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Génésis N° 51/2020 : Intertextualité-Exogenèse
Biasi Pierre-Marc de ; Gahungu Céline
SUP
33,00 €
Épuisé
EAN :9791023107043
Toute création, intellectuelle ou artistique, procède à un certain recyclage de formes et de matériaux empruntés à la tradition ou à l'environnement contemporain. La critique des sources interprétait ce phénomène en termes d'imitation et l'intertextualité en termes d'interrelation ; en préférant parler d'exogenèse, la critique génétique y voit une logique d'appropriation transformationnelle aussi décisive que celle de l'autonomie et de la spontanéité créative. L'exogenèse désigne la dynamique qui anime le travail de l'écrivain quand il recherche, sélectionne, modifie et intègre des textes, des modèles ou des informations dont les sources sont extérieures à sa propre écriture. Le concept d'exogenèse a donc reformulé, en termes de processus, la notion d'intertextualité, initialement conçue pour l'interprétation du texte littéraire publié, de manière à la rendre opérationnelle pour élucider les phénomènes temporalisés et volatiles de la genèse. Cette adaptation s'est traduite par un renouvellement substantielle des points de vue critiques, des méthodes d'approche et des objets de recherche. Cette différenciation se fait encore plus sensible aujourd'hui si l'on considère les nouvelles zones d'application non exclusivement textuelles (histoire de l'art, architecture, musique, sciences, etc.) auxquelles les études d'exogenèse entendent apporter leurs contributions, au-delà du domaine spécifiquement littéraire qui reste celui de l'intertextualité.
Résumé : Le papier ne serait-il pas la plus importante invention de tous les temps ? Imagine-t-on un monde sans papier ? Un monde sans livres, sans images, sans journaux ; une vie dans laquelle les hommes ne se seraient jamais adressé de lettres, les écoliers n'auraient jamais eu de cahiers, ni les fonctionnaires d'archives... Ce contact quotidien avec le papier dans tous ses états, c'est aux Chinois que nous le devons. Trois siècles avant notre ère, ils en mettent au point les principes de fabrication, à partir d'une pâte de bambou ou de mûrier : puisage à la forme souple, séchage, encollage, coloration. Peu à peu, ce nouveau matériau fait route vers l'Ouest, atteint le monde arabe en 751, puis l'Italie, l'Europe du Nord, toute la planète enfin. En 1799, l'invention de la machine à papier en continu, par Louis-Nicolas Robert, le fait passer dans l'âge industriel. Désormais, avec 300 millions de tonnes produites par an, à partir de pâte de bois et de papiers recyclés, il sert à tout, il est à lui seul un monde, dans lequel nous guide Pierre-Marc de Biasi.
Qu'est-ce qu'une vie d'écrivain? Une enfance, des amours, des voyages, des amitiés, des soucis d'argent, des mondanités, des succès, des revers... Mais, au fond, tout cela a-t-il quelque chose à voir avec l'oeuvre, l'écriture, le style? Et qu'est-ce qui fait que cette vie-là, précisément, est celle d'un écrivain? Ces questions touchent toute entreprise biographique mais elles deviennent cruciales quand on aborde une figure comme celle de Gustave Flaubert. Si son oeuvre a révolutionné le romanesque, c'est au nom de nouvelles exigences - l'impersonnalité, le refus de conclure, la relativité des points de vue - qui installent au coeur de son écriture une figure du vide: "Personnalité de l'auteur: absente." Comment, dans ce cas, partir à la recherche de l'écrivain sans trahir son projet? Pour lui, l'oeuvre est tout, l'auteur n'est rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes comme s'il n'avait jamais existé... Le problème s'aggrave encore si l'on considère l'autre aspect des choses: le versant "guenilles" de sa vie. Là, c'est bien pire: non seulement nul ne doute que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée très précise de son agenda en se plongeant dans les cinq mille pages de sa Correspondance. À l'impersonnalité structurale de l'oeuvre répond une exceptionnelle réussite de l'écriture du quotidien, tour à tour profonde, cinglante, drôle, émouvante... C'est en jouant sur ce double registre que Pierre-Marc de Biasi ressuscite ici son Flaubert. De l'oeuvre à l'existence, en perpétuel aller-retour. Avec, entre les deux, "une manière spéciale de vivre"...
