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La Russie mise en Lumières. Représentations et débats autour de la Russie dans la France du XVIIIe s
Belissa Marc
KIME
24,40 €
Épuisé
EAN :9782841745241
Le XVIIIe siècle est un moment crucial de la construction de l'idée d'Europe. Les hommes des Lumières s'interrogent sur ses limites géographiques, politiques, culturelles. Cette réflexion implique une discussion sur ses marges, ses frontières, sur le non-européen ou le presque européen. Or, parmi ces terres de confins, l'empire de Russie émerge comme puissance au début du XVIIIe siècle. L'étonnement des contemporains devant ce phénomène s'intègre dans les débats sur ce qu'est l'Europe. L'intérêt des Lumières pour la Russie ne relève donc pas seulement d'un goût pour les immensités enneigées ou des bulbes des cathédrales de Moscou. Il pose des questions sur ce qui définit l'Europe sur ses marges: ses bornes, sa population, ses moeurs, ses lois, ses régimes politiques, son histoire, son développement économique, sa "civilisation" opposée à la "barbarie" ou à la "sauvagerie"... Cet ouvrage entend étudier les représentations et les usages de la Russie dans les débats intellectuels de la France des Lumières entre 1751 et 1789 en se basant sur un corpus d'encyclopédies, de celle de Diderot et d'Alembert à l'Encyclopédie méthodique de Panckoucke à la veille de la Révolution. Ces idées, ces représentations s'insèrent dans un large débat qui se déploie à partir des années 1750 sur la notion de "civilisation". Quels sont les regards sur la Russie dans la France des Lumières en 1751? Comment évoluent-ils avec l'arrivée de Catherine II au pouvoir? Les réponses à ces questions nous amèneront à nous interroger sur la place des discours encyclopédiques dans "l'invention de l'Est" et dans celle de la "géographie philosophique" des Lumières dont bien des éléments annoncent les représentations postérieures de l'Europe et celles de la Russie jusqu'à nos jours.
Belissa Marc ; Bosc Yannick ; Dalisson Rémi ; Dele
Résumé : Citoyenneté, République, Démocratie : trois termes qui nous sont familiers mais qui ont une histoire, des rapports réciproques et des significations changeantes du début de la Révolution française (1789) à la stabilisation de la Troisième République (1899) en France. Le sujet est vaste : il concerne aussi bien l'histoire des régimes politiques et des institutions, celle des pratiques citoyennes, républicaines et démocratiques, des rapports entre armée et citoyenneté, des formes d'acquisition de la citoyenneté pour les " étrangers ", celle de l'éducation civique par l'instruction, l'enseignement ou les arts, celle de la Contre-Révolution ou celle des statuts des personnes dans les espaces coloniaux. Bien que centrée sur l'histoire politique, la question au programme implique également de comprendre les évolutions économiques et sociales, mais aussi culturelles de la période, marquée en profondeur par la Révolution française et ses héritages. Regroupant spécialistes de la Révolution française, de l'Empire et du XIXe siècle, ce manuel entend être un ouvrage de synthèse, mais aussi un outil pédagogique à l'usage des candidats aux concours d'enseignement. Les exercices proposés, ainsi que les mises au point méthodologiques sont conçus dans l'esprit des nouvelles épreuves du CAPES d'histoire-géographie et de l'Agrégation. Les auteurs, tous engagés dans la formation des enseignants, ont veillé à ce que les sujets et leurs corrigés soient rigoureusement conformes à l'esprit du nouveau format des épreuves du CAPES et de l'Agrégation.
Une partie des contemporains de la Révolution française ont eu conscience qu'ils vivaient une période de bouleversement de l'ordre international et qu'à l'Europe de l'Ancien Régime, dominée par les rois, était en train de se substituer une nouvelle société inter-nationale. Des traités de Bâle (1795) à celui d'Amiens (1802), les acteurs et commentateurs politiques en France, en Angleterre, en Allemagne et en Italie s'interrogent sur l'avenir de l'Europe. Des contre-révolutionnaires aux néo-jacobins, les mêmes questions se posent : la Révolution française a bouleversé l'ancien ordre des choses, par quoi faut-il le remplacer ? Comment " finir " la Révolution ? Comment stabiliser l'ordre européen ? Cet ouvrage se propose de décrire ce débat et de montrer comment les contemporains ont pensé la transition entre deux ordres internationaux. La redéfinition de l'ordre européen est encore aujourd'hui au coeur du débat politique. Malgré les différences radicales entre l'Europe de 1796 et celle de 2006 la manière dont les acteurs de l'histoire ont pensé la dialectique des droits des nations et de la géopolitique des puissances peut donner une dimension historique indispensable au débat actuel et enrichir notre réflexion sur ce qu'est l'Europe.
Le Code civil, le Conseil d'Etat, la Légion d'Honneur, les préfets, les lycées... ces institutions familières ont en commun d'avoir été créées, refondées ou redéfinies sous le Consulat, le régime qui est issu du coup d'Etat de Bonaparte (1799) et auquel succède l'Empire (1804). Alors que le pouvoir législatif était le coeur de la Révolution française, il est laminé en 1799 et remplacé par un pouvoir exécutif omnipotent, concentré dans les mains d'un homme qui en fait sa chose. La centralisation administrative, telle que nous nous la représentons aujourd'hui, prend sa source dans la dictature de Bonaparte . Elle rompt avec la logique "décentralisatrice" mise en oeuvre depuis 1789 et renforcée par le Gouvernement révolutionnaire en l'an II. Aussi, ce que l'on nomme abusivement "le centralisme jacobin" devrait être désigné comme le "centralisme bonapartiste" . Le processus de centralisation s'accompagne d'une confiscation de la démocratie. Les décisions prises sont hors du contrôle du peuple, alors qu'il est prétendu souverain. L'administration se substitue alors à la politique, le fonctionnaire remplace l'élu et le citoyen est réduit au statut d'administré. Les experts choisis par Bonaparte sont les seuls habilités à définir l'intérêt général et les politiques censées l'incarner. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen disparaît et la référence à la république, de plus en plus formelle, n'a pour seule fonction que de légitimer le régime. L'ordre social repose sur le propriétaire qui a le "droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue" , le patron dominant ses ouvriers, le mari sa femme et le père ses enfants. La dictature de Bonaparte entend "dépolitiser" la nation et s'appuie sur la surveillance policière et la mise en place d'un régime où la liberté de la presse n'est plus qu'un mot. Le Concordat avec le Pape "recléricalise" la France et fait des prêtres les auxiliaires du pouvoir. Le culte du Chef de l'Etat et les valeurs militaires de l'ordre, de l'obéissance et de l'honneur sont érigés en culture politique dominante. A l'extérieur, le Consulat de Bonaparte est marqué par la construction d'une hégémonie autoritaire sur les peuples "libérés" par les armées françaises (Hollande, Suisse, Italie du Nord, Allemagne rhénane) et par une réaction coloniale sanglante en Guadeloupe et à Saint-Domingue, accompagnée du rétablissement de l'esclavage en 1802. Aujourd'hui, la société propriétaire et les stigmates "bonapartistes" de la Constitution de la Ve République - la monarchie républicaine, la "verticalité du pouvoir" , le législatif marginalisé - suscitent la critique et interrogent la nature de notre "démocratie" et ses dysfonctionnements.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.