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Les enfants du chaos. Essai sur le temps des martyrs
Bertho Alain
LA DECOUVERTE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782707188779
Il n'y a que les martyrs pour être sans pitié ni crainte et, croyez-moi, le jour du triomphe des martyrs, c'est l'incendie universel." Cette sombre prophétie de Jacques Lacan en 1959 décrirait-elle le monde des années 2010 ? Les guerres qui ravagent le Moyen-Orient menacent-elles d'aspirer toutes les désillusions politiques et les révoltes désespérées de la génération qui vient ? La "radicalisation de l'islam" est-elle à l'origine de ce drame et des actions terroristes dans le monde entier ? Pour répondre à ces questions, Alain Bertho déplace les cadres d'explication habituels. Il montre que le chaos qui pointe est très loin d'avoir le djihad pour seul moteur : c'est d'abord l'ébranlement de la légitimité des Etats par la mondialisation, la crise généralisée de la représentation politique, la recherche d'une légitimité sécuritaire par les puissants qui ont fait le lit de la violence du monde. Et qui expliquent pourquoi, depuis les années 2000, se multiplient sur tous les continents des émeutes et des attentats aux motivations multiples, dont l'auteur brosse ici un tableau saisissant. Quand la fin du monde semble à nombre de jeunes plus crédible que la fin du capitalisme, la révolte tend à prendre les chemins du désespoir et du martyre. La clôture de l'hypothèse révolutionnaire a ainsi ouvert la voie à la rage des enfants perdus du chaos politique et humain de la mondialisation néolibérale. Toutes les polices et les armées du globe ne pèseront guère devant cette fascination de la mort. Seul peut y répondre l'espoir collectif en un autre possible, fondé sur une nouvelle radicalité tournée vers l'avenir. Ses prémisses sont là, partout dans le monde. L'enjeu est de les faire grandir.
L'improbable est souvent considéré comme un vain exercice d'hypothèses oiseuses ou comme un supplément d'incertitude dans la culture occidentale, qui préfère le prévisible à l'incertain. Et pourtant... Que ce soit dans la recherche scientifique fondamentale ou dans l'invention artistique, dans la discussion philosophique ou dans l'évolution du vivant, l'improbable est cette source de liberté d'où peuvent jaillir idées, solutions ou événements nouveaux et imprévus. Autour d'Alain Berthoz et de Carlo Ossola, une dizaine de chercheurs d'envergure internationale abordent dans une approche multidisciplinaire les mystères et les ressorts de l'improbable, puissant facteur de créativité aux frontières du possible et de l'impossible. L'improbable au coeur de la création dans les sciences, les arts et dans la vie sociale !
Qu'est-ce que la mondialisation ? D'abord un changement radical d'époque, de repères culturels, de façon de penser la vie, le temps, l'espace, les autres. Changement fascinant : les barrières culturelles s'effondrent, les métissages se multiplient et s'accélèrent, les flux d'images, de sons et de discours ouvrent à la mise en partage des imaginaires de l'humanité tout entière, potentiellement unifiée dans la diversification infinie de ses mondes subjectifs. Ce changement, bien souvent, fait peur. Il va vite, trop vite peut-être pour des femmes et des hommes devenus soudainement comme étrangers à eux-mêmes. Il porte surtout en lui l'orage : le monde s'est aussi ouvert à la marchandisation du vivant, à la financiarisation de l'économie et de la ville, à l'usage généralisé de la guerre comme mode de gouvernement. La planète elle-même est en danger. Plus que jamais dans son histoire, l'humanité a aujourd'hui les moyens de s'enrichir de ses différences pour maîtriser collectivement son destin. Mais le repli frileux sur la haine de l'autre devient trop souvent le moyen choisi pour conjurer la peur de son propre devenir, l'angoisse devant l'incertitude de sa propre identité. Cette ethnographie politique du présent propose d'essayer de voir clair dans les bouleversements symboliques et culturels qui nous transforment, de lire notre présent avec le souci des possibles et non la nostalgie du passé. Car pour Alain Bertho, le pire danger qui nous menace réside en nous-mêmes, dans la peur de l'époque et la tentation d'une identité collective assiégée, d'une fragmentation sociale et politique régressive et agressive. Cette politique exclusive du " nous autres ", du ressentiment, de la frontière, du barbelé, voire du massacre nous livre tous, sans défense, aux logiques financières prédatrices. L'auteur lui oppose la construction au quotidien d'un nouveau " commun " de l'humanité, d'une nouvelle puissance solidaire du " nous-mêmes ", ouverte à toutes les singularités et toutes les altérités.
Résumé : En 2023, la France a connu deux mobilisations historiques : six mois de résistance à la réforme des retraites et six jours de soulèvements dans les quartiers populaires. En France, depuis l'embrasement des banlieues en 2005 et les Gilets jaunes notamment, partout dans le monde les émeutes et révoltes populaires se succèdent. Elles incarnent la vie face au capitalisme financier et mortifère, mais ne parviennent pas à des révolutions. Quelles formes de démocratie populaire pourraient émerger de cette politique des corps ? A partir des émeutes, en quête de démocratie, Alain Bertho examine les manières de rassembler autour des revendications du siècle : égalité, fin des dominations patriarcale et coloniale, défense des communs, préservation du vivant.
L'autisme touche des dizaines de milliers de personnes en France. Ce livre témoigne des progrès accomplis dans la compréhension des aspects génétiques, neurologiques et cognitifs de cette maladie, et des handicaps qu'elle entraîne.La grande diversité de ses symptômes, notamment les troubles de la communication et de la socialisation, rend difficiles son diagnostic et son traitement. Se pose également le problème de la prise en charge des enfants et du soutien de leur famille dans une société mal préparée à les accueillir.Cet ouvrage de référence, à l'initiative de l'Arapi, est écrit par les meilleurs spécialistes français et internationaux. Biographie de l'auteur Alain Berthoz, membre de l'Institut, est professeur au Collège de France où il dirige le laboratoire de physiologie de la perception et de l'action. Christian Andres est professeur à la faculté de médecine de Tours, chef du service de biochimie et de biologie moléculaire au CHRU de Tours. Catherine Barthélémy est pédiatre, pédopsychiatre et physiologiste. Elle est chef de service au CHRU de Tours et enseignant-chercheur à l'université de Tours. Elle est également présidente du Comité scientifique de l'Arapi. Jean Massion, vice-président de l'Arapi, est ancien directeur de recherche au CNRS.Bernadette Rogé est professeur de psychopathologie du développement à l'université de Toulouse-Le Mirail. Elle est également présidente de l'Arapi.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.