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Annie Ernaux : le Temps et la mémoire. Colloque de Cerisy
Best Francine ; Blanckeman Bruno ; Dugast-Portes F
STOCK
30,29 €
Épuisé
EAN :9782234078215
Extrait Dominique Viart Annie Emaux, historicité d'une oeuvre L'oeuvre d'Annie Ernaux est au coeur des préoccupations de ces dernières décennies. Elle est attentive aussi bien aux grandes problématiques sociales - différences de classes, distinctions socioculturelles, revendications féminines... - qu'aux catégories que l'art ou la pensée ont récemment portées à l'avant-scène - questions de la mémoire et du quotidien, de l'héritage et de la filiation... Profondément impliquée dans la discussion de phénomènes littéraires aussi décisifs que le retour du sujet et l'autofiction, elle participe aux débats que la littérature entretient désormais avec les sciences humaines. Les motifs plus intimes qui sont les siens - la honte, le secret de famille, la maladie - croisent les travaux récents, de Jean-Pierre Martin, de Serge Tisseron ou de François Vigouroux, et résonnent dans nombre de romans ou récits contemporains. Elle s'intéresse aux relations entre photographies et écriture, qu'il s'agisse ou non de les présenter véritablement dans le livre. Bref, l'oeuvre d'Annie Ernaux est profondément une oeuvre de son temps, celle d'une écrivaine engagée dans son siècle, une oeuvre «séculière» après des décennies plutôt formalistes, vouées par la théorie à l'exercice d'une littérature «régulière». UNE UVRE DU DÉTERMINISME ? Même si l'on ne saurait la réduire à n'être que l'illustration d'un «esprit du temps», on ne peut considérer cette oeuvre indépendamment de l'Histoire qui la porte : ni Les armoires vides ni L'événement ne pourraient inscrire leur propos dans une période postérieure à la loi Veil sur l'IVG. De même le sentiment si aigu d'être une transfuge de classe est plus répandu à une époque où le développement de l'enseignement public favorise l'ascenseur social. Cette oeuvre est prise dans l'Histoire, et met au premier plan de ses thématiques les mutations mêmes de cette Histoire, ainsi que leurs effets, à la fois individuels et sociaux. Est-ce à dire que le déterminisme sociohistorique viendrait seul en expliquer le cours ? que seules les circonstances sociales d'une époque donnée ont décidé de ses thématiques ? L'adhésion d'Annie Ernaux aux réflexions de Bourdieu, et plus lointainement aux théories de Marx, autoriserait sans doute une telle approche. L'oeuvre ne serait alors qu'un reflet, ou une conséquence, d'un certain nombre de réalités socio-économiques. Une telle lecture ne se trouve pas seulement confortée sur le plan conceptuel. La dimension proprement poétique de l'oeuvre semble venir la renforcer : le recours à un «je transpersonnel», par exemple, construit un sujet de l'écriture traversé par les grandes questions et les petites choses de son temps, fait du sujet le réceptacle des expériences communes. Postuler un «je transpersonnel», c'est, d'une certaine manière, renoncer à sa différence : c'est lire en soi-même le destin partagé par d'autres que soi, engagés dans les mêmes actions, les mêmes tensions, les mêmes modes d'être, affrontés aux mêmes difficultés et travaillés de semblables désirs. Le titre qu'Annie Ernaux donne à ses oeuvres rassemblées dans la collection «Quarto», Écrire la vie, plutôt qu'«Écrire ma vie», va en ce sens, comme y vont aussi les titres initialement essayés pour La place : «La vie ordinaire», «La vie de l'extérieur», «Un chemin dans la vie», «La vie humiliée»... On peut bien sûr résister à cette conception passablement réductrice de l'oeuvre : invoquer sa dimension singulière, s'insurger car les journaux intimes, la passion amoureuse sont profondément personnels ; soutenir qu'il y a une part irréductible dans le vécu qui s'énonce ici, avec insistance et même un courage certain. Mais, là encore, force est de reconnaître la banalité de ces expériences traversées. Annie Ernaux est du reste la première à le faire au sujet de Passion simple, dont le titre, à cet égard, est aussi un aveu.
D'après les multiples informations ministérielles, d'ordre statistique, l'échec scolaire semble avoir régressé ces dernières années. Mais cette évolution globale positive ne compense pas les déceptions individuelles devant l'incapacité de l'École à réaliser l'ascension sociale.
Des femmes entre elles, tel est le lien secret unissant les cinq nouvelles de cet étrange recueil: L'Illusionniste, La Femme de pierre, Les Mots de hasard, Le Livre de Stéphanie, La Lettre. Cinq formes différentes d'un seul univers qui reste obstinément clos, situé aux frontières du non-dit ou bien d'un silence qui peut être passionné, sensuel, érotique, anxieux, et tout au long parcouru par de brefs élans de bonheur ou de détresse.Pauline et son enfant, Geneviève et Julie, Stéphanie, la vieille Valentine, sont des femmes qui attendent, travaillent et rêvent, aiment et souffrent avec une singulière délicatesse dans les moyens d'expression, mais aussi avec une sourde férocité, qu'il s'agisse de rapports de pure tendresse, de désirs ambigus, d'étreintes, de nostalgies à l'égard de ce qui pourrait être et n'est pas. Ainsi l'auteur, à travers un instinct très sûr, entretient simultanément son lecteur au coeur d'une pensée délibérément tue et de la plus sèche réalité, celle qu'il nous est donné quotidiennement de vivre.
