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LA COMPAGNIE DES TRIPOLITAINES
BEN HAMEDA KAMAL
ELYZAD
14,90 €
Épuisé
EAN :9789973580344
Extrait «Les vrais indigènes de ces régions étaient des barbares hirsutes, édentés et sauvages ; en rut permanent, ils n'arrêtaient pas de s'accoupler comme leurs voisins les singes. Beaucoup de monstres sont nés qu'ils laissaient périr pour le bonheur des mouches établies en ces lieux. Les Homo sapiens des autres continents appelaient ce pays "la mer des monstres" : s'y côtoyaient des cannibales, des cyclopes, des pygmées et des hermaphrodites. Dans cette contrée encerclée de rocs, de falaises et de montagnes énigmatiques, les animaux incrustés dans leur solitude erraient seuls ou en hordes. Le sol était truffé de serpents noirs géants se nourrissant d'autruches et d'antilopes, ne laissant rien à nos ancêtres qui ne suivaient jamais leurs traces, car ils avalaient tout ! Les barbares de ce temps-là chassaient les bêtes fauves et les gazelles dociles ; ils survivaient dans des caves ou des grottes, regroupés en tribus, et enterraient leurs morts, ou ce qu'il en restait après la visite de notre peuple, les mouches, sous un tumulus de pierre ou un dolmen. Ils admiraient les oiseaux, craignaient le soleil et vénéraient le serpent qui ne cessait de renaître sous leurs yeux ; ils le représentaient la tête surmontée d'un disque solaire, ornée de deux plumes, ailes sacrées. Ils s'affublaient de queues de lions ou de singes et se paraient la nuit de cornes de béliers pour affirmer leur virilité. Leurs femmes étaient guerrières et chasseresses le jour, vagins et ventres la nuit. La prêtresse Maboula les avisa des caprices de la mer, si peu fiable, et leur interdit de s'en approcher ; elle leur prédit qu'un peuple, adorateur d'or et de pierres, viendrait les asservir s'ils n'écoutaient pas ses injonctions. Les hommes gardaient les enfants et s'ennuyaient ferme, alors ils s'aventuraient de plus en plus vers les côtes. Et un jour la vision prit corps. Des voiles apparurent sur la ligne courbe de l'eau. Les bateaux accostèrent, d'où jaillirent, venus du Nord, des hommes aux armes scintillantes. Ils prirent possession des lieux et aménagèrent leur campement, épiés par le petit peuple de sauvages aux yeux noirs et profonds qui de loin les guettait. Chaque fois qu'ils reprenaient la mer, ils laissaient toutes sortes de délices et de boissons derrière eux, surtout du vin et de la bière que les sauvages aux petits yeux noirs et enfoncés testaient, avec suspicion d'abord avant d'en devenir les esclaves. Pour renouveler pareilles jouissances, ils étaient prêts à tout et oublieux des prédictions de Maboula, ils prirent contact avec ces marins phéniciens qui finirent par fonder des comptoirs sur tout le littoral. Alors ils acceptèrent les pires tâches et devinrent porteurs et serfs en échange de vin et de silphium, cette plante médicinale aromatique au pouvoir magique qui nourrit le corps, chasse les maladies, fait oublier la fatigue et rend paisible.
Résumé : Un jeune Marocain de Tanger, Driss ben Hamed Charhadi, raconte sa vie pleine de trous à Paul Bowles, qui, après l'avoir enregistré au magnétophone, a traduit ce récit en anglais. A travers la naïveté du discours de Charhadi apparaissent la misère de sa famille, les quelques jours heureux passés à l'orphelinat, la précarité des emplois et l'éternelle recherche de travail, le chômage, la prison, les aventures sentimentales ... Son existence est dominée par la faim. Si Hamed va en prison, c'est que, las de chercher du travail, il a été contraint de voler pour manger. S'il accepte d'être battu et humilié, c'est encore et toujours pour manger. Ses déboires et ses malheurs constituent autant d'épisodes parfois tristes, parfois extrêmement comiques. En toutes circonstances, Hamed conserve un fatalisme absolu. Aux éditeurs américains qui lui demandaient une notice biographique au moment de la publication de son livre aux Etats-Unis, Charhadi a opposé un refus catégorique : "Ils veulent savoir qui je suis. Voilà ce que je suis : un homme qui a une femme, un enfant et pas de travail. Rien d'autre. Un homme qui vit dans un pays pourri à une époque pourrie. Tout est pourri, décadent, fini, mort."
La perversion narcissique et ses manoeuvres est fondamentale dans la clinique actuelle. Etre au fait de celle-ci permet d'être moins parasité par leurs effets, assure un meilleur échange et une meilleure clairvoyance. Le but de cette étude est de fournir des repères et d'être mieux armé devant ces situations, particulièrement pour les cliniciens, mais aussi les professionnels de l'ordre judiciaire.
