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Opération dragon de Robert Clouse
Benoliel Bernard
YELLOW NOW
12,50 €
Épuisé
EAN :9782873402686
De son vivant et depuis sa mort, Bruce Lee est devenu une star et un symbole universels, et ni l'un ni l'autre ne sont prêts de pâlir. Mais c'est toujours la même histoire qui se raconte, les mêmes légendes et anecdotes à longueur de biographies, les mêmes superlatifs, les mêmes falsifications aussi, en particulier celle qui voudrait ne faire de lui qu'un philosophe engagé sur la voie de la sagesse au détriment du combattant et même de "l'enragé", une rage et une fureur dont ses films, heureusement, ont gardé la trace indélébile. Car ce qui compte avant tout, c'est la folle singularité d'une présence d'acteur à l'oeuvre dans tous les films où il apparaît. D'où l'idée d'en revenir aux films, en particulier à son dernier, Opération Dragon (1973), et de les considérer comme l'archive primordiale pour comprendre le mystère d'une telle présence. Et de là, "rapatrier" Bruce Lee dans le champ du cinéma et de l'analyse, pratiquer l'étude à même le corps cinématographique: "Enter the Dragon", enfin.
L Ame rique a tout de suite eu besoin du cine ma: pour tirer le portrait de tout un peuple d e migre s venus ba tir une nation. Pour s imposer comme le pays de la liberte. Pour saisir comme dans un miroir grands espaces, ciels bleus et routes a perte de vue, autant de promesses de trajets initiatiques. Des Raisins de la cole re a La Balade sauvage, de la fin des Temps modernes a Easy Rider, de New York-Miami a Route One/USA, le road movie un dro le de genre qui doit beaucoup au western et veut encore y croire s est confronte a cette immensite du continent, lieu de tous les fantasmes, de toutes les de mesures, de tous les paradoxes. Paradoxe de voyages qui en chemin n en finissent pas de retrouver les traces du passe. Paradoxe d aventures qui se re ve lent toutes, pour le meilleur et pour le pire, une expe rience inte rieure, un aller sans retour, voire une hallucination. Paradoxe de films qui voudraient prendre la mesure d un pays gigantesque comme une carte re ve de correspondre a son territoire.
A l'été 1972, Paul Schrader, un jeune scénariste dérivant dans Los Angeles, a la vision d'un taxi driver qui vit seul au milieu de la multitude, en souffre et rêve sa vie à force de la scruter. En quelques jours, un premier scénario s'écrit : "Il a jailli de moi comme un animal". Un jaillissement redoublé par l'excitation d'un Scorsese qui s'en empare et invente à l'été 1975 une mise en scène hallucinée, à l'image de la réalité surréelle du New York de cette époque, une ville en faillite et un terrain de jeu idéal. Sans compter Robert De Niro, alors en pleine ascension, qui sait insuffler au personnage de Travis Bickle une force irrésistible, animale elle aussi et inspirée par une théorie du jeu de l'acteur. Taxi Driver est l'histoire de ces jaillissements, logiquement aussi celui de Travis qui cède apparemment à une force dévastatrice et, en vrai, trouve la voie de sa libération. Une libération ou une démesure créatrice qui accède à sa figuration exemplaire dans la célèbre scène au miroir : "You talkin' to me ?", véritable échappée dans une quatrième dimension. D'une certaine façon, ce livre est tout entier dédié à élucider les enjeux esthétiques de cette seule scène, à en réfléchir sa généalogie renouvelée et à en déployer les conséquences à l'échelle du film. Alors, comme toute image de soi dans un miroir, les interprétations habituelles s'inversent.
Décors tourmentés, perspectives dépravées, expressivité des corps d'acteurs, jeux d'ombre et de lumière, sensations de fin du monde... Pourquoi cet expressionnisme-là, celui du Cabinet du docteur Caligari, est-il resté si célèbre? Mais pourquoi ce même expressionnisme ne peut-il établir aussi une liste immuable des films qui le composent, pourquoi doit-il toujours prouver sa validité, suspecté dès l'origine de n'exister que par abus de langage? Cet ouvrage suppose l'inverse: non qu'une définition du phénomène soit aisée ou même possible (il existe toute une histoire, racontée ici, de cette aventure intellectuelle), mais que ce e mouvement ou ce moment si contesté a joui d'une forme de postérité qui le prouve presque en retour. D'Orson Welles à Tim Burton, de Maya Deren à Kenneth Anger, de Blade Runner à David Lynch pour ne citer que quelques noms d'un seul continent, le cinéma expressionniste s'avère paradoxalement une des grandes virtualités accomplies du cinématographe. Depuis son origine jusqu'à aujourd'hui, il pose des questions d'esthétique, d'histoire, des questions qui dévoilent tout un pan du 7e art.
