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Les politiques de l'anthropologie. Discours et pratiques en France (1860-1940)
Blanckaert Claude
L'HARMATTAN
45,00 €
Épuisé
EAN :9782747503501
Dès le milieu du XIXe siècle, l'argument d'utilité est souvent avancé par les anthropologues français pour justifier l'importance politique d'une science sans réel statut universitaire. Avec une ardeur prosélytique, ils se projetaient dans l'idéal, en législateurs du genre humain. Pour accroître leur audience, nombre d'entre eux cherchèrent à majorer leur image en soulignant le champ d'applications possibles de leurs savoirs. Ils le feront soit par des propositions concrètes (en matière coloniale, démographique, hygiénique, etc.), soit par des discours-programmes sur les arts du gouvernement, la "question sociale" ou la laïcité. La science devenait la seule source d'inspiration valable pour la direction des hommes. Elle sembla justifier son droit par ses capacités. Piégée entre vulgarisation et stéréotype normatif, l'anthropologie a forgé une conception instrumentale de l'histoire et des rapports sociaux unifiée autour des thèmes du développement (et donc du sous-développement), de la race (des vainqueurs, et donc des vaincus), de l'adaptation (et donc de la déviance), de l'hérédité bonne... ou mauvaise. Dans la période 1860-1940, la représentation professionnelle obéit à une double volonté : ouvrir ses frontières disciplinaires et imposer un magistère d'influence. Cherchant à dévoiler les secrets de l'humanité, elle joue des inquiétudes "fin de siècle" sur la vitalité de la nation comme de l'intérêt populaire qui s'attache au récit des origines ethniques. Ainsi la pratique dit plus que les applications techniques ou les certitudes d'une communauté savante. Le mot évoque aussi les composantes symboliques et identitaires, la compétence experte tournée vers l'objectivation de l'homme, la construction des idéologies modernes, l'ambition réformatrice. Les études de cas présentées dans ce recueil portent sur les savoir-faire de l'anthropologie, de l'investigation de terrain jusqu'aux modes d'intervention dans la vie publique.
La France possède 47% du marché mondial des produits de luxe. Fierté nationale, convoitises internationales. Tout le monde en rêve, tout le monde en veut. Et dans les souks d'Istanbul - et ailleurs - les (fausses) Lacoste se vendent comme des petits pains; sur dix produits contrefaits dans le monde, sept sont français! Ainsi estime-t-on le chiffre d'affaires de la contrefaçon à quelque 6 milliards par an! C'est donc un véritable arsenal juridique international que l'industrie du luxe a dû imposer pour se protéger. Autre problème: que devient un produit de luxe à l'heure de la grande distribution? Peut-on vendre une montre Cartier en libre-service? Et à l'heure du télé-achat? Mais comment ne pas tomber dans le refus de vente? Le luxe, c'est aussi la glorification du travail manuel, la noblesse de l'apprentissage et enfin et peut-être surtout un art de vivre; ne parle-t-on pas d'admettre dans le fameux Comité Colbert le boulanger parisien Poilâne ou le fabricant de sorbets Bertillon?
Loty Laurent ; Blanckaert Claude ; Renneville Marc
L'histoire des sciences de l'homme se développe en France à la croisée des disciplines, de la philosophie et de l'histoire intellectuelle. Interrogations, doutes éthiques, réformisme politique suscitent une réflexion épistémologique. Il s'agit de comprendre quelle est la place de la science dans le monde moderne. Dorénavant l'étude des sciences de l'homme assume une dimension proprement culturelle en modifiant notre perception théorique des systèmes sociaux et en mettant à bonne distance les images vieillies couramment associées à la notion même de science. Un clivage s'est ainsi opéré entre une représentation mémoriale du passé, propre à la commémoration institutionnelle des "héros fondateurs", et une histoire "historienne" des sciences qui étudie le contexte d'émergence de ces savoirs omniprésents et, souvent, redoutés. Les sciences de l'homme figurent à leur tour une activité de production de l'humain, de ses modèles historiques et de leur incessante transformation. A l'occasion de ses dix ans d'existence, la Société française pour l'histoire des sciences de l'homme a organisé un colloque international qui s'est tenu à Paris. Les responsables de ces journées ont choisi d'interroger les opérateurs généraux qui donnent cohérence à un projet commun d'analyse des sciences humaines : la périodisation, les usages historiographiques dans les disciplines, les tendances actuelles de l'épistémologie, le rapport conflictuel des sciences humaines aux savoirs qui les bordent.
Depuis la Révolution française, la sociologie s'est présentée et représentée comme une " physiologie " attachée à rendre sa liberté d'allure à un " corps social " préjugé souffrant, voire moribond. Le sociologue du XIXe siècle connaît ses codes sémiotiques. Il scrute l'irritabilité des organes, enregistre les fièvres civiles et s'efforce d'en comprendre l'origine. Les phénomènes sociaux, en effet, ne vont pas sans raisons. La physiologie est déterministe. Son expertise s'étend aux régulations d'ensemble d'un " superorganisme " social dont l'anatomie morale et les équilibres spontanés procèdent, comme il est d'usage dans les sciences du vivant, d'une problématique des rapports entre structure et fonction, de la hiérarchie des parties constituantes et de l'accommodation aux circonstances externes. Par convergence de but et de moyen, la sociologie rencontre le paradigme de l'organisation. Elle s'agglomère avec l'histoire naturelle jusqu'à s'y confondre pour former avec elle une doctrine connue depuis lors sous le nom d'" organicisme ". Mais la " sociologie biologique ", comme la nommeront défenseurs et détracteurs, n'est pas seulement une science descriptive. C'est aussi une philosophie normative. Tout au long du siècle, elle s'avérera politiquement surdéterminée par son désir d'ordre et sa morale du consensus. Elle participe ainsi d'un discours de propagande et d'inculcation dont l'efficace ne s'est pas démentie depuis Volney et Saint-Simon jusqu'à Durkheim. Cet ouvrage interroge la périodisation du mouvement organiciste, l'étayage biologique des réflexions menées sur la " nature " de la société et l'inspiration solidariste au cœur de la " question sociale ".
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.