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Voronej
Bielski Nella
TEMPS IL FAIT
17,00 €
Épuisé
EAN :9782868532428
Je montai l'escalier en courant, j'ouvris la porte, Gaïana était là, s'essuyant les cheveux avec le peignoir de bains. Je vis, entre elle et moi, dans un grand pot de fer blanc, des fraises des bois. On ne sentait qu'elles dans la chambre. - Cadeau d'Ossip Emilievitch, dit-elle de sa voix de tous les jours. Elle se tut. Puis, dans le vide, elle dit : - Voronej est tout près. C'est seulement sur la carte qu'elle a l'air loin, Paul. C'est tout près. " 1935 : une femme, russe vivant à Paris, retourne dans son pays. Elle reconstitue la trame de sa vie, et va à la rencontre d'êtres d'une humanité exceptionnelle - on s'aperçoit au passage qu'il pourrait bien s'agir des grandes figures de la poésie contemporaine dont nous n'avons appris les noms que récemment -, qui se débattent dans un monde menacé de silence, hanté par la peur, le mal, et cependant porté par une formidable aspiration au bonheur.
J'aimais Paul, quand j'avais vingt ans. C'est ce qui, plus que les piqûres, me permit de tenir tête aux interrogatoires des séides du Parti, place du Manège, après qu'en réunion des komsomols j'eus pris la défense d'Alexandre Lévy, mon camarade de Faculté, qui s'était inventé de toutes pièces une épouse et un fils. Alexandre Lévy ne faisait de mal à personne, ses imaginations l'aidaient à vivre, c'est tout, et la déception que je ressentis de ne plus pouvoir lui remettre pour son fils David les deux oranges que j'avais apportées à son intention dans mon cartable n'était rien en comparaison de ce qu'Alexandre Lévy devait souffrir pour s'inventer, jusqu'à ce point, un monde supportable. Il était juif, et moi je ne l'étais pas. Il savait déjà, sur ce qui se passait chez nous, mille choses que je n'appris que plus tard. Il était plus désespéré que moi, il avait de quoi l'être, il était bien plus intègre que moi, peut-être. Je ne m'énonçai pas tout cela pendant la réunion des komsomols, rien en moi n'était conscient, je fus portée par une violence qui me venait de très loin, la même qui quinze années plus tard allait m'inciter à faire la valise de Paul, un soir d'octobre".
Résumé : " C'est dans une nuit comme celle-là, où l'on se sent comme un radeau perdu au large d'un océan, que j'ai pu aller à ta rencontre, que j'effeuillais tes Élégies, Rainer, que je piétinais dans ton Weltinnenraum. Parfois, je pleurais comme toi, comme cela t'arrivait de pleurer, le visage pris entre les mains. Et c'était pour moi comme un dénouement, comme un fruit qui tombe. Ne disais-tu pas que les pleurs sont les frères cadets de la joie, mais inversés, comme penchés ? " Cet ouvrage est le " récit d'une expérience en Rilke " autant qu'il est un essai sur l'?uvre et la personnalité du grand poète de langue allemande, c'est une étude brillante autant qu'un hymne vibrant de passion. C'est un livre, unique en son genre, de critique amoureuse - où Nella Bielski se montre l'égale de ses s?urs spirituelles Tsvetaeva, Lou Andreas-Salomé...
Résumé : Un panorama de l?histoire (passée et contemporaine) spirituelle de l?humanité : tel est l?objet de l?essai de J-P Bilski. Décrivant les religions de par le monde et au fil des siècles, les croyances et dogmes sur lesquels elles s?appuient, les phases glorieuses ou ténébreuses qu?elles ont connues, les tiraillements idéologiques qui les caractérisent, l?auteur met en évidence, parallèlement aux espérances portées par toute foi, les risques que cette dernière recèle quand elle prend de l?ampleur et s?institutionnalise. Car, s?il ne saurait être question de remettre en cause la liberté de croire pour l?essayiste, il faut toujours défendre la liberté, en son sens le plus large, le plus absolu, le plus raisonné, partout où se trouve un homme ou une femme, c?est-à-dire un citoyen ou une citoyenne. Se démarquant des charges virulentes et caricaturales contre la religion, refusant de dénigrer les croyants ou de les aborder avec condescendance, J-P Bilski choisit de penser les faits religieux et leurs dangers avec pondération, mesure, intelligence, relativisme, calme, tolérance mais non moins intransigeance, guidé qu?il est par un esprit laïc. Ces intentions et la tonalité de cet ouvrage permettent ainsi de dépassionner un débat qui doit être soulevé sereinement car, que nous soyons fidèle ou athée, il nous concerne tous.
Résumé : " L'un des plus beaux livres écrits sur Rome. Une Rome suspendue entre le clair et l'obscur, le ciel et les ruines, les enfers et l'au-delà : une ville de fontaines et de foudre, de fleuve et d'incendie, de fables et d'artifices; cité du théâtre et de l'illusion, élémentaire comme Isis, tragique comme Borromini, abyssale comme Piranese... Et l'érudition est voilée comme chez Nerval, c'est une érudition qui joue, invente jusqu'au délire, tire des feux d'artifice, pâlit avec les couleurs et les reflets de la nacre, avant de s'éteindre dans la mélancolie. " Pietro Citati
Mécompris, censuré, tout ensemble adoré et haï, le recueil des Petites pièces philosophiques (Operette morali) apparaît comme le revers implacable du lyrisme des Canti. Leopardi, négligeant dédaigneusement l'arsenal romantique, y déploie les ressources d'une prose à la fois délicieuse et terrifiante, dont la littérature européenne offre bien peu d'exemples. Dans ce petit théâtre philosophique, fiévreusement élaboré au début du XIXe siècle, le nihilisme moderne semble naître tout armé. Schopenhauer, Nietzsche, grands lecteurs de Leopardi, creuseront ce sillon ; d'autres suivront celui du Désir. Grosses d'un désespoir qui est déjà le nôtre, ces pièces témoignent aussi de la littérature comme activité frivole et nécessaire, comme exercice presque joyeux du sens contre le rien.