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Rituel et société à Madagascar. Les Antemoro de la côte sud-est
Beaujard Philippe
HEMISPHERES
26,00 €
Épuisé
EAN :9782377010660
Dans le nord de Madagascar se développent à partir du Xe siècle des ports cosmopolites accueillant des migrants de diverses régions de l'océan Indien. Au XVe siècle, des musulmans venus du nord-est s'installent à l'embouchure du fleuve Matatàna, dans le sud-est de l'île. Au début du XVIe siècle, ils se constituent en aristocratie dans un royaume dit "antemoro", premier état fondé dans la Grande Ile, qui disparait au XIXe siècle à la suite de révoltes des roturiers. A partir du religieux s'est élaboré dans l'espace antemoro une société à "pseudo-castes" unique à Madagascar. Cette société se caractérise par la séparation des pouvoirs politique et religieux, et par l'existence d'un groupe de parias. Les aristocrates utilisent une écriture en caractères arabes et des manuscrits à contenu magico-religieux qui fondaient jadis leur prééminence. L'étude comparative des cérémonies observées à la fin du XXe siècle révèle l'unité des grands rituels, qui forment un système, inscrit dans une pensée analogique. L'auteur montre l'universalité des dispositifs rituels en même temps que leurs particularités culturelles, et développe une réflexion générale sur la royauté sacrée. Par une "archéologie" du rituel, P. Beaujard s'attache en outre à saisir les influences qui sont à l'oeuvre dans la construction de l'édifice politico-religieux antemoro. Venues d'Asie du Sud-Est, du monde musulman et d'Afrique de l'Est, elles témoignent de la place singulière de Madagascar à la confluence de divers réseaux d'échanges de l'océan Indien, à différentes époques. Après Princes et paysans (1983) et Mythe et société à Madagascar (1991), ce livre est le dernier d'une trilogie qui vise à éclairer les rapports entre mythes, rituels et organisation politique.
De décennies de travail de terrain, Philippe Beaujard – venu en ingénieur agronome sur la Grande Ile et devenu anthropologue et historien –, a rapporté une vaste connaissance, unanimement reconnue, des sociétés malgaches. De Madagascar, il a aussi rapporté une moisson de photographies qui sont autant de précieux témoignages documentant ses peuples, leurs sociétés et leur histoire, ce qu'il nous donne ici à découvrir au fil d'un itinéraire à travers trois sociétés voisines, celles des Tanala, des Antemoro et des Zafiraminia, Cet itinéraire éclaire à la fois le passé et le présent, non seulement d'une région, mais de l'île tout entière. Il éclaire aussi son propre parcours : "J'étais parti avec le désir de découvrir un autre univers et de prendre du recul sur ma propre société. Le travail de terrain comprenait des moments de convivialité, mais aussi de gêne ou de souffrance, pour les Malgaches sujets d'observation, et pour moi – douleur d'être repoussé par quelqu'un dont vous voulez être ami sans trop savoir si vous en avez vraiment le droit. Pourtant, je ne voudrais en aucun cas avoir manqué cette source de richesse humaine qu'a représentée l'expérience d'une vie autre dans des sociétés en partie différentes. " Cette expérience d'un temps long au contact de ces sociétés, en particulier de plusieurs familles, n'est pas sans ouvrir la réflexion sur la mondialisation et ses conséquences, ainsi que sur l'acuité des problèmes environnementaux et ses origines. Madagascar connaîtra-t-elle le destin de l'île de Pâques ? " La réponse, hélas, ne dépend pas seulement des choix malgaches. "
L'essart et la rizière, qui ont fourni le point de départ de cette étude, ne se situent pas en fin de compte au centre de l'ouvrage. Mais très vite, le lecteur est fasciné par l'apport principal de cette oeuvre, c'est-à-dire par tout ce qui traite de la parenté, de l'organisation politique ou des pratiques religieuses des Tanala. Et si ce lecteur connaît tant soit peu Madagascar, il aura la surprise de découvrir un ensemble de traits culturels communs à toutes les populations de la Grande Ile, et une série de coutumes profondément originales, notamment en ce qui concerne le système politique. C'est sans doute dans ce domaine que l'étude de l'espace social tanala apporte la contribution la plus neuve ; sur ce point, l'originalité des Tanala de l'Ikongo déborde largement du cadre malgache. On sait que l'ouvrage de Ralph Linton, qui conserve toute sa valeur, représente un classique. Lorsqu'on lit ensuite Princes et paysans, on se rend compte de l'élargissement des perspectives et du raffinement de la méthodologie acquise entre temps par notre discipline. Et bien sûr, on ne peut rester indifférent au talent et au savoir de Philippe Beaujard, ingénieur agronome devenu ethnologue au fil des ans. Georges CONDOMINAS.
