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Masculin-féminin
Ben Slama Raja ; Cornell Drucilla ; Fraisse Genevi
LA DECOUVERTE
12,50 €
Épuisé
EAN :9782707140524
La collection "Les mots du monde" repose sur une idée simple: réunir dans un ouvrage un ensemble de textes qui s'efforce de présenter la signification d'un même mot dans différentes aires géographiques et culturelles: Afrique sub-saharienne, Chine, Etats-Unis, Europe, Inde, monde arabe. Ces termes philosophiques ou anthropologiques ont acquis une épaisseur symbolique en cristallisant, pour une société donnée, des évolutions et des traits marquants. Immergés dans l'usage le plus quotidien, ils fondent t organisent aussi un langage commun, qui renvoie également aux débats traversant les sociétés contemporaines. Ces livres souhaitent renouer avec une certaine tradition intellectuelle de vigilance critique et d'ouverture, tout en se donnant la chance d'un "regard éloigné" favorisant le dialogue entre les cultures. Le lecteur pourra ainsi prendre la mesure des concordances, des glissements, des disparités qui recouvre chacune de ces notions "universelles", mais aussi des tensions qui se dessinent entre la diversité des traditions culturelles et le travail d'homogénéisation de la mondialisation
Ce livre porte un regard franc sur l'ordre des genres dans la tradition arabo-islamique. Il dément plusieurs thèses longtemps dominantes (et qui le sont encore), dont le binarisme sexuel, l'égalitarisme prétendu de l'Islam, symbolisé par le slogan "l'Islam a honoré la femme" , le fatalisme de la socialisation liée au genre et la réduction au religieux d'une civilisation qui a pourtant cultivé la science, l'amour, les belles-lettres et l'art de vivre. Il est mu par une éthique de la vérité, qui n'est pas séparable de la psychanalyse, angle de prise de vue principal de cet ouvrage. Une sorte d'obligation de mémoire élargie double cette éthique de la psychanalyse en la dotant d'une dimension politique.
Un devoir d'insoumission nous incombe, à l'intérieur de nous-mêmes et à l'encontre des formes de servitude qui ont conduit à cet accablement": l'appel que ce petit livre avait lancé en 2005 semble avoir été entendu. En témoigne l'élan révolutionnaire qui s'est fait jour en Tunisie et qui se propage dans l'ensemble du monde arabe. Surtout, les analyses et les propositions que ce texte avançait se trouvent confirmées: c'est une libération du paradigme identitaire qui est à l'oeuvre aujourd'hui. On peut donc aborder ce livre comme un commentaire de ce qui a rendu nécessaire les insurrections d'aujourd'hui, sans toutefois perdre de vue que des soulèvements, si massifs soient-ils, des chutes de tyrans, si spectaculaires soient-elles, ne suffisent pas à faire révolution. Les changements désirés vont rencontrer des résistances conscientes et inconscientes que les sociétés arabes devront affronter à nouveaux frais, telle que la place de l'islam, enjeu central de la guerre qui se déroule depuis une trentaine d'années en son nom. Et qui demeure central avant, et pendant les processus de transition démocratique.
Comment expliquer la vague islamiste qui déferle depuis trois décennies sur les pays musulmans? Que cache le ressentiment vis-à-vis de l'Occident? Comment comprendre la complaisance des pouvoirs politiques en place à l'égard des conceptions les plus conservatrices de l'islam, notamment en ce qui concerne la place des femmes? Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les uns, ranimant la thèse du conflit des civilisations, attribuent ces phénomènes au Coran lui-même, qui serait intrinsèquement porteur de violence. D'autres voient dans l'islamisme un étendard efficace pour venir à bout de l'injustice et de l'oppression. Les thèses fleurissent mais qui se préoccupe de savoir ce qu'en pensent les habitants des pays concernés? Quelles sont les responsabilités de l'Occident? S'extirpant des idées reçues, Ben Salama s'est rendu dans plusieurs pays, notamment en Iran, en Arabie Saoudite et en Egypte, pour interroger ceux que l'on entend trop rarement, personnalités ou anonymes, intellectuels, journalistes, acteurs, étudiants ou religieux, mais chacun portant un regard différent sur ce monde et les relations qu'il entretient avec l'Occident. Fort de ces témoignages exceptionnels, cet ouvrage, complété par deux documentaires télévisés, donne une large place aux voix étouffées des femmes et des hommes qui se battent courageusement pour séparer leur religion de son instrumentalisation politique. Etayée par l'analyse d'observateurs avertis de ces phénomènes, l'enquête de Ben Salama dresse le panorama d'un monde musulman à la croisée des chemins. Et si cette soi-disant confrontation Islam-Occident était derrière nous? Et si le terrorisme islamiste n'était que la dernière onde de choc de bouleversements vieux de plus d'un siècle? Si le monde arabo-musulman était en train de dessiner sa propre voie? Mais alors quelle voie?
F. Benslama prolonge le Manifeste des libertés paru dans«Libération»en février 2004 par une déclaration qui invite à un engagement commun et permanent entre les défenseurs des valeurs de la laïcité et les musulmans. Il propose aux musulmans de se libérer de la soumission et présente la laïcité comme l'ouverture au surmontement du mythe identitaire de l'islamisme.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.