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Nous autres, nous-mêmes. Ethnographie politique du présent
Bertho Alain
CROQUANT
14,50 €
Épuisé
EAN :9782914968393
Qu'est-ce que la mondialisation ? D'abord un changement radical d'époque, de repères culturels, de façon de penser la vie, le temps, l'espace, les autres. Changement fascinant : les barrières culturelles s'effondrent, les métissages se multiplient et s'accélèrent, les flux d'images, de sons et de discours ouvrent à la mise en partage des imaginaires de l'humanité tout entière, potentiellement unifiée dans la diversification infinie de ses mondes subjectifs. Ce changement, bien souvent, fait peur. Il va vite, trop vite peut-être pour des femmes et des hommes devenus soudainement comme étrangers à eux-mêmes. Il porte surtout en lui l'orage : le monde s'est aussi ouvert à la marchandisation du vivant, à la financiarisation de l'économie et de la ville, à l'usage généralisé de la guerre comme mode de gouvernement. La planète elle-même est en danger. Plus que jamais dans son histoire, l'humanité a aujourd'hui les moyens de s'enrichir de ses différences pour maîtriser collectivement son destin. Mais le repli frileux sur la haine de l'autre devient trop souvent le moyen choisi pour conjurer la peur de son propre devenir, l'angoisse devant l'incertitude de sa propre identité. Cette ethnographie politique du présent propose d'essayer de voir clair dans les bouleversements symboliques et culturels qui nous transforment, de lire notre présent avec le souci des possibles et non la nostalgie du passé. Car pour Alain Bertho, le pire danger qui nous menace réside en nous-mêmes, dans la peur de l'époque et la tentation d'une identité collective assiégée, d'une fragmentation sociale et politique régressive et agressive. Cette politique exclusive du " nous autres ", du ressentiment, de la frontière, du barbelé, voire du massacre nous livre tous, sans défense, aux logiques financières prédatrices. L'auteur lui oppose la construction au quotidien d'un nouveau " commun " de l'humanité, d'une nouvelle puissance solidaire du " nous-mêmes ", ouverte à toutes les singularités et toutes les altérités.
Résumé : En 2023, la France a connu deux mobilisations historiques : six mois de résistance à la réforme des retraites et six jours de soulèvements dans les quartiers populaires. En France, depuis l'embrasement des banlieues en 2005 et les Gilets jaunes notamment, partout dans le monde les émeutes et révoltes populaires se succèdent. Elles incarnent la vie face au capitalisme financier et mortifère, mais ne parviennent pas à des révolutions. Quelles formes de démocratie populaire pourraient émerger de cette politique des corps ? A partir des émeutes, en quête de démocratie, Alain Bertho examine les manières de rassembler autour des revendications du siècle : égalité, fin des dominations patriarcale et coloniale, défense des communs, préservation du vivant.
Résumé : L'ordre d'abord ! Dès l'an I du millénaire, la mondialisation selon les puissants a révélé son nouveau visage : celui d'une guerre sans fin au service d'une domination globale. Face au désordre du monde ou des banlieues, la violence s'installe. non plus en tant que prolongement éventuel de la politique mais comme son remplacement. Le nouvel Etat de guerre ne s'oppose pas à la paix, dont il tend à dissoudre l'idée même: il s'oppose à la démocratie et à la liberté. Pour les théoriciens et les partisans affairés de cet ordre de bataille, toute réalité doit être interprétée selon le partage sans nuances entre Bons et Méchants. Bien et Mal. Démocratie et réseaux ou complices des réseaux du terrorisme... Pourtant. comprendre le monde, n'est-ce pas considérer ses promesses autant que ses conflits et ses dangers ? Le point de vue d'Alain Bertho. en repoussant ce nouveau manichéisme. donne un sens différent à la fuite mortifère dans la financiarisation de l'économie. à la crise des Étatsnations et à la logique militaro-policière caractéristiques de notre temps. Donner corps à un autre monde possible, qui, fragilement, se dessine ici et là - un monde d'humanité multiple et solidaire - tel est le projet auquel nous convie Alain Bertho, prolongeant ainsi les réflexions qu'il avait engagées dans Banlieue, banlieue, banlieue (1997) et Contre l'Etat, la politique (1999).
Résumé : "Il n'y a que les martyrs pour être sans pitié ni crainte et, croyez-moi, le jour du triomphe des martyrs, c'est l'incendie universel." Cette sombre prophétie de Jacques Lacan en 1959 décrirait-elle le monde des années 2010 ? Les guerres qui ravagent le Moyen-Orient menacent-elles d'aspirer toutes les désillusions politiques et les révoltes désespérées de la génération qui vient ? La "radicalisation de l'islam" est-elle à l'origine de ce drame et des actions terroristes dans le monde entier ? Pour répondre à ces questions, Alain Bertho déplace les cadres d'explication habituels. Il montre que le chaos qui pointe est très loin d'avoir le djihad pour seul moteur : c'est d'abord l'ébranlement de la légitimité des Etats par la mondialisation, la crise généralisée de la représentation politique, la recherche d'une légitimité sécuritaire par les puissants qui ont fait le lit de la violence du monde. Et qui expliquent pourquoi, depuis les années 2000, se multiplient sur tous les continents des émeutes et des attentats aux motivations multiples, dont l'auteur brosse ici un tableau saisissant. Quand la fin du monde semble à nombre de jeunes plus crédible que la fin du capitalisme, la révolte tend à prendre les chemins du désespoir et du martyre. La clôture de l'hypothèse révolutionnaire a ainsi ouvert la voie à la rage des enfants perdus du chaos politique et humain de la mondialisation néolibérale. Toutes les polices et les armées du globe ne pèseront guère devant cette fascination de la mort. Seul peut y répondre l'espoir collectif en un autre possible, fondé sur une nouvelle radicalité tournée vers l'avenir. Ses prémisses sont là, partout dans le monde. L'enjeu est de les faire grandir.
