurs, n'est pas seulement une science descriptive. C'est aussi une philosophie normative. Tout au long du siècle, elle s'avérera politiquement surdéterminée par son désir d'ordre et sa morale du consensus. Elle participe ainsi d'un discours de propagande et d'inculcation dont l'efficace ne s'est pas démentie depuis Volney et Saint-Simon jusqu'à Durkheim. Cet ouvrage interroge la périodisation du mouvement organiciste, l'étayage biologique des réflexions menées sur la " nature " de la société et l'inspiration solidariste au cœur de la " question sociale ".
Roger Jacques ; Blanckaert Claude ; Roger Marie-Lo
L'histoire des sciences est-elle une histoire comme les autres ? Longtemps apanage exclusif des philosophes, elle était alors, au mieux, réduite à une reconstitution des avancées glorieuses de la science, au pire, à un catalogue des égarements de l'intelligence. Professeur à la Sorbonne et directeur à l'E. H. E. S. S. (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), en même temps qu'il assumait la responsabilité du Centre international de synthèse et du Centre Koyré, Jacques Roger (1920-1990) a, tout au long de sa carrière, défendu et réalisé le projet d'une intégration de la science au sein de l'histoire intellectuelle et culturelle. Dû aux soins de Claude Blanckaert (Centre Koyré) et de Jean Gayon (université de Bourgogne), ce livre, dont certains textes paraissent pour la première fois en France, constitue un ardent plaidoyer en faveur d' "une histoire historienne des sciences" . L'auteur des Sciences de la vie, biographe de Buffon, y fait l'éclatante démonstration de la nécessité de retrouver l'unité de l'esprit humain, par-delà l'indifférence mutuelle entre le scientifique et le littéraire.
Blanckaert Claude ; Fischer Jean-Louis ; Rey Rosel
Historien des sciences, Professeur à l'Université de Paris I et directeur d'études à l'EHESS, Jacques Roger, qui fut également responsable du Centre de Synthèse et du Centre Alexandre Koyré, consacra de très nombreux travaux à l'histoire des sciences naturelles et biologiques. Sa thèse, Les Sciences de la vie dans la pensée française du XVIIIe siècle, plusieurs fois rééditée, lui valut une audience internationale. Il venait de publier une magistrale biographie de Buffon, un philosophe au jardin du roi. Les études réunies ici, témoignages amicaux de chercheurs français et étrangers, traduisent la vitalité d'une discipline qu'il s'était attaché à développer en France, ainsi que l'étendue de ses domaines de recherches. Regroupées autour de quatre thèmes, "Interpréter la nature" , "Sciences de la vie : médecine et biologie ; les transformismes" , "Science et Société : la responsabilité du savant" , "Histoire de l'homme, science des hommes" , elles illustrent la complexité des liens entre Nature, Histoire et Société.
Résumé : Le littoral est une zone d'interface conflictuelle où il convient de mettre en place une politique coordonnée de protection. Cet ouvrage recense les éléments de la politique actuelle de préservation du patrimoine naturel dans le cadre d'une gestion intégrée des zones côtières de la France métropolitaine à partir d'une approche globale (terre/mer) et pluridisciplinaire (droit, écologie, biologie, géographie). Il prend pour exemples trois littoraux : la région Provence-Alpes Côte d'Azur, le littoral atlantique de la baie de Bourgneuf au Golfe du Morbihan et la Côte d'Opale. Les interactions entre les intervenants multiples sur le littoral imposent une clarification du système de répartition des compétences, une harmonisation et une coordination institutionnelle. La réforme du statut du Conservatoire du Littoral et des Rivages Lacustres prévoit désormais son intervention au domaine public maritime, elle offre des perspectives suffisantes pour conforter cet organisme dans son rôle d'acteur de la protection du patrimoine naturel littoral.
Ce livre est le premier ouvrage consacré aux espèces de poissons et de crustacés d'eau douce de Polynésie française. Il s'adresse tant aux naturalistes et aux enseignants qu'aux chercheurs, aux pêcheurs ou aux aquariophiles. Son objectif principal est de servir de guide aux Polynésiens afin de les aider à la gestion et à la conservation des communautés aquatiques. La biodiversité des eaux douces de Polynésie française est importante, on y recense ainsi 37 espèces de poissons d'eau douce et 18 de crustacés décapodes. Certaines îles possèdent des espèces que l'on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde: ces endémiques représentent plus de 31 % des espèces (40,5 % pour les poissons et 11 % pour les crustacés). Aux Marquises, 64 % des espèces de poissons sont endémiques. Pour chaque espèce une fiche descriptive renseigne sur la biologie, l'écologie et la répartition dans la région Pacifique et plus précisément en Polynésie à l'aide d'une carte détaillée. Des photos inédites, ou des dessins, sont proposés pour illustrer les espèces et des clefs de détermination simples, permettent de les différencier les unes des autres.
Ce livre est le premier ouvrage traitant de manière exhaustive des espèces de poissons et de crustacés décapodes d'eau douce de la Martinique. Il est destiné aux naturalistes, aux chercheurs, aux enseignants ou aux pécheurs. Son objectif est aussi d'être un outil mis à la disposition des gestionnaires afin d'aider à la gestion et à la conservation de la faune aquatique. Il présente d'abord les caractéristiques des milieux aquatiques de la Martinique puis il retrace l'histoire de l'ichtyologie et des introductions d'espèces. La Martinique compte 22 espèces de poissons d'eau douce et 13 espèces de crustacés décapodes. Pour chacune d'entre-elles des fiches renseignent leur description. leur biologie et leur répartition à l'aide d'une carte détaillée. Des photos ou des dessins sont proposés pour illustrer les espèces et des clés de détermination, simples, permettent de les différencier.
Résumé : De nombreux organismes sont composés de parties répétées, identiques ou modifiées (segments de vers de terre, vertèbres, etc.). Ce mode d'organisation fait l'objet depuis la fin du XVIIIe siècle, de nombreuses interrogations de la part des biologistes : quelle est sa signification anatomique, comment se met-il en place lors de l'embryogenèse, que peut-on en déduire sur l'évolution des espèces, etc. ? Ce livre retrace l'histoire de ces questionnements, des théories et des concepts qu'ils ont suscités depuis deux siècles. Il montre que ce problème de la répétition des parties n'a cessé d'occuper une position centrale, au carrefour de plusieurs disciplines biologiques, et ce jusqu'à nos jours.