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Républicanismes et droit naturel. Des humanistes aux révolutions des droits de l'homme et du citoyen
Belissa Marc ; Bosc Yannick ; Gauthier Florence
KIME
25,40 €
Épuisé
EAN :9782841744800
Les questionnements actuels sur la " crise de la démocratie " ont ravivé l'intérêt pour l'histoire des traditions républicaines dans l'Europe de la première modernité. C'est en effet parmi elles que des philosophes ont plus particulièrement recherché des éléments de réflexion susceptibles de déplacer nos catégories politiques afin de concevoir un nouveau républicanisme social et démocratique adapté à nos sociétés. Ces champs de recherches se sont principalement développés dans le sillage de l'historiographie anglo-saxonne du républicanisme dit " classique ". Dans ces travaux fondateurs et ceux qu'ils inspirent, la tradition démocratique athénienne ou l'école du droit naturel moderne et du droit des gens occupent cependant une faible place. Elle est encore plus modeste pour les synthèses républicaines dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et singulièrement de la Révolution française. Or, au cours des deux dernières décennies, les études révolutionnaires se sont largement renouvelées en inscrivant le politique dans les problématiques du droit naturel moderne, travaillées par le mouvement populaire et le débat d'assemblée. Le présent ouvrage, issu des actes d'un colloque qui s'est tenu à Paris en 2008, organisé par le collectif L'esprit des Lumières et de la Révolution, s'inscrit dans ce cadre général. Il place le paradigme républicain à l'époque moderne en perspective dans la souveraineté populaire émergente et le travail de fondation républicaine de la Révolution française.
Le martyre existe-t-il? Certes, des individus martyrisés, massacrés, des corps dépecés, du sang et des larmes, l'histoire n'en est jamais avare. Mais la souffrance ne suffit pas à faire le (ou la) martyr(e). Toute victime ne devient pas martyr(e). Le poids des générations passées pèse sur le cerveau des vivants: les représentations idéalisées de l'Eglise primitive, celle des apôtres et des martyrs, n'en finissent pas d'influencer le comportement des chrétiens aux temps médiévaux et modernes. Pourtant, selon que l'on évoque saint Augustin affirmant "c'est la cause et non la peine qui fait le martyr" ou Tertullien pour lequel le sang des martyrs est semence de chrétiens, l'attitude n'est pas tout à fait la même face au martyre, et l'on peut aisément opposer la spontanéité d'une geste divine et héroïque à l'autorité de l'Eglise qui se veut et se proclame seule instance de légitimation. Les communications présentées ici s'articulent autour de cette tension et présentent différentes facettes de l'aspiration au martyre du XIIe au XVIIIe siècle. Elles s'interrogent également sur les formes politiques du martyre et regardent le phénomène au miroir de l'islam.
Le Code civil, le Conseil d'Etat, la Légion d'Honneur, les préfets, les lycées... ces institutions familières ont en commun d'avoir été créées, refondées ou redéfinies sous le Consulat, le régime qui est issu du coup d'Etat de Bonaparte (1799) et auquel succède l'Empire (1804). Alors que le pouvoir législatif était le coeur de la Révolution française, il est laminé en 1799 et remplacé par un pouvoir exécutif omnipotent, concentré dans les mains d'un homme qui en fait sa chose. La centralisation administrative, telle que nous nous la représentons aujourd'hui, prend sa source dans la dictature de Bonaparte . Elle rompt avec la logique "décentralisatrice" mise en oeuvre depuis 1789 et renforcée par le Gouvernement révolutionnaire en l'an II. Aussi, ce que l'on nomme abusivement "le centralisme jacobin" devrait être désigné comme le "centralisme bonapartiste" . Le processus de centralisation s'accompagne d'une confiscation de la démocratie. Les décisions prises sont hors du contrôle du peuple, alors qu'il est prétendu souverain. L'administration se substitue alors à la politique, le fonctionnaire remplace l'élu et le citoyen est réduit au statut d'administré. Les experts choisis par Bonaparte sont les seuls habilités à définir l'intérêt général et les politiques censées l'incarner. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen disparaît et la référence à la république, de plus en plus formelle, n'a pour seule fonction que de légitimer le régime. L'ordre social repose sur le propriétaire qui a le "droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue" , le patron dominant ses ouvriers, le mari sa femme et le père ses enfants. La dictature de Bonaparte entend "dépolitiser" la nation et s'appuie sur la surveillance policière et la mise en place d'un régime où la liberté de la presse n'est plus qu'un mot. Le Concordat avec le Pape "recléricalise" la France et fait des prêtres les auxiliaires du pouvoir. Le culte du Chef de l'Etat et les valeurs militaires de l'ordre, de l'obéissance et de l'honneur sont érigés en culture politique dominante. A l'extérieur, le Consulat de Bonaparte est marqué par la construction d'une hégémonie autoritaire sur les peuples "libérés" par les armées françaises (Hollande, Suisse, Italie du Nord, Allemagne rhénane) et par une réaction coloniale sanglante en Guadeloupe et à Saint-Domingue, accompagnée du rétablissement de l'esclavage en 1802. Aujourd'hui, la société propriétaire et les stigmates "bonapartistes" de la Constitution de la Ve République - la monarchie républicaine, la "verticalité du pouvoir" , le législatif marginalisé - suscitent la critique et interrogent la nature de notre "démocratie" et ses dysfonctionnements.
Les épreuves : l'écrit et l'oral Programmes et calendrier Première partie. La préparation des épreuves écrites Planning de travail Préparation des épreuves d'histoire et de géographie : bibliographie, être efficace, travailler en équipe... Les épreuves écrites d'histoire : composition, dissertation, l'épreuve de commentaire de documents, méthode du croquis... Deuxième partie. La préparation des épreuves orales L'épreuve de mise en situation professionnelle : l'exposé scientifique et la dimension pédagogique, l'entretien avec le jury L'épreuve d'analyse de situation professionnelle : préparer l'épreuve, L'exposé, l'entretien et les attentes du jury.
Résumé : Depuis la chute du Mur de Berlin, l'idée de " nouvel ordre international " est au centre des débats sur l'avenir des relations entre les peuples. Le fait que nous vivons une période de transition entre ordre ancien et ordre nouveau est devenu un lieu commun des discours politiques. C'est sans doute parce que nous sommes les contemporains de ces transformations que les historiens des relations internationales peuvent aujourd'hui essayer de se poser de nouvelles questions et introduire de nouvelles problématiques sur la phase de transition dans laquelle s'opère le passage de l'ordre des rois d'Ancien Régime à un ordre véritablement " international " de la fin du XVIIIe siècle au XIXe siècle. L'Europe des Princes et des Rois de l'Ancien Régime possédait des valeurs, des modes de régulations fondés sur le droit dynastique et le droit positif des traités et enfin une pratique diplomatique et un cérémonial qui fondaient ce que les contemporains appelaient le " système politique de l'Europe ". Cet ordre, détruit par la Révolution française et ses conséquences entre 1789 et 1815, laisse la place à d'autres structures et à d'autres modes de régulation caractéristiques de ce que les historiens ont appelé " l'âge des nations ". Comment s'opère la transition entre ordre ancien et nouveau ? Comment les acteurs des relations internationales appréhendent-ils ces transformations ? Comment évoluent les structures et les réseaux diplomatiques ? Ces questions constituent un chantier historiographique largement ouvert que les contributions présentées ici entendent aider à défricher pour construire de nouvelles perspectives en histoire des relations internationales.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.