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Déclaration d'insoumission. A l'usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas
Benslama Fethi
FLAMMARION
5,10 €
Épuisé
EAN :9782081248847
Un devoir d'insoumission nous incombe, à l'intérieur de nous-mêmes et à l'encontre des formes de servitude qui ont conduit à cet accablement": l'appel que ce petit livre avait lancé en 2005 semble avoir été entendu. En témoigne l'élan révolutionnaire qui s'est fait jour en Tunisie et qui se propage dans l'ensemble du monde arabe. Surtout, les analyses et les propositions que ce texte avançait se trouvent confirmées: c'est une libération du paradigme identitaire qui est à l'oeuvre aujourd'hui. On peut donc aborder ce livre comme un commentaire de ce qui a rendu nécessaire les insurrections d'aujourd'hui, sans toutefois perdre de vue que des soulèvements, si massifs soient-ils, des chutes de tyrans, si spectaculaires soient-elles, ne suffisent pas à faire révolution. Les changements désirés vont rencontrer des résistances conscientes et inconscientes que les sociétés arabes devront affronter à nouveaux frais, telle que la place de l'islam, enjeu central de la guerre qui se déroule depuis une trentaine d'années en son nom. Et qui demeure central avant, et pendant les processus de transition démocratique.
Gauchistes simplets, vous l'avez faite et vous nous l'avez donnée" : ce propos ironique prêté à des islamistes est significatif de l'esprit dans lequel est vécu le cours de la révolution dans le monde arabe. "Du printemps arabe à l'hiver islamiste" est une autre formule évocatrice du sentiment de déception, de désillusion, de l'idée d'un mauvais tour pris par les soulèvements, un an après leur déclenchement. C'est la contre-révolution en marche. D'autres y voient la confirmation que ce n'était pas des révolutions, mais des coups d'Etat perpétrés à la faveur de convulsions populaires, dont naîtra un ordre pire que le précédent. Le mot " régression " est parfois lâché, et le regret des dictatures n'est pas loin. Ici ou là, on n'hésite pas à nous reprocher la joie éprouvée au cours des événements. Vous vous êtes réjouis trop vite, n'est-ce pas ? Et maintenant, êtes-vous optimistes ou pessimistes ? Qu'en est-il de votre hypothèse d'une sortie du monde arabe du paradigme de l'identité vers celui de la liberté ? Que les interrogations et les inquiétudes sur le cours actuels du monde arabe soient légitimes, cela ne fait pas de doute. Mais que l'on veuille déjà considérer que les jeux sont faits, voilà qui ne laisse aucune chance à la liberté comme expérience, comme processus dialectique, comme prise de risque inévitable et sans garantie. Je voudrais poursuivre ici l'accompagnement du mouvement qui a donné lieu à la chute de la dictature le 14 janvier 2011 en Tunisie, et dont l'onde s'est étendue à toute une région et même au-delà. Essayer d'éclairer les conditions sociales et subjectives des développements actuels est la seule possibilité d'affronter le passage de l'imprévu à l'imprévisible, avec un viatique pour le voyageur dans l'histoire en devenir.
Si la religion est omniprésente dans la réflexion de Freud, l'islam en est absent. On mesure à ce constat la richesse de la perspective ouverte ici : mettre au jour les refoulements constitutifs de la religion islamique. Partant de la crise contemporaine de l'islam et de son symptôme le plus visible qu'est l'islamisme, ce livre entreprend d'explorer les origines de l'islam. Pour interpréter cette "césure du sujet de la tradition" qui prend la forme d'un désespoir de masse, Fethi Benslama relit les textes fondateurs, gardés par un long règne d'interdit de penser. L'altérité féminine y apparaît comme la nervure centrale du refoulement propre à l'islam. Face à un dérèglement profond de la relation entre le réel et les formes symboliques que trahissent les extrémismes, l'analyse conduit alors vers des questions demeurées impensées, telle l'affirmation coranique selon laquelle Dieu n'est pas le père.
Résumé : Comment penser le désir sacrificiel qui s'est emparé de tant de jeunes au nom de l'islam ? Cet essai propose une interprétation dont le centre de gravité est ce que j'appelle le surmusulman. Il s'agit d'une figure produite par un siècle d'islamisme. Je l'ai décelée dans ses discours, mais aussi à partir de mon expérience clinique. La psychanalyse permet, en effet, d'explorer les forces individuelles et collectives de l'anti-civilisation. C'est ce que requiert ce qu'on appelle aujourd'hui "radicalisation", en tant que symptôme social et psychique. La désignation de surmusulman a ici la valeur d'un diagnostic sur le danger auquel sont exposés les musulmans et leur civilisation. Cependant, un autre devenir est possible. C'est la raison pour laquelle cet essai se termine par un chapitre sur le dépassement du surmusulman.
Résumé : Quels sont les ressorts intimes de l'enrôlement de milliers de jeunes dans le jihâd ? Qu'est-ce qui déclenche la décision de s'engager dans un tel combat ? Depuis ses débuts, le phénomène mondial de la radicalisation islamiste et ses débouchés dans le terrorisme ne cessent de déconcerter par le nombre de ses partisans et surtout par la complexité de leurs mobiles. Cet essai montre l'insuffisance de la notion de "passage à l'acte", souvent invoqué, et propose une nouvelle théorie ? le saut épique ? comme ressort fondamental de l'engagement. Elan à la fois psychique, spirituel et politique qui peut conduire à l'action destructrice ou émancipatrice, individuelle ou collective.
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)