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Ecriture, lecture et facture lexicale du créole. Révolution 2
Bernabé Jean
L'HARMATTAN
35,50 €
Épuisé
EAN :9782343110783
Le présent ouvrage prolonge l'essai publié en 2015 sous le titre Approche cognitive du créole martiniquais, Ranboulzay I / Révolution I. Il se compose de quatre parties dont la première est une réflexion condensée et simplifiée concernant les recherches sur l'écriture (dans son acception graphique) du créole, conformément au caractère visuel et non pas phonique de la lecture, véritable aventure oculaire. Vient ensuite une offre de lecture concrétisée par une nouvelle écrite dans un créole novateur, parce qu'actualisant des potentialités créatives de cette langue. Puis arrive un mini-dictionnaire créole visant à mettre en évidence certaines données propres à mettre en oeuvre la facture du créole afin de revitaliser la créativité de chaque locuteur créolophone. En dernier lieu intervient un mini-corpus de mots et expressions créoles dont les entrées en français visent à permettre aux locuteurs créolophones d'intégrer et réactiver de façon immédiate des termes leur permettant de contrer la décréolisation, autrement dit la refrancisation du créole, phénomène de plus en plus invasif. Cet essai milite pour un rapport équilibré entre les deux langues maternelles, opération qui ne peut réussir sans l'implication des pédagogies scolaires dans une démarche scientifique. Nourrie des apports de la grammaire cognitive et dépourvue de tout dogmatisme autoritariste, cette entreprise doit s'assortir d'un travail critique sur les textes créoles, notamment sur ceux qui manifestent une créativité lexicale authentique et pertinente, parce qu'assumant l'actualisation des potentialités de la langue créole. Agrégé de grammaire, docteur d'Etat en sciences du langage, écrivain et linguiste, Jean Bernabé, ouvrant de façon inédite un véritable champ pédagogique au créole, en a introduit l'enseignement en 1973 au sein de l'université des Antilles et de la Guyane, où il a fondé le laboratoire GEREC (Groupe d'études et de recherches en espace créolophone). Initiées dans le cadre de la grammaire générative, ses recherches se sont ensuite orientées vers la linguistique cognitive.
De par les conditions et modalités de leur émergence, les créoles sont de véritables laboratoires propres à activer les recherches dans divers domaines, notamment en ce qui concerne la genèse des langues. Avec le présent ouvrage, le rôle de la métaphore, tel que mis en évidence par Lakoff et Johnson et défini comme fondateur des opérations cognitives, concerne également, de façon jusque-là inédite, celui de la langue elle-même, dans ses axes paradigmatique et syntagmatique, voire «parasyntagmatique», cette dernière expression étant un néologisme généré par l'observation et l'analyse de faits de langue. Ce travail est dédié à une redynamisation concrète de l'ensemble des créoles à partir de la découverte de leurs ressources et potentialités lexicales. On peut espérer qu'il suscitera une prise de conscience chez les locuteurs, dont la pratique linguistique est constamment menacée par la décréolisation, phénomène trop souvent ignoré, méconnu, minoré, voire nié. D'où le sous-titre Ranboulzay I / Révolution I. Compte tenu de la complexité de cette investigation et des différences existant entre les divers créoles, la focalisation sur un seul d'entre eux - en l'occurence le martiniquais - s'imposait. La méthodologie à l'oeuvre dans cette recherche pourra néanmoins être mise à profit pour l'étude de toutes les autres langues.
Jean Bernabé rappelle que, conformément aux enseignements de l'Histoire, l'idée d'une fixité des peuples constitue un dangereux fantasme, qu'il importe d'éradiquer. Il signale par ailleurs que les tenants résolus de l'identitarisme tout autant que leurs adversaires déterminés ont paradoxalement en commun la même conception biaisée de l'identité. En lieu et place d'une posture moralisatrice, il préconise et met en oeuvre une démarche rationnelle qui, au lieu de se complaire dans une vertueuse réprobation des conséquences, s'applique à une vigilante recherche des causes. Cet essai ne se satisfait pourtant pas du remplacement de l'expression jugée impropre "identité des peuples" par celle, réputée pertinente, de "spécificité ethnoculturelle", cette dernière formulation impliquant précisément l'idée d'une évolutivité. Quoiqu'indispensable, une simple substitution terminologique n'est en effet pas censée modifier les mentalités et les comportements, tant que ne seront pas mis en oeuvre les moyens propres à prévenir, voire à juguler l'accident conceptuel affectant les options politiques et géopolitiques de l'Humanité. Cette dérive étant décrite comme cognitive à partir d'analyses linguistiques diachroniques et synchroniques, sa compréhension et sa conscientisation devraient donc constituer la première étape de la thérapie à adopter. Aussi l'éducation des jeunes, plutôt que de se limiter au premier degré de la transmission des connaissances, devrait-elle accéder au deuxième, à savoir la connaissance de la connaissance. Le recours au support des technologies modernes d'information et de communication s'avère à cet égard adéquat à la condition expresse qu'il permette d'impulser, à l'échelle de la planète, un élan décisif à la prise de conscience généralisée qui s'impose en la matière.
Après les déclarations de Nadine Morano sur "la France, pays de race blanche", Jean Bernabé analyse l'identitarisme : les tenants résolus de cette idéologie et leurs adversaires utilisent le mot "identité" de manière inadéquate qui concerne l'individu en tant que personne, et non les groupes humains. Ambigu, le terme "identité" appliqué aux peuples confère une immutabilité contestée par l'histoire. Il devrait être remplacé par le terme "spécificité". Et au-delà de cette substitution, il faudrait être plus attentif contre de telles dérives.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !