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Hymne aux murènes
Best Mireille
GALLIMARD
13,15 €
Épuisé
EAN :9782070705498
Murène est appelée car elle fait maints cercles. De quoi les pêcheurs disent qu'elles ne peuvent être que femelles, et qu'elle conçoit du serpent" (Littré). La murène serait-elle un monstre ? Mais n'est-on pas toujours la murène de quelqu'un ? Mila a dix-sept ans, un nom imprononçable "c'est le nom de ma mère", des "paters" qui se succèdent, lui laissant par-ci par-là un demi-frère en souvenir. Elle a aussi des "ailes" suspectes, qui lui ont valu d'être expédiée dans une maison de santé dont elle devrait ressortir "conforme". En attendant que les ailes tombent, qu'est-ce qu'on peut faire, à dix-sept ans, si ce n'est se découvrir amoureuse ? Mais, là encore, la "conformité" ne semble pas inscrite dans la nature de Mila : l'objet de son amour, Paule, une monitrice, n'a pas plus de piédestal que les refrains de Josette, l'amie, la complice, n'ont la couleur de l'eau de rose. Roman en six volets, annoncés par d'ironiques têtes de chapitres, reconstituant les étapes d'un parcours vieux comme le monde et pourtant toujours neuf : le rendez-vous qu'on ne peut manquer, qu'on manque toujours au moins un peu, avec l'amour, avec soi-même, avec la vie. Mais la réalité est aussi ailleurs, débusquée au-delà des apparences par le regard sans concession de l'héroïne, dans le raccord instantané du passé à l'avenir, du sérieux à la provocation, du drame au canular... Alchimie tragi-cocasse propre aux adolescentes qui se savent au confluent de l'enfance et de la "vraie vie".
Résumé : Chacune de ces nouvelles est un microcosme atroce ou étrange que l'auteur anime sur le ton qu'on lui connaît : brutal, féroce, impitoyable. La demi-putain de Plier bagages, la femme défigurée du Passé devant soi, les coups de fil obscènes d'une narratrice anonyme dans Méfiez-vous de la vérité... L'aubergiste meurtrière d'Une robe dans l'armoire, la grande bastide en ruine de L'étoile noire, la voyageuse de l'Orient-Express dans La petite Baronne, l'homme sous la tronçonneuse de La scie, etc. : tous ces textes nous proposent des tableaux saisis hors d'une réalité apparemment banale. Mais le talent noir et l'observation percutante de l'auteur, toujours à l'affût des singularités de la nature humaine, leur apportent le relief de certaines gravures mordues par un acide déchirant.
Best Francine ; Blanckeman Bruno ; Dugast-Portes F
Extrait Dominique Viart Annie Emaux, historicité d'une oeuvre L'oeuvre d'Annie Ernaux est au coeur des préoccupations de ces dernières décennies. Elle est attentive aussi bien aux grandes problématiques sociales - différences de classes, distinctions socioculturelles, revendications féminines... - qu'aux catégories que l'art ou la pensée ont récemment portées à l'avant-scène - questions de la mémoire et du quotidien, de l'héritage et de la filiation... Profondément impliquée dans la discussion de phénomènes littéraires aussi décisifs que le retour du sujet et l'autofiction, elle participe aux débats que la littérature entretient désormais avec les sciences humaines. Les motifs plus intimes qui sont les siens - la honte, le secret de famille, la maladie - croisent les travaux récents, de Jean-Pierre Martin, de Serge Tisseron ou de François Vigouroux, et résonnent dans nombre de romans ou récits contemporains. Elle s'intéresse aux relations entre photographies et écriture, qu'il s'agisse ou non de les présenter véritablement dans le livre. Bref, l'oeuvre d'Annie Ernaux est profondément une oeuvre de son temps, celle d'une écrivaine engagée dans son siècle, une oeuvre «séculière» après des décennies plutôt formalistes, vouées par la théorie à l'exercice d'une littérature «régulière». UNE UVRE DU DÉTERMINISME ? Même si l'on ne saurait la réduire à n'être que l'illustration d'un «esprit du temps», on ne peut considérer cette oeuvre indépendamment de l'Histoire qui la porte : ni Les armoires vides ni L'événement ne pourraient inscrire leur propos dans une période postérieure à la loi Veil sur l'IVG. De même le sentiment si aigu d'être une transfuge de classe est plus répandu à une époque où le développement de l'enseignement public favorise l'ascenseur social. Cette oeuvre est prise dans l'Histoire, et met au premier plan de ses thématiques les mutations mêmes de cette Histoire, ainsi que leurs effets, à la fois individuels et sociaux. Est-ce à dire que le déterminisme sociohistorique viendrait seul en expliquer le cours ? que seules les circonstances sociales d'une époque donnée ont décidé de ses thématiques ? L'adhésion d'Annie Ernaux aux réflexions de Bourdieu, et plus lointainement aux théories de Marx, autoriserait sans doute une telle approche. L'oeuvre ne serait alors qu'un reflet, ou une conséquence, d'un certain nombre de réalités socio-économiques. Une telle lecture ne se trouve pas seulement confortée sur le plan conceptuel. La dimension proprement poétique de l'oeuvre semble venir la renforcer : le recours à un «je transpersonnel», par exemple, construit un sujet de l'écriture traversé par les grandes questions et les petites choses de son temps, fait du sujet le réceptacle des expériences communes. Postuler un «je transpersonnel», c'est, d'une certaine manière, renoncer à sa différence : c'est lire en soi-même le destin partagé par d'autres que soi, engagés dans les mêmes actions, les mêmes tensions, les mêmes modes d'être, affrontés aux mêmes difficultés et travaillés de semblables désirs. Le titre qu'Annie Ernaux donne à ses oeuvres rassemblées dans la collection «Quarto», Écrire la vie, plutôt qu'«Écrire ma vie», va en ce sens, comme y vont aussi les titres initialement essayés pour La place : «La vie ordinaire», «La vie de l'extérieur», «Un chemin dans la vie», «La vie humiliée»... On peut bien sûr résister à cette conception passablement réductrice de l'oeuvre : invoquer sa dimension singulière, s'insurger car les journaux intimes, la passion amoureuse sont profondément personnels ; soutenir qu'il y a une part irréductible dans le vécu qui s'énonce ici, avec insistance et même un courage certain. Mais, là encore, force est de reconnaître la banalité de ces expériences traversées. Annie Ernaux est du reste la première à le faire au sujet de Passion simple, dont le titre, à cet égard, est aussi un aveu.
Un quartier pourri, des mômes en vadrouille, des amoureux de dix, onze ans. Et puis les copains, la musique, Mai 68, la liberté... On connaît par coeur. Sauf que les parents (qu'on n'écoute que d'une oreille) s'entêtent à raconter de drôles d'histoires... Changement de décor : les années d'Occupation, les semelles de bois, les rafles. Une vieille républicaine espagnole, la Maria, crache entre les bottes des Allemands... Ailleurs, une Mademoiselle Rose fait chanter aux enfants dans la montagne "Maréchal, nous voilà !" ... Mais les jeunes gens qui s'aiment ne se laissent pas distraire pour si peu : ils sont trop occupés à se rendre mutuellement la vie impossible. A rire. A se saouler. A se courir après. A se faire des enfants. A se plaquer... Les "vieux" racontent toujours, qu'on les écoute ou pas. Et tout à coup ce qu'on a glané au hasard vous alerte ou vous intrigue ou vous transperce le coeur... Peut-on pardonner à sa mère ?
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.