L'autisme touche des dizaines de milliers de personnes en France. Ce livre témoigne des progrès accomplis dans la compréhension des aspects génétiques, neurologiques et cognitifs de cette maladie, et des handicaps qu'elle entraîne.La grande diversité de ses symptômes, notamment les troubles de la communication et de la socialisation, rend difficiles son diagnostic et son traitement. Se pose également le problème de la prise en charge des enfants et du soutien de leur famille dans une société mal préparée à les accueillir.Cet ouvrage de référence, à l'initiative de l'Arapi, est écrit par les meilleurs spécialistes français et internationaux. Biographie de l'auteur Alain Berthoz, membre de l'Institut, est professeur au Collège de France où il dirige le laboratoire de physiologie de la perception et de l'action. Christian Andres est professeur à la faculté de médecine de Tours, chef du service de biochimie et de biologie moléculaire au CHRU de Tours. Catherine Barthélémy est pédiatre, pédopsychiatre et physiologiste. Elle est chef de service au CHRU de Tours et enseignant-chercheur à l'université de Tours. Elle est également présidente du Comité scientifique de l'Arapi. Jean Massion, vice-président de l'Arapi, est ancien directeur de recherche au CNRS.Bernadette Rogé est professeur de psychopathologie du développement à l'université de Toulouse-Le Mirail. Elle est également présidente de l'Arapi.
Les mouvements sociaux portés par la jeunesse qui ont émergé ces dix dernières années ont remis au goût du Jour une notion considérée comme dépassée : l'honneur. L'honneur évoque, selon les époques, un principe chevaleresque, une passion patriotique ou un terme propre aux populations du bassin méditerranéen. Il tend à s'imposer aujourd'hui comme un concept "brandi" par les individus pour dénoncer les conditions sociales qui les asservissent. Le sentiment d'indignation est d'autant plus fort qu'il répond au désenchantement des individus face au monde qui les entoure : marasme politique, mondialisation, monde de plus en plus rationalisé et tourné vers le profit, absence de perspectives d'avenir... Pour résister à la déchéance sociale et morale qui les guette, les individus vont alors mobiliser "la seule chose qui leur reste", à savoir leur honneur, pour dire "non" aux injonctions de la société marchande et mu corruptions afin de reprendre le contrôle de leur existence. L'honneur semble ainsi acquérir une nouvelle dimension : il cristallise les indignations et insuffle un élan libérateur. Ce sentiment de révolte face à un monde d'injustices gagne de nombreux pays. Dans cet ouvrage issu de sa thèse de sociologie, c'est à la lumière d'interviews avec des jeunes français et turcs que l'auteure s'efforce de cerner l'évolution sociale de la référence à l'honneur, face à des situations qui portent atteinte à la dignité humaine et dont ils souhaitent s'émanciper. Si l'honneur était jusqu'ici empreint de la culture dans laquelle il était invoqué, il semble s'universaliser pour devenir une notion qui fait écho aux souffrances des populations du monde entier.
Russie, Turquie, Brésil, Pologne, Venezuela, Nicaragua⦠La liste s'allonge des pays vivant un tournant autoritaire. Répression, restriction des libertés publiques et mise sous tutelle de nombreux secteurs sociaux participent d'un durcissement généralisé des modes de gouvernement, qui semble aujourd'hui affecter les démocraties les plus anciennes et les plus solides. L'ambition de cet ouvrage est de renouveler la question de l'autoritarisme, en repérant plutôt les processus qui font évoluer certains régimes de la démocratie vers un exercice brutal ou arbitraire du pouvoir. Les tournants autoritaires sont ici appréhendés sur le registre non de la rupture mais de la reconfigurationA : à la temporalité courte du basculement autoritaire (consécutif, par exemple, à un coup d'Etat), les différents cas historiques ou contemporains présentés substituent la temporalité moyenne d'une recomposition des régimes politiques dans et par laquelle il est possible d'abuser du pouvoir.
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
Que se passe-t-il en Algérie depuis une année ? De quelle nature est le mouvement populaire (Hirak) qui a surgi le 22 février 2019 ? Quelles sont les contradictions qui le traversent ? Quelles sont les raisons immédiates qui ont causé son apparition et quelles en sont les origines profondes ? Qu'a-t-il obtenu et que lui reste-t-il a conquérir ? Quels effets a-t-il produits sur le pouvoir et la société ? Comment a évolué le rapport de force entre les protagonistes ? Quels sont les principaux enjeux politiques actuels ? Le régime libéral autoritaire qui a imposé Abdelmadjid Tebboune à la tête du pays veut-il et peut-il se contenter de ravaler sa façade démocratique ? Le Hirak peut-il lui imposer une transition démocratique ? Celle-ci passera-t-elle par l'élection d'une Assemblée constituante ? Le combat du Hirak ménera-t-il a une démocratie parlementaire ultralibérale insérée en position dominée dans la globalisation capitaliste mondiale et dans l'ordre impérialiste régional ? Ou à une démocratie souveraine, non alignée, populaire et sociale ? Telles sont les questions que cet ouvrage tente d'éclairer dans le but assumé de contribuer à résoudre cette crise politique au profit des classes populaires.