Dans un paysage proche et lointain chacun est seul à vouloir construire sans relâche une existence qui soit sienne. Les pierres sont à l'image de notre résolution. Les bêtes ont dans les yeux le reflet de l'homme exploité. Du minéral, du végétal, de l'animal monte, en ces temps de désarroi, un appel à la solidarité avec tout ce qui nous fait vivre et vit en nous.
Première impression forte que nous procure la vision des Sept Samouraïs: le générique du début du film défile en larges lettres blanches sur un fond noir. Chaque nom «tombe» sur l'écran massivement, laissant une empreinte profonde, appuyée par une musique aux percussions sourdes et au rythme martelé. Les signes sont épais, le trait vigoureux. Et Gilles Deleuze disait que c'était de cette manière qu'il fallait comprendre le style d'Akira Kurosawa, comme un caractère mat et compact. Ici la lettre n'est pas signe qui disparaît sous son sens, mais un sceau imprimé comme au fer rouge. Les symboles se mettent peu à peu à former des figures géométriques régulières. Ainsi se caractérise la présence dans les films de Kurosawa. Apparaître à l'écran, c'est déjà être engagé dans un jeu de forces, marquer sa puissance, avoir un poids.«Au XVIe siècle, époque de guerre civile, des guerriers dévastent les campagnes. Partout ces bandits sans pitié oppriment les paysans.»Ce film de 1954 se déroule au Japon, pendant la période Sengoku (1490-1573), époque sanglante durant laquelle se développent des mouvements d'autonomie rurale. Sous la menace de brigands, un petit village de paysans apprendra, avec l'aide de samouraïs, à se défendre et à s'autogérer.En reprenant une trame historique, Akira Kurosawa inscrit son film dans la tradition japonaise du jidai-geki ou film d'époque. Toutefois, il prétend en renouveler le cadre et les schèmes: «Un film d'action peut n'être qu'un film d'action. Mais quelle chose merveilleuse s'il peut en même temps prétendre peindre l'humanité.»Présence des corpsLe cinéma de Kurosawa est avant tout un art des corps. Dénudé, désirant, fébrile ou en mouvement, les destins qu'il met en scène sont autant d'aventures ou de métamorphoses du corps.Dans nombre de ses films, les premiers plans d'un personnage le présentent de dos, comme s'il était d'abord une masse pesante, plus ou moins musculeuse ou débile, plus ou moins agitée ou sereine, et bien moins un visage. Dans Les Sept Samouraïs, le premier plan de Toshiro Mifune le montre de dos grattant son échine courbée, comme un personnage qui ne sait pas se tenir. Au contraire, Barberousse, dans le film éponyme, également joué par Mifune, apparaît pour la première fois de dos dans la plus grande immobilité et dans la plus grande fermeté, comme une puissance intraitable. Kurosawa s'attache à singulariser la présence corporelle de chacun, comme celle par exemple de l'enfant fou dans Dodeskaden (1970), au haut front et à la démarche mécanique. Dans Les Bas-Fonds (1957), dans Le Garde du corps (1961), les personnages sont à la limite du monstrueux. Les uns, un fichu sur la tête, ne laissent voir qu'une face osseuse, les autres ont un crâne ou un ventre si protubérant qu'ils déséquilibrent toute leur silhouette. (...)
Bérard Stéphane ; Gomez-Passamar Nadine ; Pugnet N
Les Alpes de Haute-Provence sont l'un des terrains d'expérimentation de Stéphane Bérard. Il les connaît bien et depuis longtemps. Sur ce territoire, il ne s'agit pas seulement pour lui de valoriser un paysage, d'en exalter la beauté ou les failles, d'y attirer les touristes ou d'en consoler les habitants. Les oeuvres imaginées et l'oeuvre réalisée in situ, Mille Plateaux-repas, ont comme point commun le constant souci de l'usage qu'on pourrait en faire, et le regard qu'elles appellent n'est jamais coupé d'une pensée pratique - et d'une réflexion sur nos habitudes, nos routines. Ces oeuvres s'adressent au passant, qu'il soit d'ici ou d'ailleurs.