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Race et sciences sociales. Essai sur les usages publics d'une catégorie
Beaud Stéphane ; Noiriel Gérard
AGONE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782748904505
Ce premier livre de la collection « Épreuves sociales » aborde une question sensible dans les sciences sociales contemporaines.« Sur le terrain de la ?race?, toute prise de position est perçue comme une concession à l?adversaire, voire à l?ennemi. L?urgence d?y voir clair n?en est que plus grande. D?abord parce que le langage identitaire est devenu incontrôlable et peut servir toutes les manipulations. Ensuite parce que dans les discours publics, la ?race? fonctionne désormais comme une variable bulldozer qui écrase toutes les autres. Enfin parce que le langage identitaire prive le combat anti-raciste de son référent universaliste. Notre ambition est d?éclairer comment les sciences sociales d?aujourd?hui peuvent subir cette évolution ou y contribuer, et de rappeler qu?on ne peut rien comprendre au monde dans lequel nous vivons si l?on oublie que la classe sociale reste le facteur déterminant auquel s?arriment les autres dimensions de l?identité des personnes. »Stéphane Beaud et Gérard Noiriel montrent comment l?explosion du langage racialisant s?enracine dans une longue histoire, qui commence à l?époque du premier empire colonial et aboutit à une rupture dans les années 1980. Le clivage qui opposait une droite associée à la nation à une gauche centrée sur la classe s?effondre alors, et des élites de tous bords convergent pour placer les polémiques identitaires au centre du débat public, qu?elles ne quitteront plus.Fidèles au programme qu?ils se sont donnés pour la collection « Épreuves sociales » de toujours mettre leurs analyses à l?épreuve des recherches empiriques, les auteurs réservent la dernière partie de leur livre à l?étude de l?affaire des quotas dans le football français (avril 2011), un cas d?école de ce qu?ils décrivent par ailleurs.Table des matières : Première partie.Socio-histoire de la catégorie de race1. Lutte des classes ou lutte des races ? (xviie-xixe siècle) ? 2. Politisation et reconversion de la question raciale au début de la IIIe République ? 3. Les métamorphoses d?un concept moral : le racisme de l?antifascisme au post-colonialisme (1918-1968)Deuxième partie.Un tournant identitaire : autour de « classes » et « races »4. Le tournant identitaire des années 1980 ? 5. Diffusion et institutionnalisation universitaire du néo-racialisme ? 6. De la critique du néo-racialisme aux enjeux de sa réceptionTroisième partie.L?affaire des quotas dans le football français (2011) :un « scandale racial » revisité par l?enquête7. Des « quotas raciaux » dans le football français ? Exposé critique des faits ? 8. Au-delà des « quotas raciaux » : le poids du contexte, le jeu des institutions et des générations ? 9. Les « Noirs » dans le football en France : entrepreneurs de la race versus sociologie d?enquête ? 10. Le journalisme de « révélation » et ses limites : essai d?analyse sociologique
Le sport occupe une place croissante dans les sociétés développées, pas seulement sous la forme de sa pratique ordinaire mais surtout sous celle de la compétition et du spectacle. Ce qui en fait un produit médiatique très demandé et cher. En conséquence, l'actualité sportive envahit de plus en plus nos écrans et notre vie quotidienne. La presse sportive (papier ou en ligne) est là pour relater au jour le jour les événements sportifs y compris les épisodes sans sport, ceux des mercatos, tandis que la presse nationale se soucie de lui donner un contenu plus " sociétal ". Le pari de ces chroniques " sport et culture " tenues par Stéphane Beaud pendant près de dix ans dans Sud Ouest sports, est d'offrir un éclairage sociologique à cette actualité sportive abondante. De la mort tragique du " footballeur marchandise " Emiliano Sala à l'étude des rapports de pouvoir dans les fédérations sportives (rugby, tennis..) en passant par le thème de mobilisation des sportifs US (à la suite de la mort de George Floyd) et des sportives contre des phénomènes d'emprise masculine (incidence de me-too sur le sport), etc., le sociologue prend du recul, mobilise son savoir et la connaissance de ses sports, pour proposer de petites esquisses sociologiques de ces divers phénomènes sportifs, trop souvent enfermés dans leur actualité immédiate. Comme la sociologie n'a pas toujours bonne presse - elle est souvent perçue comme jargonnante, obscure, ou pire, considérée comme un " gros mot " - ces chroniques, faciles à lire, ont à coeur de mettre au jour et de décrire la perspective sociologique en acte, d'une manière qui soit à la fois simple, accessible et efficace. Elles espèrent ainsi pouvoir illustrer modestement le gai savoir sociologique.