Ingénieur agronome, ethnologue et historien. Il est directeur de recherche émérite au Centre National de la Recherche Scientifique, et membre du Centre d?Études des Mondes Africains (CEMAf ).
Résumé : Fruit de travaux de terrain menés de 1972 à 1995 dans le Sud-Est de Madagascar, cet ouvrage inventorie et analyse des charmes à base de plantes préparés par des devins-guérisseurs dans le cadre de pratiques qui relèvent du " magico-religieux ". A l'intérieur de deux sociétés très différentes, les espaces antemoro et tanala, la confection et la mise en oeuvre d'un charme s'inscrivent dans le cadre d'actions rituelles. Cet ouvrage envisage ainsi non seulement le traitement des maladies mais l'ensemble du champ d'action des devins-guérisseurs dans la sphère sociale. Il se situe dans le champ de l'anthropologie de la maladie - du mal, de façon plus générale - plutôt que de l'ethnomédecine.
Révérence ou impertinenceA ? Des philosophes se sont donné rendez-vous dans la commune de Descartes (Indre-et-Loire). Chacun à sa manière pour célébrer l'incontournable philosophe français⦠et faire le constat du chemin parcouru et de la distance prise depuis le Cogito. Une belle occasion de passer en revue les étapes de l'évolution de la pensée philosophique et d'évoquer la multitude des voies empruntées par les penseurs du xvie siècle à nos jours, de Vico à Piaget, Sartre et Camus en passant par Diderot, Kant ou C. S. Peirce. En somme, comme l'écrit en ouverture l'un des contributeurs du volume, le philosophe Tony Brachet, "A On a tant écrit sur Descartes - le philosophe - que l'exhaustivité, du moins l'exhaustivité historique, semble proche. L'objet de cet ouvrage n'est d'ailleurs pas le passé, l'histoire de la philosophie, mais la mise en perspective du grand penseur par des contemporains.
Ahmed Boumendjel (1908-1982) est l'une de ces grandes figures algériennes demeurées méconnues. Instituteur, puis avocat - il assure la défense de Messali Hadj en 1939 -, il entre au conseil municipal d'Alger où il sera le seul à condamner les lois anti-juives de Vichy. Après le débarquement allié en Afrique du Nord, il devient un des chefs de file du nationalisme fédéraliste. Partisan d'un Front algérien dès 1947, artisan d'une alliance durable entre l'UDMA) et les Oulama, on le retrouve à Manhattan avec les principaux acteurs de la diplomatie de guerre du FLN. Il est reçu en plénipotentiaire à la conférence franco-algérienne de Melun de juin 1960, avant de participer activement aux négociations publiques d'Evian I et de Lugrin. L'étude de ce riche parcours fait remonter aux origines du nationalisme algérien moderne et en revisite le processus. Et par-delà le seul parcours d'Ahmed Boumendjel, elle corrige plus d'une idée reçue de l'historiographie de l'Algérie.
Quels sont les enjeux de santé liés aux migrations actuelles, non seulement pour les migrants, mais aussi pour les structures qui les prennent en charge ? L'originalité de cet ouvrage est de réunir universitaires et acteurs de terrain pour répondre à cette question, en faisant dialoguer observations ethnographiques et mises en application cliniques. A partir de parcours migratoires et de leur incidence sur la santé, et en prenant en compte les vécus psychiques de migrant(e)s dans des contextes extrêmement variés, expériences et travaux rendent compte des différentes modalités de confrontation des professionnels de la santé et des chercheurs (médecins, psychiatres, psychologues, infirmiers, assistantes sociales et anthropologues), dans diverses situations d'accueil et de soins, face à la variété des parcours et du vécu des traumatismes, de l'expatriation, de l'exil clandestin, de la précarité sociale et la maladie.
Cet ouvrage couvre presque cent années de l'histoire tourmentée de la péninsule coréenne, du début du XXe siècle à l'orée du nouveau millénaire. Témoignage exceptionnel, il a été écrit par la propre soeur de la compagne du Guide suprême, feu Kim Jong Il. Mais, du père héritier de propriétaires fonciers, choisissant très tôt le communisme contre ses intérêts de classe, aux enfants et petits-enfants éduqués au Nord, astreints à une vie de reclus avant de parvenir à fuir, les destins dramatiques de cette famille font largement écho aux tragédies individuelles de l'immense majorité des Coréens de l'époque. Cette émouvante narration à quatre mains – la première partie retranscrit le journal de la mère de l'auteure – est aussi un puissant manifeste : celui d'une lignée de femmes déterminées à s'arracher aux plaies de la misère et aux pesanteurs du patriarcat, et qui, au moins un temps, auront eu sincèrement foi en la société nouvelle qu'elles se proposaient de bâtir.