Résumé : "Murène est appelée car elle fait maints cercles. De quoi les pêcheurs disent qu'elles ne peuvent être que femelles, et qu'elle conçoit du serpent" (Littré). La murène serait-elle un monstre ? Mais n'est-on pas toujours la murène de quelqu'un ? Mila a dix-sept ans, un nom imprononçable "c'est le nom de ma mère", des "paters" qui se succèdent, lui laissant par-ci par-là un demi-frère en souvenir. Elle a aussi des "ailes" suspectes, qui lui ont valu d'être expédiée dans une maison de santé dont elle devrait ressortir "conforme". En attendant que les ailes tombent, qu'est-ce qu'on peut faire, à dix-sept ans, si ce n'est se découvrir amoureuse ? Mais, là encore, la "conformité" ne semble pas inscrite dans la nature de Mila : l'objet de son amour, Paule, une monitrice, n'a pas plus de piédestal que les refrains de Josette, l'amie, la complice, n'ont la couleur de l'eau de rose. Roman en six volets, annoncés par d'ironiques têtes de chapitres, reconstituant les étapes d'un parcours vieux comme le monde et pourtant toujours neuf : le rendez-vous qu'on ne peut manquer, qu'on manque toujours au moins un peu, avec l'amour, avec soi-même, avec la vie. Mais la réalité est aussi ailleurs, débusquée au-delà des apparences par le regard sans concession de l'héroïne, dans le raccord instantané du passé à l'avenir, du sérieux à la provocation, du drame au canular... Alchimie tragi-cocasse propre aux adolescentes qui se savent au confluent de l'enfance et de la "vraie vie".
Résumé : Homme secret, cinéaste exigeant, Michael Haneke se révèle de manière étonnante dans ce livre, le premier en français qui lui est consacré. Fruit d'une soixantaine d'heures d'entretiens entre Vienne et Paris, cet ouvrage, illustré de 136 photos rares ou inédites, permet au réalisateur de Funny Games et du Ruban blanc d'exprimer sa conception du septième art et sa perception du monde contemporain. Face à Michel Cieutat et Philippe Rouyer, deux critiques de la revue Positif, Michael Haneke revient sur ses années de jeunesse et ses mises en scène au théâtre avant d'évoquer, film par film, son travail à la télévision et au cinéma, de ses débuts en 1974 à son dernier film sorti en 2017, Happy End. Au gré d'échanges libres et passionnés, se dégage l'image d'un créateur singulier, perfectionniste et plein d'humour, qui compte parmi les grands humanistes de notre temps.
Mourmansk, au Nord du cercle polaire. Sur son lit d?hôpital, Rubin se sait condamné. Seule une énigme le maintient en vie : alors qu?il n?était qu?un enfant, Klara, sa mère, chercheuse scientifique à l?époque de Staline, a été arrêtée sous ses yeux. Qu?est-elle devenue ? L?absence de Klara, la blessure ressentie enfant ont fait de lui un homme rude. Avec lui-même. Avec son fils Iouri. Le père devient patron de chalutier, mutique. Le fils aura les oiseaux pour compagnon et la fuite pour horizon. Iouri s?exile en Amérique, tournant la page d?une enfance meurtrie.Mais à l?appel de son père, Iouri, désormais adulte, répond présent : ne pas oublier Klara ! Lutter contre l?Histoire, lutter contre un silence. Quel est le secret de Klara ? Peut-on conjurer le passé ?Dans son enquête, Iouri découvrira une vérité essentielle qui unit leurs destins. Oublier Klara est une magnifique aventure humaine, traversé par une nature sauvage.Notes Biographiques : Isabelle Autissier est la première femme à avoir accompli un tour du monde à la voile en solitaire. Elle est l?auteur de romans, de contes et d?essais. Elle préside la fondation WWF France. Son dernier roman, Soudain, seuls, a été un véritable succès. Il s?est vendu dans dix pays, et est en cours d?adaptation cinématographique.
C'est l'histoire d'un garçon qui vit seul avec sa mère dans un petit pavillon non loin d'une cité. C'est l'histoire d'un été, saison dangereuse et violente. C'est l'histoire de Jérémie, de son obsession pour Sami. L'histoire d'une désertion aussi. La jeunesse est un état sauvage où tout peut arriver, tout peut se détruire, parce que tout tient sur une seule force : le désir.