Ce guide, devenu la référence sur ce sujet, s'adresse aux étudiants qui souhaitent entreprendre une enquête de terrain dans le cadre d'un mémoire (de licence ou de master) ou d'une thèse, dans des disciplines comme la sociologie, l'anthropologie sociale ou les sciences politiques. Il sera également très utile aux étudiants de licence de sociologie désireux d'approfondir leurs enseignements de méthodes qualitatives et aux élèves d'écoles de journalisme. Cette quatrième édition, mise à jour, est augmentée de développements sur les usages ethnographiques d'Internet et sur la question cruciale de la déontologie ethnographique.
Résumé : Nul besoin d'être un grand sociologue pour savoir que le football occupe une place importante dans nos sociétés. Depuis un peu plus d'une décennie, les travaux se multiplient sur ce sujet, des thèses de doctorat et des colloques lui sont consacrés, un séminaire " Football et sciences sociales " a lieu à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, etc. : un champ de recherche s'est constitué autour du football, à juste titre, car il s'agit d'un véritable " fait social total ". Après un premier chapitre sociohistorique qui cherche à éclairer le mystère de l'exceptionnelle diffusion mondiale de ce sport collectif, ce livre centré sur l'étude de la pratique du football entend présenter les travaux sur les transformations de ce monde professionnel, s'efforçant d'adopter un regard qui ne se réduise pas, comme trop souvent, à la dénonciation du " foot-business ". Il explore ensuite le monde du football ordinaire (le football " de rue ", l'apprentissage dans les clubs amateurs, etc.) pour finir par se pencher sur un nouveau champ de recherche : le football féminin.
La massification scolaire, la désindustrialisation, les transformations du paysage politique et culturel ont provoqué une crise de reproduction de longue durée des classes populaires, dont les "jeunes des cités" constituent le point focal. Sans les exclure ni se réduire à leur cas, les enquêtes rassemblées dans ce livre analysent les inadaptations et les tentatives d'ajustement, les engagements et les désengagements, les espoirs et les déboires, les quêtes de compensation et les conversions, mais aussi les formes de reproduction au sein des nouvelles générations de jeunes des classes populaires. La menace du chômage, la précarité et le chantage à la docilité qu'elle permet, l'emprise des valeurs consuméristes, ont d'autant plus détérioré leurs capacités de mobilisation que beaucoup vivent comme "de passage". Faut-il en conclure qu'à la culture de rébellion de la "génération" ouvriérisée" des années 1970 s'opposerait aujourd'hui "l'individualisme négatif" d'une "génération désouvriérisée" ?
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.
Le tour résolument punitif pris par les politiques pénales lors de la dernière décennie ne relève pas du simple diptyque " crime et châtiment ". Il annonce l'instauration d'un nouveau gouvernement de l'insécurité sociale visant à façonner les conduites des hommes et des femmes pris dans les turbulencesde la dérégulation économique et de la reconversion de l'aide sociale en tremplin vers l'emploi précaire. Au sein de ce dispositif " libéral-paternaliste ", la police et la prison retrouvent leur rôle d'origine : plier les populations indociles à l'ordre économique et moral émergent. C'est aux États-Unis qu'a été inventée cette nouvelle politique de la précarité, dans le sillage de la réaction sociale et raciale auxmouvements progressistes des années 1960 qui sera le creuset de la révolution néolibérale. C'est pourquoi ce livre emmène le lecteur outre-Atlantique afin d'y fouiller les entrailles de cet État carcéral boulimique qui a surgi sur les ruines de l'État charitable et des grands ghettos noirs. Il démontre comment, à l'ère du travail éclaté et discontinu, la régulation des classes populaires ne passe plus par le seul bras, maternel et serviable, de l'État social mais implique aussi celui, viril et sévère, de l'État pénal. Et pourquoi la lutte contre la délinquance de rue fait désormais pendant et écran à la nouvelle question sociale qu'est la généralisation du salariat d'insécurité et à son impact sur les espaces et les stratégies de vie du prolétariat urbain. En découvrant les soubassements matériels et en démontant les ressorts de la " pensée unique sécuritaire " qui sévit aujourd'hui partout en Europe, et singulièrement en France, ce livre pointe les voies possibles d'une mobilisation civique visant à sortir du programme répressif qui conduit les élites politiques à se servir de la prison comme d'un aspirateur social chargé de faire disparaître les rebuts de la société de marché.