Résumé : lI y a dix ans, Steve Jobs présente son dernier-né : iPhone, premier téléphone cellulaire contenant un navigateur Internet, un iPod et un écran tactile multi-touch. C'est une révolution. Depuis, le smartphone a su se rendre aussi indispensable que l'air que l'on respire : on ne l'éteint que forcé et contraint, on ne s'en sépare jamais, au point que certains parlent de pathologie addictive, d'amnésie, d'hyper connexion, de confusion mentale. D'un autre côté, chacun mesure l'étendue des services rendus : communiquer, s'informer, traduire, écouter, lire, écrire, voir, photographier, se localiser, payer, jouer... Le smartphone n'est pas qu'un intercesseur efficace du réel, il est devenu notre point de vue sur le monde. Son rôle de médiateur est tel qu'il finit par adhérer à nous comme une sorte d'artefact organique, sans frontière entre l'outil et son utilisateur. Avec l'intelligence artificielle et la 5G, le smartphone augmenté nous dotera de super pouvoirs, mais en aggravant les dangers. 11 nous a appris à désapprendre : il fera de nous des assistés. Il vend nos profils au plus offrant : il servira à nous manipuler pour orienter nos votes. Il espionne notre vie privée : il fera de nous les sujets d'un véritable empire de la surveillance. A moins qu'il ne devienne l'instrument d'une nouvelle conscience collective capable de donner leurs chances à la fraternité, à la démocratie directe et à la survie de la planète. Enrichi de témoignages, Le troisième cerveau est un essai décapant sur un comportement à risque : notre sujétion aveugle à l'objet fétiche de la culture numérique.
L'érotisme n'est pas la pulsion sexuelle, mais sa représentation, le symbole par lequel Eros, artiste et technicien, reformule siècle après siècle notre puissance à connaître physiquement la saveur de l'éternité. Le culte du plaisir a été trop souvent pris en otage par les sectateurs de l'effroi et de la souillure: après un millénaire et demi de répression, le désir sexuel garde un amour coupable pour ses tortionnaires, au point de se laisser aller parfois à la dérive. Mais cet érotisme-là ne peut nous faire oublier l'étendue infiniment plus vaste et, somme toute, plus enthousiasmante, d'un autre érotisme, affirmatif, joyeux et libérateur: celui qui a fondé le socle mythique des premières civilisations, qui oeuvre à concilier le désir et les spiritualités, qui participe à tous les combats pour l'émancipation des corps et des esprits, celui enfin qui a fait notre modernité. C'est cette histoire bouleversante - la nôtre - que Pierre-Marc de Biasi nous conte avec émotion et en toute liberté.
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.
Alors que l'Amérique s'interroge sur l'héritage de la révolution fondatrice, et doit faire face à de grandes questions telles que l'expansion territoriale vers l'Ouest, l'industrialisation naissante, l'afflux massif d'immigrants ou encore la question de l'esclavage, les Américains manifestent un vif intérêt pour les deux révolutions qui secouent la France en 1830 et 1848. Ces événements font l'objet de multiples célébrations officielles et populaires aux Etats-Unis et donnent lieu à des débats passionnés dans la presse américaine, au Congrès et dans les milieux contestataires tels que les premiers mouvements ouvriers, les abolitionnistes ou encore le féminisme naissant. L'approche transnationale de Yohanna Alimi-Levy se démarque de l'historiographie traditionnelle et invite à penser autrement la démocratie américaine en soulignant la circulation d'idées entre les deux rives de l'Atlantique.