Résumé : Anvers, 1940. Wilfried Wils, 22 ans, a l'âme d'un poète et l'uniforme d'un policier. Tandis qu'Anvers résonne sous les bottes de l'occupant, il fréquente aussi bien Lode, farouche résistant et frère de la belle Yvette, que Barbiche Teigneuse, collaborateur de la première heure. Incapable de choisir un camp, il traverse la guerre mû par une seule ambition : survivre. Soixante ans plus tard, il devra en payer le prix. Récompensé par le plus prestigieux prix littéraire belge, Trouble interroge la frontière entre le bien et le mal et fait surgir un temps passé qui nous renvoie étrangement à notre présent. Traduit du néerlandais (Belgique) par Françoise Antoine
Rejet du « réel » au profit du « virtuel », banalisation de la violence, perte de légitimité des figures de l'autorité, montée des diverses toxicomanies, attitudes inédites face à la procréation comme face à la mort, nouvelles formes de libertinage, difficultés d'une jeunesse sans perspectives, multiplication spectaculaire des états dépressifs... la liste est longue des changements récents qui témoignent d'une évolution radicale des comportements des individus et de la vie en société. Et qui provoquent une véritable crise des repères suscitant le désarroi des humains, à commencer par ceux qui font profession d'éduquer, de soigner ou de gouverner leurs semblables. C'est à une véritable mutation à la fois de la subjectivité et de l'existence collective que nous assistons aujourd'hui; où l'on voit apparaître ce que l'on peut déjà appeler, avec Charles Melman, « la nouvelle économie psychique ». Son moteur n'est plus le désir mais la jouissance. L'homme du début du XXIe siècle est sans boussole, sans lest, affranchi du refoulement, moins citoyen que consommateur, un « homme sans gravité », produit d'une société libérale aujourd'hui triomphante, qui semble n'avoir plus le choix: il est en quelque sorte sommé de jouir.
Le contre transfert initialement entendu comme l'attachement amoureux de l'analyse à son patient et donc comme obstacle au bon déroulement de la cure analytique est maintenant perçu comme une composante centrale du processus analytique. Dans cet essai, Alberto Eiguer s'attache à décrire les formes multiples que prend cet échange singulier dans lequel les inconscients du patient et de l'analyste créent ensemble un inconscient commun à partir de l'imbrication de deux psychismes. Une étude clinique fine qui témoigne du retour de l'auteur du "Pervers narcissique et son complice".
4e de couverture : Notre corps ne ment jamais. Quand nous tombons malades, quand nous faisons l'expérience de la dépression, de la toxicomanie, de l'anorexie, c'est que nous sommes traversés par un conflit intérieur entre ce que nous ressentons et ce que nous voudrions ressentir. D'un côté, il y a notre corps, qui garde intacte la mémoire de notre histoire - et tout particulièrement des mauvais traitements que nos parents ont pu nous infliger -, de l'autre, il y a notre esprit et notre volonté, conditionnés par la morale et notre éducation, qui nous déterminent à aimer et honorer, quoi qu'il arrive, ces mêmes parents. Ce livre explore, à travers de nombreux exemples - notamment des vies d'écrivains célèbres -, les conséquences parfois dramatiques de ce conflit, mais il montre aussi qu'il existe des raisons d'espérer. Non, nous ne sommes pas obligés d'être les «bons» enfants de nos parents s'ils nous ont fait du mal et s'ils continuent de pratiquer le chantage affectif. Oui, c'est notre responsabilité que d'être attentifs aux signaux d'alerte que nous envoie notre corps. Au terme de ce chemin exigeant par lequel nous acceptons de relire l'histoire de nos rapports avec nos parents, il y a l'espoir de naître à une authentique liberté intérieure.Notes Biographiques : Alice Miller (1923-2010) a exercé la psychanalyse jusqu'en 1980 avant de se consacrer entièrement à ses recherches sur l'enfance. Traduite dans le monde entier, elle est l'auteur de nombreux ouvrages sur les causes et les conséquences des mauvais traitements infligés aux enfants, dont en Champs-Flammarion Notre corps ne ment jamais, C'est pour ton bien et Ta vie sauvée enfin.
Quelles traces les expériences ludiques laissent-elles dans la personnalité ? Quelle place le jeu a-t-il dans le travail auprès de tout patient, quel que soit son âge ? Comment et à quelles conditions les caractéristiques ou les ingrédients du jeu (plaisir, humour, surprise, étonnement, métaphore, faire semblant, théâtralisation...) sont-ils utiles dans les pratiques ? Cet ouvrage traite la question du devenir et des traces des expériences ludiques infantiles dans la subjectivité. Les auteurs explorent les enjeux et les fonctions du ludique, chez le bébé, l'enfant, et tout au long de la vie. Ils mettent en évidence la façon dont le jeu est essentiel à la vie et à la croissance mentale. Le "moi ludique" est à la source de la créativité en général, permet d'affronter et de dépasser les tourments, les traumatismes, il est le garant de l'espoir, de la confiance en soi et de la confiance dans le monde. Il est essentiel au travail du parent, comme du soignant, du psychanalyste, de l'éducateur, du pédagogue, de tous ceux qui ont la responsabilité d'aider un autre (ou plusieurs autres) à grandir. Différents contextes psychopathologiques, différentes formes de souffrance psychique, à tous les âges, sont issus d'expériences ludiques infantiles qui ont manqué ou ont été empêchées. Le soin psychique psychanalytique consiste à retrouver les conditions de possibilité du ludique.