Il n'y avait pourtant pas que le politique dans notre vie. "Le personnel est politique", comme les camarades féministes nous l'avaient fait comprendre, bon an mal an. En fait, alors que nous plongions la tête la première dans la dernière tentative de révolution communiste en Europe, c'est dans la sphère des relations interpersonnelles que nous étions en train de faire une révolution... Mais nous n'en avions pas vraiment conscience, pris comme nous l'étions dans des schémas anciens. Nous avions alors 20 ans, quelques-uns plus, d'autres moins. Et nous avions un désir débordant de mordre la vie, de plonger de tout notre corps dans une aventure enivrante, de profiter au maximum de tout ce que la vie pouvait nous offrir, ici, tout de suite, sans attendre ni le paradis céleste, ni le grand soir. "Qu'est-ce que vous voulez ?", nous demandait-on. On répondait : "Nous voulons tout !"
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Résumé : Parmi les espoirs et les craintes que suscite la numérisation de nos sociétés, la constitution de grandes bases de données confère une place de plus en plus centrale aux algorithmes qui gouvernent les comportements de chacun. L'ambition de ce livre est de proposer une exploration critique de la manière dont les techniques de calcul façonnent nos sociétés. Classement de l'information, personnalisation publicitaire, recommandation de produits, orientation des déplacements, mesures corporelles, etc., les calculateurs sont en train de s'immiscer, de plus en plus profondément, dans la vie des individus. Cet ouvrage voudrait montrer comment les techniques statistiques qui prennent leur essor avec les big data enferment des conceptions différentes de la société qu'elles calculent. Loin d'être de simples outils techniques, les algorithmes enferment un projet politique. La thèse défendue dans cet ouvrage est que la personnalisation des calculs est à la fois l'agent et la conséquence de l'individualisation de nos sociétés. Elle témoigne de la crise des catégories statistiques traditionnelles qui permettaient à la société de se représenter. Elle encourage le déploiement de la course méritocratique vers l'excellence, la compétition des individus pour la visibilité et le guidage personnalisé des existences. Comprendre la logique des nouveaux algorithmes du web, c'est aussi donner aux lecteurs les moyens de reprendre du pouvoir dans la société des calculs.
Résumé : L'énergie est au coeur de la vie économique et sociale et le dérèglement climatique bouleverse des millions de vies. Pourtant les politiques de l'énergie sont aujourd'hui un monopole des experts et des multinationales. Cela doit changer ! Gouvernants et multinationales soucieux de gérer les apparences annoncent la "transition énergétique" sans limiter les émissions de gaz à effet de serre en deçà du seuil qui éviterait le dérèglement climatique qui s'accentue. Prendre au sérieux la crise climatique implique aujourd'hui de décider de laisser dans le sol une grande partie des énergies fossiles actuellement connues. Ceux qui s'y refusent, ceux qui étendent la logique extractiviste en forant toujours plus loin et toujours plus sale, ceux qui professent que la privatisation, la finance ou la technologie vont sauver le climat agissent comme de dangereux et irresponsables climatosceptiques. Sur leur chemin se dressent celles et ceux qui ne se résignent pas au naufrage planétaire. Contre l'extractivisme, les hydrocarbures de schistes, les grands projets inutiles et la marchandisation de l'énergie et du climat, ils inventent aujourd'hui les contours d'un monde décarbonné, soutenable et convivial de demain. Il est temps de sortir de l'âge des fossiles et une véritable transition est en marche !
Résumé : Cette très belle ethnographie, qui se distingue par la qualité de son écriture, est le fruit de six années d'enquête en immersion dans un quartier noir de Philadelphie frappé par les effets conjoints de la misère, de la délinquance et de la politique d'incarcération de masse. Elle reconstitue l'existence précaire des jeunes hommes qui tentent de se soustraire à un harcèlement policier et judiciaire constant et dont l'ensemble des actions et relations, y compris les plus quotidiennes et les plus intimes, sont marquées par l'activité des agents du système pénal et par les pressions qu'ils exercent sur leurs familles et leurs proches. L'ampleur du déploiement policier et des incarcérations dans le secteur de la " 6e Rue " transforme les vies en profondeur, non seulement celle des jeunes hommes qui sont leurs cibles, mais aussi celle de leurs familles, de leurs compagnes et de leurs voisins. Composant avec sensibilité et talent entre récit, notes de terrain et dialogues, Alice Goffman donne à comprendre ce que vit une communauté en fuite à l'heure où, aux Etats-Unis, un jeune Noir sur neuf est en prison contre moins de 2 % des jeunes Blancs. La postface de Didier Fassin, titulaire de la chaire de sciences sociales à l'Institute for Advanced Study, éclaire la réception très singulière de l'ouvrage aux Etats-Unis, où il a connu un immense succès avant de susciter une intense polémique. Traduit de l'anglais par Sophie Renaut Née en 1982, Alice Goffman a reçu pour la thèse dont est tiré ce livre le Prix de la meilleure thèse de l'American Sociological Association. Elle enseigne à l'Université du Wisconsin. Elle est la fille d'Erving Goffman. On the Run a été publié en 2014.