Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Genesis N° 43/2016 : Bande dessinée
Biasi Pierre-Marc de ; Vigier Luc
SUP
33,00 €
Épuisé
EAN :9791023105490
Scénarios, croquis, crayonnés, storyboards, expositions d'archives anciennes ou vivantes, témoignages d'artistes, la bande dessinée nous adresse depuis plusieurs décennies des signaux puissants qui sont autant d'injonctions à une approche génétique de ses processus de création. La revue Genesis avait déjà ouvert ses pages à l'architecture, au cinéma, à la musique, aux arts plastiques et à la photographie. Elle répond aujourd'hui à la nécessité critique de donner toute sa place au " neuvième art " en interrogeant la narration graphique dans l'extraordinaire diversité de ses moyens et de ses métamorphoses. Des naissances de l'idée scénaristique à la planche imprimée, de l'esquisse à l'album, c'est à la découverte d'un véritable univers que nous invite la genèse de la BD. Plonger dans l'archéologie des carnets, comprendre l'évolution du trait et des couleurs, reconstituer les étapes successives des crayonnés : c'est observer, comme on a appris à le faire pour les brouillons littéraires, les bifurcations, les renoncements, les repentirs, les décisions de la main aux prises avec la pensée graphique. Pour la première fois dans l'histoire de la génétique, la bande dessinée est ici saisie à l'état naissant, à travers cette " pensée-dessin " qui lui est propre, et à la faveur d'une exploration que nous avons voulue résolument intérieure à l'acte créatif. Les paysages inédits que tracent les archives de la BD font apparaître des sentiers de la création encore mal connus : autant de pistes et de révélations que la recherche génétique, grâce à son héritage théorique, est sans doute la mieux à même de formuler et d'approfondir pour renouveler l'approche d'un des secteurs les plus vivants de la création contemporaine.
Qu'est-ce qu'une vie d'écrivain? Une enfance, des amours, des voyages, des amitiés, des soucis d'argent, des mondanités, des succès, des revers... Mais, au fond, tout cela a-t-il quelque chose à voir avec l'oeuvre, l'écriture, le style? Et qu'est-ce qui fait que cette vie-là, précisément, est celle d'un écrivain? Ces questions touchent toute entreprise biographique mais elles deviennent cruciales quand on aborde une figure comme celle de Gustave Flaubert. Si son oeuvre a révolutionné le romanesque, c'est au nom de nouvelles exigences - l'impersonnalité, le refus de conclure, la relativité des points de vue - qui installent au coeur de son écriture une figure du vide: "Personnalité de l'auteur: absente." Comment, dans ce cas, partir à la recherche de l'écrivain sans trahir son projet? Pour lui, l'oeuvre est tout, l'auteur n'est rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes comme s'il n'avait jamais existé... Le problème s'aggrave encore si l'on considère l'autre aspect des choses: le versant "guenilles" de sa vie. Là, c'est bien pire: non seulement nul ne doute que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée très précise de son agenda en se plongeant dans les cinq mille pages de sa Correspondance. À l'impersonnalité structurale de l'oeuvre répond une exceptionnelle réussite de l'écriture du quotidien, tour à tour profonde, cinglante, drôle, émouvante... C'est en jouant sur ce double registre que Pierre-Marc de Biasi ressuscite ici son Flaubert. De l'oeuvre à l'existence, en perpétuel aller-retour. Avec, entre les deux, "une manière spéciale de vivre"...
Pierre Marc de Biasi est directeur de recherche au CNRS (ITEM, Institut des Textes et Manuscrits modernes). Spécialiste de critique génétique, il est l'auteur de nombreux ouvrages sur Flaubert, la littérature et l'art du XIXe siècle. Il est l'auteur de Le Papier, une aventure au quotidien dans la collection Découvertes.
Résumé : lI y a dix ans, Steve Jobs présente son dernier-né : iPhone, premier téléphone cellulaire contenant un navigateur Internet, un iPod et un écran tactile multi-touch. C'est une révolution. Depuis, le smartphone a su se rendre aussi indispensable que l'air que l'on respire : on ne l'éteint que forcé et contraint, on ne s'en sépare jamais, au point que certains parlent de pathologie addictive, d'amnésie, d'hyper connexion, de confusion mentale. D'un autre côté, chacun mesure l'étendue des services rendus : communiquer, s'informer, traduire, écouter, lire, écrire, voir, photographier, se localiser, payer, jouer... Le smartphone n'est pas qu'un intercesseur efficace du réel, il est devenu notre point de vue sur le monde. Son rôle de médiateur est tel qu'il finit par adhérer à nous comme une sorte d'artefact organique, sans frontière entre l'outil et son utilisateur. Avec l'intelligence artificielle et la 5G, le smartphone augmenté nous dotera de super pouvoirs, mais en aggravant les dangers. 11 nous a appris à désapprendre : il fera de nous des assistés. Il vend nos profils au plus offrant : il servira à nous manipuler pour orienter nos votes. Il espionne notre vie privée : il fera de nous les sujets d'un véritable empire de la surveillance. A moins qu'il ne devienne l'instrument d'une nouvelle conscience collective capable de donner leurs chances à la fraternité, à la démocratie directe et à la survie de la planète. Enrichi de témoignages, Le troisième cerveau est un essai décapant sur un comportement à risque : notre sujétion aveugle à l'objet fétiche de la culture numérique.
Toute création, intellectuelle ou artistique, procède à un certain recyclage de formes et de matériaux empruntés à la tradition ou à l'environnement contemporain. La critique des sources interprétait ce phénomène en termes d'imitation et l'intertextualité en termes d'interrelation ; en préférant parler d'exogenèse, la critique génétique y voit une logique d'appropriation transformationnelle aussi décisive que celle de l'autonomie et de la spontanéité créative. L'exogenèse désigne la dynamique qui anime le travail de l'écrivain quand il recherche, sélectionne, modifie et intègre des textes, des modèles ou des informations dont les sources sont extérieures à sa propre écriture. Le concept d'exogenèse a donc reformulé, en termes de processus, la notion d'intertextualité, initialement conçue pour l'interprétation du texte littéraire publié, de manière à la rendre opérationnelle pour élucider les phénomènes temporalisés et volatiles de la genèse. Cette adaptation s'est traduite par un renouvellement substantielle des points de vue critiques, des méthodes d'approche et des objets de recherche. Cette différenciation se fait encore plus sensible aujourd'hui si l'on considère les nouvelles zones d'application non exclusivement textuelles (histoire de l'art, architecture, musique, sciences, etc.) auxquelles les études d'exogenèse entendent apporter leurs contributions, au-delà du domaine spécifiquement littéraire qui reste celui de l'intertextualité.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Le progrès technique est-il issu du seul esprit de scientifiques, ou le résultat d'un encouragement politique ? La "révolution scientifique" à l'oeuvre entre le XVIe et le XVIIIe siècle donne lieu à un foisonnement sans précédent d'innovations scientifiques et techniques, mettant en scène un fructueux dialogue entre science(s) et pouvoir(s). L'ouvrage propose des mises au point historiographiques sur des thèmes encore peu explorés : débats autour de l'attraction magnétique, naissance de la médecine du travail, intervention royale dans la recherche d'une méthode de calcul des longitudes, ingénierie des aménagements portuaires...