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Une génération sacrifiée ? Jeunes des classes populaires dans la France désindustrialisée
Beaud Stéphane ; Mauger Gérard ; Weber Florence
ULM
24,99 €
Épuisé
EAN :9782728805648
La massification scolaire, la désindustrialisation, les transformations du paysage politique et culturel ont provoqué une crise de reproduction de longue durée des classes populaires, dont les "jeunes des cités" constituent le point focal. Sans les exclure ni se réduire à leur cas, les enquêtes rassemblées dans ce livre analysent les inadaptations et les tentatives d'ajustement, les engagements et les désengagements, les espoirs et les déboires, les quêtes de compensation et les conversions, mais aussi les formes de reproduction au sein des nouvelles générations de jeunes des classes populaires. La menace du chômage, la précarité et le chantage à la docilité qu'elle permet, l'emprise des valeurs consuméristes, ont d'autant plus détérioré leurs capacités de mobilisation que beaucoup vivent comme "de passage". Faut-il en conclure qu'à la culture de rébellion de la "génération" ouvriérisée" des années 1970 s'opposerait aujourd'hui "l'individualisme négatif" d'une "génération désouvriérisée" ?
Résumé : Un livre de plus sur les jeunes "issus de l'immigration" ? Pour dénoncer les discriminations qu'ils subissent, sur fond de relégation sociale dans les quartiers "difficiles" ? Et conclure sur l'échec de leur "intégration" dans notre pays ? Non. L'ambition de Stéphane Beaud est autre. Il a choisi de décentrer le regard habituellement porté sur ce groupe social. Son enquête retrace le destin des huit enfants (cinq filles, trois garçons) d'une famille algérienne installée en France depuis 1977, dans un quartier HLM d'une petite ville de province. Le récit de leurs parcours - scolaires, professionnels, matrimoniaux, résidentiels, etc. - met au jour une trajectoire d'ascension sociale (accès aux classes moyennes). En suivant le fil de ces histoires de vie, le lecteur découvre le rôle majeur de la transmission des savoirs par l'école en milieu populaire et l'importance du diplôme. Mais aussi le poids du genre, car ce sont les deux soeurs aînées qui redistribuent les ressources accumulées au profit des cadets : informations sur l'école, ficelles qui mènent à l'emploi, accès à la culture, soutien moral (quand le frère aîné est aux prises avec la justice), capital professionnel (mobilisé pour "placer" un autre frère à la RATP)... Cette biographie à plusieurs voix, dont l'originalité tient à son caractère collectif et à la réflexivité singulière de chaque récit, montre différents processus d'intégration en train de se faire. Elle pointe aussi les difficultés rencontrées par les enfants Belhoumi pour conquérir une place dans le "club France", en particulier depuis les attentats terroristes de janvier 2015 qui ont singulièrement compliqué la donne pour les descendants d'immigrés algériens.
Résumé : Nul besoin d'être un grand sociologue pour savoir que le football occupe une place importante dans nos sociétés. Depuis un peu plus d'une décennie, les travaux se multiplient sur ce sujet, des thèses de doctorat et des colloques lui sont consacrés, un séminaire " Football et sciences sociales " a lieu à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, etc. : un champ de recherche s'est constitué autour du football, à juste titre, car il s'agit d'un véritable " fait social total ". Après un premier chapitre sociohistorique qui cherche à éclairer le mystère de l'exceptionnelle diffusion mondiale de ce sport collectif, ce livre centré sur l'étude de la pratique du football entend présenter les travaux sur les transformations de ce monde professionnel, s'efforçant d'adopter un regard qui ne se réduise pas, comme trop souvent, à la dénonciation du " foot-business ". Il explore ensuite le monde du football ordinaire (le football " de rue ", l'apprentissage dans les clubs amateurs, etc.) pour finir par se pencher sur un nouveau champ de recherche : le football féminin.