Ce sont des fragments de mémoire dont il s'agit ici, mémoire qui s'écrit au gré des hasards d'une déambulation dans l'espace de la ville, dans le temps de l'enfance et qui se reconstruit autour du soudain éclat d'impressions enfouies et de visages surgis dans le clair-obscur. Dans ce texte l'auteur a tenté de transmettre un monde, celui de la Libye, son pays d'origine, avec ses couleurs, ses odeurs et le bruissement d'une vie disparue et de se réapproprier sa ville natale à travers l'évocation des lieux, des personnages, des événements en privilégiant les émotions de l'enfance et le regard de l'adolescence. En utilisant le "je", l'auteur se pose face à sa ville natale, à ses habitants et face aux maîtres du pouvoir temporel et intemporel. Si le "je" prend tout son espace dans la littérature et dans la société occidentales, son usage reste embryonnaire, balbutiant dans les sociétés du type tribal au centre desquelles règne un maître qui parle au nom de la foule, distribue les rôles, applique les lois de l'Invisible et veille à faire taire ceux qui dérangent l'ordre public et l'ordre cosmique. Ce livre est un des rares témoignages sur un pays mal connu, un témoignage venu de l'intérieur d'une société fermée.
Dans l'Irak rural d'aujourd'hui, sur les rives du Tigre, une jeune fille franchit l'interdit absolu : hors mariage, une relation amoureuse, comme un élan de vie. Le garçon meurt sous les bombes, la jeune fille est enceinte : son destin est scellé. Alors que la mécanique implacable s'ébranle, les membres de la famille se déploient en une ronde d'ombres muettes sous le regard tutélaire de Gilgamesh, héros mésopotamien porteur de la mémoire du pays et des hommes. Inspirée par les réalités complexes de l'Irak qu'elle connaît bien, Emilienne Malfatto nous fait pénétrer avec subtilité dans une société fermée, régentée par l'autorité masculine et le code de l'honneur. Un premier roman fulgurant, à l'intensité d'une tragédie antique.
Résumé : En 1800, Tunis est une ville méditerranéenne ceinturée de remparts. Un siècle et demi plus tard, et la voila dotée de tous les attributs de la ville moderne. De nouveaux quartiers - Bab Bhar, La Petite Sicile et Lafayette - s'étendent sur des terrains gagnés sur des marécages. De nouvelles formes d'habitat - l'immeuble de rapport et la villa apparaissent, variés dans leur conception et soignés dans leur construction. L'influence manifeste des académies européennes des Beaux-Arts du début du XXe siècle, est contrebalancée par le style dit néomauresque, une tentative de garder les liens avec les traditions locales. l'Art déco connaîtra, quelques décennies plus tard, un essor à Tunis suivi, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, par un bref retour aux modèles traditionnels de construction. S'appuyant sur des plans et des documents photographiques inédits, cet ouvrage ne prétend pas dresser un bilan exhaustif de l'histoire urbaine de Tunis de 1800 à 1950. Il propose plutôt une introduction au patrimoine urbain de cette période, mettant en relief les principales ?uvres architecturales qui y ont vu le jour. Le lecteur découvrira les différentes tendances qui ont modelé l'environnement architectural et urbain du centre de Tunis tel que nous le connaissons aujourd'hui, et se rendra compte de l'importance d'un patrimoine bâti cohérent, digne d'intérêt par la grande qualité de ses détails.
Horrifiés de voir des femmes prendre la parole, prendre la plume et même prendre les armes, pendant la Commune de Paris de 1871, des hommes les ont affublées du nom de "pétroleuses". Depuis longtemps, je me suis intéressée à la plus célèbre d'entre elles, Louise Michel. J'ai écrit sa biographie, édité sa correspondance et ses romans. Il aurait été injuste de laisser dans l'ombre ses compagnes et je suis heureuse aujourd'hui de faire connaître : Nathalie Lemel, relieuse et organisatrice syndicale, Paule Minck, libre-penseuse et socialiste, André Leo, romancière engagée et Elizabeth Dmitrieff, l'internationale des femmes. Toutes, elles ont fait l'Histoire. Elles revivent dans les luttes des femmes de par le monde". Xavière Gauthier
Je revenais du colle?ge quand j'ai rencontre? Bella. Une apre?s-midi de novembre, morose. Un garc?on triste, che?tif, une te?te a? claques, la te?te baisse?e, la peur qui habite ses tripes, et parfois, l'envie d'en finir. On n'imagine pas ce que ressent un enfant quand il faut qu'il se fasse encore plus petit qu'il n'est, quand il n'a pas droit a? l'erreur, quand chaque faux pas prend un air de fin du monde. Mais en l'entendant, ce jour-la?, j'ai redresse? le menton.