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Voyages en Tunisie. Chateaubriand, Dumas, Flaubert, Maupassant
Biasi Pierre-Marc de
CNRS EDITIONS
12,00 €
Épuisé
EAN :9782271125071
Découvrir un pays revient toujours à mettre ses pas dans les traces de ceux qui nous y ont précédés. Quand il s'agit d'écrivains ou d'artistes, ces traces sont des mots et des images que le voyage fait confusément ressurgir dans notre mémoire pour nous aider à vivre plus intensément le présent. C'est le défi de ce livre : partir en Tunisie en compagnie de grands écrivains français qui l'ont traversée à quatre moments du xixe ? siècle : Chateaubriand en 1807, Dumas juste avant la révolution de 1848, Flaubert pour écrire Salammbô en 1858 et Maupassant, vers la fin du siècle. Leurs récits sont très contrastés : promenade érudite, journal de voyage picaresque, carnet de repérage littéraire, reportage de presse. Une diversité de points de vue qui témoigne d'intentions et de sensibilités différentes, mais qui enregistre aussi les étapes d'une irréversible métamorphose sous l'effet de l'Histoire. Avec une formidable leçon politique : c'est le regard anticolonial de Flaubert et de Maupassant qui nous donne l'image la plus authentique de l'identité tunisienne, de ce qu'elle persiste à être en dépit de l'occupation française. Textes édités par Pierre-Marc de Biasi, directeur de recherche émérite à l'Institut des Textes et Manuscrits modernes de Paris (ENS/CNRS). Il a publié de nombreux ouvrages sur Flaubert, la critique génétique, la médiologie et l'histoire des idées.
Scénarios, croquis, crayonnés, storyboards, expositions d'archives anciennes ou vivantes, témoignages d'artistes, la bande dessinée nous adresse depuis plusieurs décennies des signaux puissants qui sont autant d'injonctions à une approche génétique de ses processus de création. La revue Genesis avait déjà ouvert ses pages à l'architecture, au cinéma, à la musique, aux arts plastiques et à la photographie. Elle répond aujourd'hui à la nécessité critique de donner toute sa place au " neuvième art " en interrogeant la narration graphique dans l'extraordinaire diversité de ses moyens et de ses métamorphoses. Des naissances de l'idée scénaristique à la planche imprimée, de l'esquisse à l'album, c'est à la découverte d'un véritable univers que nous invite la genèse de la BD. Plonger dans l'archéologie des carnets, comprendre l'évolution du trait et des couleurs, reconstituer les étapes successives des crayonnés : c'est observer, comme on a appris à le faire pour les brouillons littéraires, les bifurcations, les renoncements, les repentirs, les décisions de la main aux prises avec la pensée graphique. Pour la première fois dans l'histoire de la génétique, la bande dessinée est ici saisie à l'état naissant, à travers cette " pensée-dessin " qui lui est propre, et à la faveur d'une exploration que nous avons voulue résolument intérieure à l'acte créatif. Les paysages inédits que tracent les archives de la BD font apparaître des sentiers de la création encore mal connus : autant de pistes et de révélations que la recherche génétique, grâce à son héritage théorique, est sans doute la mieux à même de formuler et d'approfondir pour renouveler l'approche d'un des secteurs les plus vivants de la création contemporaine.
Biasi Pierre-Marc de ; Castiglione Agnès ; Viart D
L'?uvre de Pierre Michon n'est-elle pas déjà celle d'un classique ? La question émerge à un tournant historique : à un moment où les textes de Michon atteignent de nouveaux cercles de lecteurs et où son écriture elle-même pourrait, à cette occasion, chercher à se construire de nouveaux défis. Certains textes comme La Grande Beune, ou Les Onze, ne vont-ils pasconnaître une seconde floraison ? Le charme et le démon de l'inachevé traversent l'écriture de Pierre Michon comme un label de l'inimitable et la promesse d'une perpétuelle continuation. La chance nous est donnée par l'écrivain lui-même de chercher à comprendre cette aventure à l'état naissant : dans l'épaisseur sauvage de ses carnets de travail, à même la genèse du texte tel qu'il est en train de s'inventer, avec la chance exceptionnelle de pouvoir interroger son créateur. Ce sera, pour la lecture de l'?uvre, l'une des grandes nouveautés de ce colloque et des recherches à venir. Que va-t-on trouver à travers ces traces de la création ? Un formidable chantier intellectuel, une profusion de matériaux imaginaires et quelques aperçus inédits sur l'art de l'écrivain... mais surtout une énergie, une logique, une «percolation» qui constituent la signature inimitable d'une écriture. Comment la qualifier ? Comment résumer la singularité paradoxale de cette ?uvre, à la fois baroque et boutonnée, naturelle et fardée, noble et roturière,sauvage et réglée, cruelle et généreuse, si ce n'est par cette hypothèse : cette écriture ne serait-elle pas tout simplement en train de construire la langue classique de notre temps ?