Ce premier livre de la collection « Épreuves sociales » aborde une question sensible dans les sciences sociales contemporaines.« Sur le terrain de la ?race?, toute prise de position est perçue comme une concession à l?adversaire, voire à l?ennemi. L?urgence d?y voir clair n?en est que plus grande. D?abord parce que le langage identitaire est devenu incontrôlable et peut servir toutes les manipulations. Ensuite parce que dans les discours publics, la ?race? fonctionne désormais comme une variable bulldozer qui écrase toutes les autres. Enfin parce que le langage identitaire prive le combat anti-raciste de son référent universaliste. Notre ambition est d?éclairer comment les sciences sociales d?aujourd?hui peuvent subir cette évolution ou y contribuer, et de rappeler qu?on ne peut rien comprendre au monde dans lequel nous vivons si l?on oublie que la classe sociale reste le facteur déterminant auquel s?arriment les autres dimensions de l?identité des personnes. »Stéphane Beaud et Gérard Noiriel montrent comment l?explosion du langage racialisant s?enracine dans une longue histoire, qui commence à l?époque du premier empire colonial et aboutit à une rupture dans les années 1980. Le clivage qui opposait une droite associée à la nation à une gauche centrée sur la classe s?effondre alors, et des élites de tous bords convergent pour placer les polémiques identitaires au centre du débat public, qu?elles ne quitteront plus.Fidèles au programme qu?ils se sont donnés pour la collection « Épreuves sociales » de toujours mettre leurs analyses à l?épreuve des recherches empiriques, les auteurs réservent la dernière partie de leur livre à l?étude de l?affaire des quotas dans le football français (avril 2011), un cas d?école de ce qu?ils décrivent par ailleurs.Table des matières : Première partie.Socio-histoire de la catégorie de race1. Lutte des classes ou lutte des races ? (xviie-xixe siècle) ? 2. Politisation et reconversion de la question raciale au début de la IIIe République ? 3. Les métamorphoses d?un concept moral : le racisme de l?antifascisme au post-colonialisme (1918-1968)Deuxième partie.Un tournant identitaire : autour de « classes » et « races »4. Le tournant identitaire des années 1980 ? 5. Diffusion et institutionnalisation universitaire du néo-racialisme ? 6. De la critique du néo-racialisme aux enjeux de sa réceptionTroisième partie.L?affaire des quotas dans le football français (2011) :un « scandale racial » revisité par l?enquête7. Des « quotas raciaux » dans le football français ? Exposé critique des faits ? 8. Au-delà des « quotas raciaux » : le poids du contexte, le jeu des institutions et des générations ? 9. Les « Noirs » dans le football en France : entrepreneurs de la race versus sociologie d?enquête ? 10. Le journalisme de « révélation » et ses limites : essai d?analyse sociologique
Ce guide, devenu la référence sur ce sujet, s'adresse aux étudiants qui souhaitent entreprendre une enquête de terrain dans le cadre d'un mémoire (de licence ou de master) ou d'une thèse, dans des disciplines comme la sociologie, l'anthropologie sociale ou les sciences politiques. Il sera également très utile aux étudiants de licence de sociologie désireux d'approfondir leurs enseignements de méthodes qualitatives et aux élèves d'écoles de journalisme. Cette quatrième édition, mise à jour, est augmentée de développements sur les usages ethnographiques d'Internet et sur la question cruciale de la déontologie ethnographique.
Cuore ("C?ur"), que les Italiens appellent couramment Le livre C?ur, a été le texte le plus lu en Italie entre sa publication en 1886 et la fin des années 1960. Reconstituant les multiples événements d'une année scolaire vécue par des enfants de Turin, il a connu une immense fortune littéraire avant de susciter chez certains intellectuels comme Umberto Eco une profonde et spirituelle aversion. Depuis sa traduction incomplète et approximative en 1892, on ne disposait d'aucune édition critique intégrale en français de ce livre, dont la portée pédagogique et politique pour l'Italie de la fin du XIXe siècle est comparable à celle du Tour de la France par deux enfants sous la IIIe République, et qui permet d'appréhender l'alchimie rêvée des vertus individuelles, civiques et patriotiques dans l'Italie libérale et bourgeoise une génération après son unification. Lire Le livre C?ur aujourd'hui, que l'on soit captivé ou irrité par l'abondance des bons sentiments qui s'y expriment, c'est d'abord vouloir retrouver une société où les apprentissages personnels prennent leur sens en incarnant une communauté nationale idéale.
Si la vie sociale est orientée par une diversité de valeurs, parfois conflictuelles, celles-ci deviennent visibles dans les choses que fabriquent, échangent et collectent les individus. Comment la diversité des valeurs s'insère-t-elle dans l'hétérogénéité de la matière pour lui donner une consistance sociale ? En quoi la matérialité d'un objet donne-t-elle prise à plusieurs formes de valorisation ? Ces questions ouvrent un champ d'étude au croisement de l'anthropologie des arts et de la culture matérielle. A partir d'enquêtes de terrain menées sur tous les continents, ce livre collectif élabore une réflexion commune dans le cadre du musée du quai Branly, en l'ouvrant à d'autres espaces dans lesquels les choses sont conservées et exposées avec des valeurs différentes. Les matérialités analysées dans ces études peuvent servir à la fabrication d'objets d'apparat (maisons, parures, statues) ou résulter de dégradations organiques (restes d'humains ou d'oiseaux) ou apparaître dans des infrastructures technologiques (séance de cinéma). En les inscrivant dans des biographies culturelles au cours desquelles les valeurs se transforment, l'étude de ces matérialités permet de suivre la genèse de valeurs que leur exposition dans un musée peut faire voir comme contradictoires. En revenant sur leur provenance, elle en dessine des futurs possibles.
A la fin de la République romaine, deux figures contrastées ont dominé la scène philosophique le Romain Cicéron et Philodème de Gadara, un Oriental hellénisé. Le rôle de Cicéron est bien connu, au moins comme historien de la philosophie ; celui de Philodème, le maître épicurien de la baie de Naples, commence seulement à l'être, depuis que sont réédités scientifiquement les textes transmis par les papyrus d'Herculanum. Il restait à étudier de près les liens unissant ces deux contemporains dont les ?uvres présentent des problématiques qui méritent d'être comparées, sur la politique, l'éthique, la théologie et surtout sur l'esthétique (rhétorique, poétique et musique) tel est l'objet de ce volume qui rassemble une bonne vingtaine de contributions de spécialistes français et étrangers. Leurs travaux font apparaître la fécondité philosophique des polémiques conduites par Cicéron et par Philodème et dessinent des perspectives nouvelles et prometteuses pour l'étude de la polémique philosophique en milieu romain.