L'érotisme n'est pas la pulsion sexuelle, mais sa représentation, le symbole par lequel Eros, artiste et technicien, reformule siècle après siècle notre puissance à connaître physiquement la saveur de l'éternité. Le culte du plaisir a été trop souvent pris en otage par les sectateurs de l'effroi et de la souillure: après un millénaire et demi de répression, le désir sexuel garde un amour coupable pour ses tortionnaires, au point de se laisser aller parfois à la dérive. Mais cet érotisme-là ne peut nous faire oublier l'étendue infiniment plus vaste et, somme toute, plus enthousiasmante, d'un autre érotisme, affirmatif, joyeux et libérateur: celui qui a fondé le socle mythique des premières civilisations, qui oeuvre à concilier le désir et les spiritualités, qui participe à tous les combats pour l'émancipation des corps et des esprits, celui enfin qui a fait notre modernité. C'est cette histoire bouleversante - la nôtre - que Pierre-Marc de Biasi nous conte avec émotion et en toute liberté.
Qu'est-ce qu'une vie d'écrivain? Une enfance, des amours, des voyages, des amitiés, des soucis d'argent, des mondanités, des succès, des revers... Mais, au fond, tout cela a-t-il quelque chose à voir avec l'oeuvre, l'écriture, le style? Et qu'est-ce qui fait que cette vie-là, précisément, est celle d'un écrivain? Ces questions touchent toute entreprise biographique mais elles deviennent cruciales quand on aborde une figure comme celle de Gustave Flaubert. Si son oeuvre a révolutionné le romanesque, c'est au nom de nouvelles exigences - l'impersonnalité, le refus de conclure, la relativité des points de vue - qui installent au coeur de son écriture une figure du vide: "Personnalité de l'auteur: absente." Comment, dans ce cas, partir à la recherche de l'écrivain sans trahir son projet? Pour lui, l'oeuvre est tout, l'auteur n'est rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes comme s'il n'avait jamais existé... Le problème s'aggrave encore si l'on considère l'autre aspect des choses: le versant "guenilles" de sa vie. Là, c'est bien pire: non seulement nul ne doute que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée très précise de son agenda en se plongeant dans les cinq mille pages de sa Correspondance. À l'impersonnalité structurale de l'oeuvre répond une exceptionnelle réussite de l'écriture du quotidien, tour à tour profonde, cinglante, drôle, émouvante... C'est en jouant sur ce double registre que Pierre-Marc de Biasi ressuscite ici son Flaubert. De l'oeuvre à l'existence, en perpétuel aller-retour. Avec, entre les deux, "une manière spéciale de vivre"...
Charles Darwin, Lord William Kelvin, Linus Pauling, Fred Hoyle, Albert Einstein : cinq scientifiques hors du commun qui ont accompli des découvertes scientifiques considérables. Mais également cinq hommes qui se sont aussi, souvent en même temps, parfois lourdement, fourvoyés sur certains sujets. Charles Darwin n'a pas bien évalué les effets de " dilution " dans la transmission des caractères génétiques ; Lord Kelvin a largement sous-évalué l'âge de la Terre ; Linus Pauling s'est fait " coiffer au poteau " dans la découverte de la structure de l'ADN par Jim Watson et Francis Crick ; Fred Hoyle fut un partisan irréductible de la théorie de l'Univers stationnaire ; enfin, Einstein créa une constante cosmologique pour une mauvaise raison. Il ne s'agit pas d'énumérer les erreurs de ces grands hommes, mais bien plutôt de constater et d'analyser les conséquences bénéfiques de ces errements : la théorie de l'évolution de Darwin fonde la génétique moderne ; Kelvin enseigne à ses successeurs comment utiliser la thermodynamique en astronomie et en géologie ; Linus Pauling introduit superbement les considérations chimiques en biologie ; Fred Hoyle démontre les bienfaits et les limites des approches scientifiques qui se démarquent des théories " à la mode " et, curieusement, au lieu d'être une erreur, l'introduction de la constante cosmologique par Einstein s'avère extraordinairement bénéfique. C'est à une véritable enquête policière, qui dévoile de nombreux aspects jusque-là ignorés de l'histoire des sciences, que s'est consacré l'astrophysicien Mario Livio, qui expose ici de façon originale et vivante les chemins parfois tortueux empruntés par la recherche scientifique.
Vauchez André ; Armogathe Jean-Robert ; Richard Vi
Résumé : Le sort tragique des martyrs chrétiens a entraîné une vénération de leurs dépouilles, qui s'est étendue aux saints moines et moniales et aux fondateurs d'ordres religieux. Peu à peu, une galerie de " grands témoins " s'est constituée, rassemblant des milliers de saints : martyrs et confesseurs, moines et docteurs, pieux laïcs et saintes femmes. Par le témoignage de leur vie, leur prédication ou leurs actes de charité, les saints ont rempli le paysage cultuel du christianisme : lieux-dits, prénoms, patronymes... jusqu'aux gares et aux stations de métro, les noms des saints sont devenus familiers. Entre légende et histoire, ce grand dictionnaire entreprend de les faire mieux connaître avec plus de 300 entrées, d'Aaron à Zénon de Vérone : saints et bienheureux catholiques et orthodoxes, d'Orient et d'Occident, mais aussi grands témoins anglicans et protestants. Un dictionnaire monumental et unique afin de mieux comprendre, au plus près de la vérité historique, la personnalité, les écrits et la postérité de ces hommes et de ces femmes dont la vie a été retenue comme exemplaire par leurs contemporains et dont la mémoire est parvenue jusqu'à nous.
C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos ! Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ? Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance). Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc. , il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain. L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.